CHAPITRE XVI
(1096-1051.) Embrioe, cinquième abbé et troisième prince.
EaiBRiGB i baron d' Abensberg » et fils de ce £uneux Ba«^ bon qui de deux lits eut quarante en£auits , savoir trente-* deux fils et buit filles , tous vivants autour de lui.
Âveutin rapporte que ce père favorisé des cieux , s'é* tant présenté à l'empereur Henri avec ses trente-deux fils dont il s'était fait une brillante escorte» l'empereur surpris et à la fois touché dé ce spectacle > dit à Babon qu'il se ehai^eait de leur fortune à tousi
De ces nombreux frères qui tous ont joué dans le monde un rôle plus ou moins important » le plus illustre fut celui qui s'était condamné à l'obscurité profonde de l'état clé-> rical^ Ëmbrice» devenu plus tard chanoine de Freidingen* Mais le canonicat ne lui semblant pas assez en harmonie avec la mission toute de sacrifices du prêtre chrétien > il se débarrassa de cette charge et s'enferma aux ermites » bien décidé à marcher au premier rang dans les voies de la pénitence et de la doctrine. En 1096, les religieux Id voulurent pour abbé, et sa conduite a bien prouvé en faveur de ce choix.
Lorsqu'on 1029 un incendie réduisit en cendres la grande église et tout le monastère , Embrice se multiplia pour obtenir de la charité publique les moyens d'abriter de nouveau ses frères. Et d'abord Eppon, noble homn^è deStetten, qui occupait une charge à l'tfbbaye, convaincu
d'avoir occasioné l'incendie par sa négligence , fit hom-'
mage h l'abbaye de quelques-unes de ses terres de SCetten.
Les cellules furent -bientôt rebâties. Quant à la grande église 9 on en a jeté les fondements en 1051 , et fait la consécration en 1059.
C'est de cette année là que date la translation des reliques de saint Meinrad qui reposaient encore à Rei-^ clienau. Pendant plus d'un siècle ces restes sacrés avaient été refusés à Tabbaye, et cependant^ disaient avec raison les religieux d'EinsidIen , saint Meinrad a fait ici unef retraite de vingt-six ans; il y a souffert le martyre; c'est notre fondateur, notre glorieux ancêtre ! Il fallut que la guerre et la maladie faisant invasion dans les solitudes de ReichenaUy les religieux de cette abbaye crussent à la vengeance céleste, sans quoi ils n'auraient jamais accédé aux vœux si équitables. de leurs frères d'Ëinsidlen. Alors il y eut un convoi magnifique dont les populations entières firent partie, et les reliques une fois introduites sous les voûtes de la grande église , on fit sa consécration.
Embrice obtint en 1027 de l'empereur Conrad, et en lOïO de Henri III, la confirmation de toutes les propriétés ^ droits et privilèges anciens et nouveaux d'EinsidIen. Dans les moments les plus scabreux de son règne, ceux où l'abbaye semblait désorganisée par la ruine des habitations ^ Embrice n'avait pas perdu de vue un seul instant la discipline monastique ^ et il savait la faire observer de loin comme de près sur tous les points où il avait disséminé ses religieux; de sorte qu'une fois rassemblés sous ses ailes ils n'eurent aucune peine à reprendre les travaux prescrits par la Règle ; pour eux ce ne fut que les continuer. Il forma ainsi des hommes vraiment forts et capables de diriger les affaires les plus difficiles , comme on le verra plus tard. C'est sous le régne d'Embrice qu'a été bâtie
— Bî — la chapelle de saint Gengoulfe en Bruel , au nord du monaslère; Everhard, évcque de Constance, en fil la dédicace.
Embrice mourut le i5 février 1031 , la 26" année de son gouvernement.