VIII INTRODUCTION
révèle ou qu*elle éclaire. Non seulement ce recueil continue, complète ou rectifie les chroniques de G. de Lurbe et de J. Damai; mais on peut dire qu'il est pour notre histoire locale quelque chose comme serait pour l'histoire de France une fusion des œuvres de Vabbé de Brantôme^ de Pierre de Lestoile et de Tallemant des Réaux,
Le style de l'auteur, quelque négligé et incorrect qu'il soit, n'est dépourvu ni de mérite ni d'originalité; ses inversions, même les plus risquées, ont un je ne sais quoi dont on lui sait gré. D'ailleurs, les locutions et les termes purement gascons qu'on jr rencontre contribuent à lui donner une certaine valeur philologique; car tous ces idiotismes et ces incorrections constatent ce qu'était à cette époque, dans la capitale de l'une des plus importantes provinces du royaume, la langue nationale parlée par un lettré, un magistrat d'un rang éminent, un gentilhomme dont l'éducation avait été formée par des voyages à l'étranger, et même par plusieurs séjours à la cour de France.
Quant à la nature des récits, anecdotes et faits dont est composée cette Chronique, nous devons prévenir le lecteur que, malgré la piété incontestable de l'auteur, quelque peu prêtre, et l'orthodoxie de son catholicisme, il est arrivé souvent qu'il a introduit dans ses tableaux des nudités sans aucun voile, et dans son langage des crudités d'expression que la délicatesse des yeux et des oreilles modernes n'est pas habituée à supporter. Nous trouvant placés dans l'alternative de mutiler l'œuvre de l'auteur ou de lui laisser sa physionomie naturelle, nous avons pris ce dernier parti.
La Chronique manuscrite de Gaufreteau occupe