SONNET CONSOLATOIRE PAR ACROSTICHE
tn spris d'un feu divin, chasse loin ton oppresse ;
N élé d'un sainct amour, fais trêve à la douleur ;
tf] xhortant le troupeau , bannis toute langueur;
O hantant le Dieu le fort, dissipe ta détresse;
H; eureux Mermet ! Heureux, dont la verte jeunesse
^ mmitoit les vertus de ton cher géniteur !...
tti stant ores privé d'un si bon précepteur,
t^ évangile te guide et ta langue nous dresse.
^ inistre, oser ois-tu former des pleurs en l'œill
tn vesque, ne dois-tu nous servir de soleil). ..
^ ecteur, ne pourrois-tu régir nous et toy même K..
^ ais, ton brave cœur dit : « Mon père estoit mortel :
^ iernel, il t'a pieu de le rendre immortel;
H ousjours donc je chantray ta louange suprême. »
Ces vers furent composés par Nicolas Marchand ,* natif de la ville de Guise ,2 estudiant au Sainct-Ministère , en la ville de Nérac , Tors du décès du dit feu sieur de Mermet.
' Sans doute, c'est ou l'aïeul, ou le père, au moins un proche parent de Prosper Marchand, savant bibliographe et critique, né à Guise, en 1675, et qui figure dans la France protestante.
' Chef-lieu de canton du département de l'Aisne, arrondissement de Vervins, à ço kilomètres de Laon.
M' Ramond David, jurât de la ville de Nérac, décéda le xv« Jun 1G07.
Jélianne Dncassc, femme de M^ Bernard Vielle,* décéda le xxiiii* Jnn J607.
Boze diiHauret, vefve de feu Mathurin Rogier,^ décéda le viii« Juillet JG07.
Arnaud DiibucMit de Jacoy,M® menuisier, tomba dans le fossé neuf, soubz le pont-levis de Fontindére,* de la quelle chutte il se froissa tellement qu'il décéda le lendemain, jour de luiidy, xvi® Juillet 1G07.
Marie femme d'Ysaac Dulong, mourust ydropique, le di-
menche v* Aoust 1607.
Le dimenche v^ Aoust 1607, il tomba i^rande quantité de gresle avec de grands tonnerres. Elle gasta les tuillos des maisons, les vignes et millets, qui estoient très beaux partout. L'orage viiist du colé de Sos où il fit beaucoup de mal comme aussi à Mézin, Le Fresche, Puyfortéguille, Moncrabean, Calignac,^ Fieux, èz anvirons de Damazan, et Long-uetille, en tous les quelz lieux elle porta une grande ruyne. Il en tomba de la grosseur d'un soûl de pain et communément comme de gros œufz d'oye. Le fruict des arbres fut tout abattu. Les vitres des maisons n'en furent pos exemptes. Bref, cestoit chose fort déplorable d'ouyr le fracassement et domage qu'apporta la dite gresle. Elle ne toucha pas au vignoble de Nérac que
' Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
- Mathurin Rogier dict Matelot , inscrit au livre des tailles de 1599. - P. de Condom.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. du Pont.
* En avant de la Porte de Fontindère.
• Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement et canton de Nérac, à sept kilomètres de cette ville, à vingt kilomètres d'Agen.
bien peu, où il en tomba seulement quelques unes et bien petites. Mais, cela n'estoit rien auprès des circonvoisins.
Valentin Ganault, commis de Mons'' Mousnier, fermier des recettes, voulant empêcher le commerce du sel qui vient par terre du costé de Bayonne,* et, pour cet effet, s'estant logé en la ville de Nérac où il commerçait à faire sa charge, mourust chez Jehan Parrabère, le viii'' Aoust 1607.
Marguerite de Rions , tante de la nourisse de Mons'^ le Président Chézacqui avoit nourri Francillou, son filz, décéda dans le chasteau du Roy, au galetas de la tour de la chapelle,^ le xxix' Aoust 1607.
Jehan Laburthe décéda au logis de Joël Furtheau,^ son beau frère le dernier du mois d'Aoust 1607.
