CHAPITRE LXXXVL
Thomas, cpiarantoHiilatrièine abbé, et cpiarante-deuxième prince.
Thomas Schenklin naquit à Wyl. Son père avait été chancelier du prince^bé de Saint-GalL Jeune encore , Thomas^ se vît placé sur la chaire de théologie ; il usa convenablement de cette position pour publier une méthode théologique fort simple et féconde en profonds résultats. Dans la guerre de 1712 , il s'employa avec un égal succès comme défenseur des droits respectif des catholiques et des protestants. En 171^^ on l'élut abbé d'Einsidlen : il avait trente-trois ans. Son premier soin fut d'assurer la règle contre toute espèce d'atteinte, et il donna le premier l'exemple de l'exactitude. Savant dans l'art de gouverner les hommes, il ne se borna pas à leur faire observer leurs devoirs , mais il leur procurait tout ce qui leur était utile et commode selon l'occasion. Il hâta ainsi le progrès de la science, termina d'importants travaux commencés par Maure, entre autres l'édifice principal du couvent, et fit de sa bourse une donation magnifique au trésor de l'église et de la chapelle. A cette offrande en numéraire se joignaient quelques chefs d'œuvre de peintures et de scupltures. Ces trésors des églises cathédrales et chapelles d'abbayes , étaient un vrai musée d'objets d'orfèvrerie, de scupltures, moulures, verreries, dentelles et broderies qui avaient servi souvent de rançon au clergé persécuté par les héros
des époques féodales , si fertiles eç guerres et en brutalités impies. Tout le inonde ne sait pas cela : il y a même aujourd'hui beaucoup d'bonnétes. liseurs et de piteux écrivains, tous prêts à affirmer que le christianisme, et son entière application le catholicisme , étaient imposés aux populations par la noblesse d'épée.
Thomas était un vrai disciple de Jésus, souffrant dans sa jeunesse toutes les infirmités, et portant avant l'âge toutes les croix de la caducité avec un merveilleux courage. Dans ses fréquentes attaques de gouttes, il oubliait le monde entier pour penser à la mort , et demandait à son divin Maître un seul point de ressemblance , c'était de mourir le même jour que lui ; et plein de foi dans sa prière il prédisait à ses frères qu'il mourrait un vendredi. C'est' ce qui lui arriva le 29 août 1734 ; il avait cinquan^ trois ans , et en avait régné vingt.