Epître de Clément, xui
LA RELIOION CHRETIENNE. 767
veau Testament, doctrine de l'Église, corps mystique du Christ, dont il ne faut ni souiller ni 'décai'teler'» les Daembres, doctrine de la filiation adoiptive qui impose aux fidèles des devoirs plus étroits à l'égard de Dieu, leur Père céleste, et de ceux qui, rachetés sur la croix et incorporés au Christ par le baptême, ont contracté en eux une nouvelle « fraternité ^ » .
Pour comprendre combien l'intime pénétration de l'action par le dogme imprimait à celle-ci de vigueur et d'élan, il n'est pas de leçon plus instructive que le spectacle de cette fraternité chrétienne. Aux coura,ges contraints à d'héroïques tensions, il fallait un puissant réconfort ; ils le trouvaient dans l'union des cœui's. Suivant une expression chère à saint Ignace d?Antioche, la communauté chrétienae, c'était la « charité » (àY«7r>i) ^. Dans son grand discours eschatologique, Jésus-Christ lui-même avait proposé à l'Église l'idéal à réaliser : « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez rafraîchi; j'étais étranger et vous m'avez recueilli; nu et vous m'avez revêtu; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus vers moi'^. » Les fidèles du deuxième et du troisième siècle démontrèrent que ce n'était pas là programme chimé-