La femme de Bertrand Gostes décéda le iiii® Septembre 1607.
Monsieur Le Président Chézac, après avoir servy son année en la Court et Chambre de l'Edict establie en la ville de Nérac, partist de la dite ville avec sa femme et enfans, le lundy x*= Septembre 1607. Mess^^ Les Consuls Catholiques, ensemble ceux de la Religion, avec Mess''^ Les Consuls et bon nombre d'habitans, furent l'accompagner jusqu'au Paravis, où le dit sieur Président alla coucher. Et là, tous luy dirent adieu.
Le dit jour x« Septembre, Mons' de Nord,'* Procu^ Général du Roy en la Chambre de l'Edict constitua prisonnier M' Samuel Lanusse, no-
* Chef-lieu d'arrondissement des Basses-Pyrénées, à cinq kilomètres de l'Océan. Les faux Sauniers suivaient le chemin des grandes landes.
- Il est parlé du galetas de la chapelle du château et de cette chapelle elle-même dans le procès-verbal d'une visite au château de Nérac faite en 1621 par le lieutenant-général Duroy. D'après ce document, la chapelle, édifiée seulement lors de rinstallation de la chambre de l'édit, était dans la tour d'angle de la façade orientale et de l'aile subsistant encore aujourd'hui.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadicu.
* La famille Denord est originaire de Bouglon où elle compte encore des représentants.
taire royal, h cause qu'il avoitfaict cxploicter certain brevet de prinse de corps contre sa femme, sans prendre pareatis,^ el pour quelques parolles que le dit sieur Lanusse proféra tendant à mcspris contre le dit sieur de Nord. Il coucha deux nuicts en la prison, et après, par arrcst, il fut eslarg-y avec caution.
Monsieur de Masparraute, Ministre de l'église de Nérac, fut preste à l'église de Bourdeaux, le xiiii* Septembre 1607, a cause de l'absence de Mess»*' de Renaud et de Primeroze, ministres en l'église du dit Bourdeaux, seulement pour trois sepmaines ou un mois. Le dit sieur de Masparraute partit dudit Nérac le dit jour xiiii' septembre, en' compagnie d'un amiz, de la dite égîize de Bourdeaux, qui le vint quérir exprès. On faisoit doute de le congédier à cause de la grand contagion qui estoit en la ville du dit Bourdeaux.
La fille d'Héliot Coustures, femme d'un nommé Clavé, messager de Nérac, se noya par désespoir h la rivière des hoirs feu Mons^ de de S*-Genès appelée autrement à la fontayne du Jutge,'^ le mardy xviii® Septembre 1607. Elle fut trouvée le lendemain.
Arnaud Nagoux, décéda le mercredy iii" Octobre 1607.
Marie Bacqua, femme de , ancien marchand, décéda le dit
jour iii« Octobre 1607.
Antoine Dabos, boucher, à la Craberie de Nérac, décéda le vii® Octobre 1607.
Gaillard de Serbat,^ Capp^®, décéda le ix« Octobre, au Heu de Lausségnan.
> Traduisez : Obéissez. Lettres du grand Sceau par lesquelles le Roi rend exécutoire l'arrêt de quelques juges dans une province où ces juges n'ont aucune juridiction. V. Introduction à la pratique, p. 349.
- La fontaine du Jutge, sur la rive gauche de la Baïse, en face do la garenne, ainsi nommée parce que, dit-on, aux temps les plus reculés de la féodalité, c'était un lieu d'exécution. Des crochets de fer scellés dans le rocher expliquent, sans la justifier, cette tradition populaire.
^ Nous avons déjà dit que ce village dépendant du Portai de Fontindère était peuplé de gens portant le nom de Serbat.
MoQ beau frère, Jehan Pinollé,* décéda au Ghasteau de Birac, le mercredy, environ les trois heures du matin, xvii'= Octobre 1607. Il mourut d'une fièbre continue qui luy causa une grande frénésie, et rendit l'esprit ayant demeuré xix jours malade, entrant sur le xx^
Hercules, cordonnier, décéda le xviii^ Octobre IGIO.
