‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 43 sur 131 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Anselme, dix-septième abbé et quinzième prince.

Les insultes des comtes de Rapperswill recommencent : ils se déclarent bien franchement ennemis de tout ce qui contrarie leurs passions. La religioh du Christ étant la plus forte barrière à leur opposer, ils s'imaginent la rompre en s' attaquant à ses ministres, comme si le mar^ tyre n'était pas l'àme du christianisme; comme s'il n'était pas sorti de là^ et que ce ne fut pas la première pierre de son édifice.

Anselme , baron de Schwanden , et plus noble encore par ses vertus abbatiales, obtint de l'cvéque de Constance et du pape Innocent IV une excommunication en forme contre le prince ennemi de sa solitude religieuse; et voyant que les moyens de l'esprit ne produisaient rien sur lui , il se décida , prince qu'il était lui-même , et pro^ lecteur né de ses vassaux , à faire élever sur les bords de Zurich le château de Pfefficone , entouré de fossés pro-» fonds , et se promit bien de s'y retirer avec ses gens lorsque le comte de Rapperswill s'avancerait encore contre eux à force armée. Ce comte était doublement coupable, de s'attaquer d'abord à des religieux , puis de les attaquer lorsque son devoir de vassal des ducs de Souabe lui recommandait de les protéger au nom de ces ducs.

La conduite d'Anselme fut admirée de tous ses voisins ; la ville de Zurich lui octroya, pour lui, ses successeurs et tous les religieux d'Einsidlen , le droit de bourgeoisie , et

c'est à cette époque que fut bâti à Zurich , par les soins d'Anselme I Thôtel d'Einsidien. Le pape Innocent lY acn corda au même abbé le droit de porter les gants, l'anneau et les autres ornements du pontificat. Le règne d'Anselme dura trente-trois ans, traversé par mille épreuves dont il sortit toujours bravement : ce dont la mort le recoinpensa en 1 2Çi6,

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