Le sapmedy xx' Octobre 1607, il arriva une grande dispute entre Mess'^^ Dulong, lieutenant particulier, assisté de Mous' de Paullac, Procur^ du Roy au siège de Nérac, contre Mous' du Faur, pourveu de l'office de Lieutenant criminel et reçu sans aucune opposition au dit siège. Voulant exercer sa charge, après que causes civillcs furent expédiées, il fut troublé en sa possession par les dits sieurs Dulong et Paullac jusqu'à Foster de sa place, le tirant de vioUence par sa robe, avec des paroUes pleines de mespris les uns contre les autres. Le dit Duffaur faisoit commandement aux greffiers d'appeler les causes criminelles pardevant luy. Les dits sieurs Dulong et Paullac, au contraire, lui enjoignoient de ne les appeler point, si bien que toute la matinée se passa en contestations, et ne se fit aucune expédition de Justice.
Jehanne Siurac, vefve à feu M^ Imbert décéda le xxiiii^ Octobre 1607.
La femme de M'' Jehan Robert,'^ advocat en la Court et Chambre, décéda en la ville de Nérac, le judy premier de Novambre 1607.
Anthoine Rigoullet, prisonnier aux prisons de la Court et Chambre, dans le Ghasteau de Nérac, décéda le dimenche iiii** Novambre 1607, estant mort d'un flux de ventre dans la petite tour près le portai du dit Chasteau.^
* Déjà cité. A la date de 1582, on trouve dans les archives de la chambre des comptes de Nérac : « Remboursement à Guillaume Pinollé, bourgois de Nérac. » Il s'agissait à coup sûr d'une dette du roi Henri très coutumier du fait.
- Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
^ La tour basse à gauche du pont levis de l'entrée principale donnant sur H place. Sous le rez-de-chaussée de cette tour, il y avait une basse fosse où l'on mettait les prisonniers (V. procès-verbal d'une visite faite par des experts en août 1783, déposé chez Me Mellac, notaire à Nérac).
Mons*" M® Ilclie de Fcytivcau * de S* Jehan d'Angely, conseiller en la Court et Chambre de l'Edict eslablic en la ville de Nérac, décéda en la ville de Larrocliellc^ où il estoit allé voir le bien de Madam'^'' sa femme, le judy viii^ Octobre 'J607.
Monsieur Le Président Cadillac arriva en ceste ville pour servir son année, le samedy x« i\ovgmbre IG07. Mess" Les Consulz eavoyarent le recepvoir h Casteijaloux, et tout les corps de ville allèrent à Barbaste pour lui oiïrir le peublicq, ainsi qu'on avoitacoustumé fère à tous les autres Présidents. Mess" les officiers de la Justice, avec tout le corps, vindrcnt luy fère la révérance en sa chambre, dans le Chasteau, n'ayant peu arriver à temps à la porte de la ville. Il tesmoigna estre fort contant du joyeux accueilh que tous lui firent à son arrivée.
Jehanne Touraud, femme de Jehan Lamarque,^ dit Sinas, décéda le xvii Novambre 1607.
Jehan Meilhan,* dit Moussigne, décéda le xxii« Novambre 1607.
Jehanne de Pérès, ma sœur, femme de Pierre Laffitte, capp°® habitant de la Juridiction de Pulix,^ décéda le judy au soir, vii® Décembre 16C7, à la metterie appelée Fanchot. Elle mourut d'une fièbre
< Ce magistrat est appelé Festivau dans le Diaire de Jacques Merlin publié par M. Charles Dangibeaud {Archives historiques de la Saintongeet de l'Aujiis, tome V, 1878). Voici le passage relatif à ce personnage (p. 137) : Mort de M. Festivau, coyiseiller à Nérac, et autres. « Le samedi 20 d'octobre, fut enterré M. de Festivau, conseiller du roy en la chambre mie partie de Nérac. Le 18 dudit mois, au soir, environ les dix heures, il lui print une maladie de laquelle il ne fust que demie heure, et ainsy expira. M. Rochelle, sieur du Coudray, conseiller en la cour du parlement de Paris, qui estoit pour lors en ceste ville, portoit la brunette avec M. le lieutenant-général du costé de la teste, et deux conseillers au présidial portaient les deux coins de la brunette vers les pieds. »
- Chef-lieu du département de la Charente-Inférieure, ancienne capitale dePAunis.
^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. du Pont.
' Puhx, lisez Puch.
continue qui l'emporta le septième jour, accompagnée d'une grande efluction qui luy tomboit sur les polmons.
La fille de M' Bernard Lagardère, femme du capp^^ Barrière, mourut à la mettérie du Marhaing,* le xi^ Décembre 1607.
Arnaud Gontier,^ marchand chappellier, décéda le lundy xxiiii® Décembre 1607.
Jehan de Laporte, filz aine de Mons' de Laporte, capp°® du Chasteau de Nérac, appelle communément M^" de S* Martin,^ décéda dans le dit chasteau, le mardy matin, environ les vi heures, premier de Janvier 1608, ayant demeuré mallade l'espace de huict ou neuf mois.
Anthoine Sebvières, décéda, au logis de Trigallet, le sapmedy vi'' Janvier 1608.
Pierre Boussugues,"* marchand, décéda le mardy viii^ Janvier 1608.
Jehanne Roquette, femme de Mathieu Bronot, appotiquaire, décéda le mardy ihi« Mars 1608.
Léonard Cluzeau, M« maçon, fut condamné par arrest de la Cour et Chambre de l'Edict séante à Nérac , d'estre pendu et estranglé, le mardy xviii' Mars 1608. Et fut exécuté le lendemain, xix*, et ce, pour avoir tué un prebstre pour une pièce de cinq liards, après avoir joué, la quelle le dit prebstre ne luy voulut payer; que fut cause de leur dispute et d'un coup de poignard que le dit sieur Cluzeau luy donna, du quel coup, il mourust bientost après.
Mons' de Vigier, Cons% ayant achapté l'office de feu Mons'* de Feytiveau, conseiller en la Cour et Chambre establie en la ville de Nérac, arriva en la dite ville, le dimenche soir xxxiii® Mars 1608. Et n'ayant
' A gauche de la route actuelle de Nérac à Agen, environ à trois kilomètres de Nérac ; il y a là un ormeau plusieurs fois séculaire, qui a dû abriter sous son ombre la fdle du chirurgien Bernard Lagardère.
- Marchand chapelier, inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
^ Nom emprunté à la terre que possédait son père et qui est située près de Nérac, à gaiwîhe de la route actuelle de Nérac à Mézin. Saint-Martin qui a appartenu aux Baudignan, un cadet des Gaucabone, est aujourd'hui la propriété de la famille Lespiault.
* Marchand du quartier Marcadieu^ inscrit au livre des tailles de 1599.
peu estre reçeu en ladite Chambre, il fut renvoyé devers le Roy pour se fère recepvoir. Il partit de ceste ville, ledimenchexxx°Mars 1G08. Le dit sieur de Vigier, après s'estre faict recepvoir en Cour, arriva en la présente ville de Nérac, le dimenche premier de Juing 4600, et, le lendemain, il fut receu et entra en l'audience comme les autres.
Catherine Lespie, vefve à feu Jean Larquier, * décéda au
Fresche, le xxiiii^ Mars 1608, et (fut) portée en ceste ville, le lendemain XXV*.
Michau Serres, décéda lemardy xxv° Mars 1608, et fut enterré, le lendemain xxvi«.
La chambrière d'Ysaac Grils, se pendit et estrangla elle mesme dans la maison du dit Grils, le mardy second d'Apvril 1608, s'estant attachée au saumier^ de la chambre qui est an darriére de sa maison. Elle fut portée à la Maladrerie.
Joad Léglize, décéda le vii® Apvril 1608.
George Dulavay, décéda lexxii® Apvril 1608.
Jehunpetit Labagnou, décéda le mardy xxi® Apvril.
M. Gaston de Larrat,^ chirurgien, décéda le dit jour xxiel608.
Il arriva en ceste ville une troupe de commédiens, et s'adressant à Mons' Le Président Cadilhac pour leur permettre de jouer, ce qu'il fit le mercredy dernier du mois d'Apvril, sur le tard, dans la grande
* Le mot illisible est bastier, fabricant de bats pour chevaux et mulets. Ou trouve au livre des tailles de 1599 Jean Larquier, bastier. — P. de Condom.
- Le Sommier, selon la définition du Dictionnaire de Tréuoua^ est une pièce de bois de moyenne grosseur entre la solive et la poutre. C'est aussi, comme le rappelle M. Littré, « une pièce de charpente qui sert de linteau à l'ouverture des portes, des croisées, etc. » On appelle encore lou Saounié en langue romane le cadre en bois où s'accrochent les rideaux des lits à quenouille.
' Il y a plusieurs Larrat inscrits au livre des tailles de 1599, mais aucun ne porte ce prénom de Gaston extrêmement rare à cette époque et n'est signalé comme chirurgien.
salle haulte du Chasteau * où ilz jouarent une commédie. Le lendemain, ils coiitinuareut, où tous ceux de la ville furent reçus, en payant deux soulz poui* cliascuu.
Le feu de joye pour la naissance du troisième fils- du Roy Henry iiii^ fut faitjCnla ville de Nérac, le vendredy second du mois de May 1608, par l'exprès commandement de Sa Ma^^, l'ayant mandé à MonsMe Mareschal d'Ornano, son Lieutenant Général en Guyenne qui, tout aussy tost, le fit sçavoir à ceux de son gouvernement. On dressa, selon lacouslume, trois bûchers aux lieux accoustumés : mais, avant d'y mesttre le feu, on fit prières extraordinaires dans le Temple, qui furent dites par Mons»" de Lanusse, pasteur de l'église, au commencement desquelles il fit chanter le psaume 127. et, ayant achevé la dite prière, il fit continuer le pseaume suyvant 128. Apprès, Mess""^ Les Consulz allèrent piier Mons'Lc Prézidcnt Cadillac au Chasteau pour venir mettre le feu au premier bûcher qui estoit dressé devant le Chasteau, lequel, avant d'y aller, entra dans la Cluimbre du Conseil avec lous les cons""^ pour juger le différant qui esloit entre M' Pierre Du Roy, Lieutenant Général au siège d'Albret, et les Consulz de la ville, prétendant le dit sieur Lieutenant, deuoir mettre le feu, le premier, au dit feu de joye; les Consulz, au contraire, disant estre en possession de l'allumer sans le dit Lieutenant. Par arrest, La Cour ayant fait entrer toutes parties en la Chambre, leur prononça
' Cette grande salle qui, d'après M. Villeneuve Bargemont, était la salle des gardes des Rois de Navarre était à l'aile droite du bâtiment méridional aujourd'hui détruit. La chambre d'Henri IV était à l'est de cette salle (Voir procès-verbal des experts de 1783 et Monographie de Nérac, de M. Samazeuilh, page 144). Ce n'était pas d'ailleurs la première fois qu'on jouait la comédie au château de Nérac. Les archives de la cour des comptes de Pau ont gardé le nom de Massimiano Milano, chef des comédiens italiens du Roi de Navarre, qui vinrent donner des représentations à Nérac en 1578, au temps des Conférences.
* C'était Jean, Baptiste-Gaston, duc d'Orléans, qui était né le 25 avril 1608. (On lit avec étonnement le 25 mars dans l'Art de vérifier les dates, édition de 1818, tome IV, p. 329), et qui mourut le 2 février 1660. Le second iils de Henri IV, que l'on avait aussi appelé duc d'Orléans, était né le 16 avril 1607 et était mort le 17 novembre 161L
que les Consulz mettroieiit le fo!i sans le dit Lieutenant, sans préjudice h liiy, s'il croyoit cstre grevé, de se pourvoir ainsiu qu'il aviserait en ceste aiïaire. Après le dit arrest ainsi prononcé, les dits Consulz allèrent attendro la sortie de Mons^ Le Président qui les suy\'oit de près avec toute la Cour en corps. Le premier Consul lui bailla la torche en mains pour mettre le feu, ce qu'il Ht tout à l'entour du dit busclier. Après, les dits Consulz s'en allèrent au Pctit- Nérac,* pour mettre le feu à un bûcher qui cstoit là, et puis après, à celluy qui estoit devant le tcmj)le, aux Ambarratz. On fit tirer xi pièces d'artillerie, à la place du Priurat,^ n'ayant esté rien oublié pour tesmoisgnage de joye et allégresse. Les dits Consulz estoient M'^ Pierre Venier,^ Pierre Puyferricr,^ ]\P Isaac Jausselin et Daniel Dutonr. Le dit sieur Jausselin estoit absant pour estre malade. Ils estoit vestus des robes consulaires avec leurs chaperons.
La vefve de feu M® Pierre Baret,^ décéda i\ la maison appartenant à Maître Jehan, Baret, son fils, trésorier d'armaian^ appelée a Baroque ' le cinquième May mil six cents huict.
M"" ImbertGeneste,^ jurât de la ville de Nérac estant asgé d'environ cent ans, décéda le sapmedy x« May lô08 et fut enterré par les prebstres, à S* Nicolas.
' V. sur le Petit-Nérac la note qui accompagne le sonnet du carnaval espagnol dans la Guirlande des Marguerites^ p. 235.
^ Place du Prieuré, à côté de l'église Saint-Nicolas.
' Il y a tant de Venier ou de Levenier à cette époque qu'il est difficile de ne pas les confondre. Cette famille qui a joué un grand rôle dans nos annales mériterait une étude spéciale. Môme observation pour les Roy, les Batz, les Pérès, les Dulong, les Mazelières ou Lamazelières, les Puyferré, etc. Ce sont les plus anciennes familles de la ville de Nérac.
* Lisez Puyferré, déjà cité.
^ Inscrit au livre des tailles de 1559. — P. Marcadieu, comme son fils Jean Baret, déjà cité.
' C'est, si je ne me trompe, Armaniac pour Armagnac.
' Entre la Baïse et la route de Condom, à 2 kil. de Nérac.
' Maître Imbert Geneste inscrit au livre des tailles de 1599. — Ce centenaire né sous Louis XII avait déjà 79 ans quand François !«' montai sur le trône.
Jehan Léonard,* décéda le mardy xx« Mai 1608.
En l'année 1608, Mess"*' les Catholiques ne célébrèrent point en la ville de Nérac la feste qu'ils appellent la feste Dieu, qui esloit le judy v«au dit an, à cause du mauvais temps qu'il fit jusques à midy, ains fut remis au dimenche ensuyvant, viii« du dit mois et an, au quel ils firent leur cérémonie accoustumée. Mons'" Le Président Cadillac estoit en exercice, en la chambre mi-partie du dit Nérac.
Mathalin Dabos, boucher, décéda le mardy ixe Jun 1608.
Pierre Gayte, M^ arquebusier et horloger de la présente ville, décéda dans la maisonnette du cementière, le mardy xvii*^ Jun" 1608.
Jehan Barrandon, notaire, asgé de plus de quatre vingts ans, prisonnier aux prisons de la Cour et Chambre, prévenu de faucettés fut condempné à estre pendu el estranglé par arrest de la dite Cour donné le sapmedy xxi« Jun 1608, au quel il fut exécuté.
M'Anthoine Ardantz, de Limoges,*^ juge deSt Jehan Ligoure,^ estant à la poursuitte de certain procès en la Cour et Chambre de Nérac, décéda le sapmedy xxi^ Jun 1608.
M"" Gaixiot de Larrivet,'* appotiquaire et jurât de la ville de Nérac, décéda le mardy au soir 24% à dix heures du soir 1608.
Pierre Puyonnet, cabaretier à la rue Fontindère, décéda, le mercredy xxv® Jun 1608.
Pierre Nagoua,^ filz de de Jehan et de ma fille Judic, décéda le xxvi* Jun 1608, n'ayant vescu que trois sepmaines.
\Marchandlnscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Condom.
- La famille Ardant existe encore à Limoges et y était très honorablement représentée, il y a quelques années, par un modeste savant, M. Ardant, Secrétaire de la Société d'Agriculture.
' Saint-Jean Ligoure est une commune du département de la Hte-Yienne, arrondissement de Limoges, canton de Pierre-Buffière, à 5 kilomètres de cette ville, à 19 kilomètres de Limoges.
* Inscrit au livre des tailles 1599. — P. Marcadieu.
' Le gendre du chroniqueur. (Renvoi à une note précédente.)
Pierre Despeyrons,clit lou Ca,* de Brazalim,^ et Jehan Despeyroux, son filz furent conclcmpnés par arrest de La Cour et Chambre de Ncrac h estrc : le dit Pierre, père, pendu et cstrangk^, et le dit Jehan, estre fouetté par toute la ville, pour le larracin fait à ]\P Pierre Venier, le quel arrest fut exécuté le mercredy ix juillet 1608.
La femme de Fuxon, fille de feu Nourrit, décéda le xv« Juillet 1608.
Mons^ de Renaud, iMinistre de la parolle de Dieu, servant l'église de Courdeaux décéda le unsiesme Juillet 1608. Madame la Présidente de Cadillac s'en alla de ceste ville, le xvii^ Juillet 1608, s'en retournant à Bourdeaux. W Le Président, son mari, fut l'accompagner jusques au PortSaincte Marie où ils couchèrent, ledit soir.
Mons"" de Saugion s'en alla do ceste ville, après avoir enthériné ses lettres d'abolition du meurtre de sa cousine le xviii® Juillet 1608.
La donna Conchia, vefve l\ feu Chollet, décéda le xx* Juillet 1608.
Thibault Champagne, 3 M^masson, décéda le sapmedy ix Aoustl608.
Mons'^ de Nord, Procur' Général du Roy en la Chambre de l'édict, estant averty que aucuns des habitans de la ville de Nérac travailloint le jour de la feste de l'assumption de Nostre Dame, xv" Aoust 1608, il commanda à Larrauza et Mathieu, huissiers catholiques servant en la Chambre, d'aller prendre prisonniers ceulx qui seroient trouvés travaillan/. Ils prindrent cinq ou six massons et autres pauvres gens les quels ils menarent dans les prisons de la Cour, au' Chasteau. Ce qu'entendu par Mons^ de Bacalan, Advocat Général du Roy en la dite Chambre, il alla incontinant au dit Chasteau et fit sortir tous les dits prisonniers. Les Consulz l'accompag-nèrent en ceste action, de quoy le dit sieur de Nord fut fort offensé et il eut dispute
' Le chien, surnom de mépris.
2 Paroisse non loin de Feugarolles, à côté du château de Gueyze, appartenant à M. de Trenquelléon. — Il y a là, à Nérac, rue de La Puzoque une maison du xvi« siècle qui porte le nom de Hôtel de Brazalem. V. sur Brazalem le XLI vol. du Congrès archéologique de France, 1875, p. 143. De Bapteste à Nérac, par M. de Bourrousse de Laffore.
' V. une note précédente. On remarquera qu'à côté de tant de décès enregistrés à ce soin, le chroniqueur ne signale presqu'aucun mariage.
avec les Consulz protestant d'en fere plaincte au Roy. Sur ces entrefaites, le peublic commeiiçoit à s'assembler, qui donna occasion aux dits Consulz de prendre leurs livrées assistés de plusieurs Juratz et autres bourgeois de la ville pour fère retirer le peuble et empêcher une esmeute qui eust peu survenir. La rnison pour laquelle le dit Sieur de Bacalan disoit faire eslarg*ir les prisonniers estoit que le Sieur de Nord ne l'avoit peu fère de son authorité sans arrêt de La Cour et que, l'ayant entrepris de soy, il pouvoit aussi les eslargir. Plusieurs procès-verbaux furent dressés tant par le dit sieur de Nord, de Bacalan, cousulz, que huissiers, pour s'en plaindre à la Cour. Le dit sieur de Nord partit de la dite ville le lundy xviii® du dit Aoust pour s'en aller à Bourdcaulx trouver Mons"" les Mareschal d'Ornano, comme fit aussy le Sieur Pierre Puyferrié, second consul, qui partit le dit jour en compagnie du dit Sieur de Bacalan et estant arrivés au dit Bourdeaux. le dit Seigneur Mareschal envoya quérir M"" Daniel Dutour, quatriesme Consul, qui l'alla trouver iucontinant pour entendre plus pai'ticulièrement comme toute la dispute s'estoit passée, et, finallement, après avoir ôuy toutes parties, il pacifia le tout entre le dit sieur de Nord et Consulz tellement qu'avant partir du dit Bourdeaux ils furent d'accord et bons amis. Les Consulz de la dite année 1G08 estoit Pierre Venier, Pierre Puyferré, Ysaac Jaussehn et Daniel Dutour.
Monsieur de Roquelaure^ arriva en ceste ville le mardy xxvii* Aoust JG08, estant venu trouuer Madame la Comtesse de Gramond ^
' Antoine, baron de Roquelaure, né en mars 4544, mourut à Lectoure, le 9 juin 1625. Henri IV le nomma successivement maître de sa garde-robe, Conseiller d'Etat, lieutenant général en Auvergne (1596), puis en Guyenne (1610). Il reçut le bâton de maréchal de France en 1614. Voir divers documents soit de lui, soit sur lui, dans les Archives historiques de la Gironde et dans la Revue de Gascogne, deux recueils où les historiens de la région du Sud-Ouest pourront puiser à pleines mains, qu'il s'agisse d'un homme célèbre ou d'une localité quelconque.
- Nous avons déjà dit que la comtesse de Gramont, ou comtesse de Guiche , était Louise de Roquelaure , fdle d'Antoine de Roquelaure et de Catherine d'Ornezan.
et Comtesse de Lauzun * estant en la poursuitte d'un sien procès contre Mons^ de Bénac ^ qui estoit aussy en la dite ville dvcc Madame de Bénac^ et Mess'*' ses enfans. Mess"*^ de liUssan et de Montcspan s'y trouvèrent à mesme temps et, à leur suillo, tout plain de noblesse qui faisoit une petite cour pendant le séjour que le dit S*" de Roquelaure fit en la dite ville et que le procès d'entre la dite Dame de Gramond et le sieur et Dame de Bénac estoit sur le bureau. Il y eut des querelles, et après, duel, entre Mons' de Meilhan,'' nepveu de Mons' de Lussan et Mons^ de Bassilhon ,^ filz du dit sieur de Bénac, qui sortirent pour se battre près de Barbastc,oij ils se rencontrèrent; et, estant entres en combat, ilz furent despartis. Ces querelles donnèrent subject à Mons^ Le Procureur Général du Roy d'en fère plaincte h la Cour et Chambre sur la quelle s'ensuyvit un arrest qui fut publié par la ville par ïerraque, huissier, estant défendu, à peyne d'estre pendu et estranglé, qu'aucun n'eut à appeler personne pour se battre. La dite publication se fit le judy iiii'^ Septembre 1608. La dite Dame de Gramond eust arrest le vendrer'ty w" Septembre au dit
* La comtesse de Lauzun était Catherine de Gramont, fille de Philibert de de Gramont, comte de Guiche, et de Diane d'Andouins, la célèbre Corisande. Elle avait épousé François Nompar de Caumont, comte de Lauzun, dont il a été déjà question plus haut. La comtesse de Gramont et la comtesse de Lauzun étaient belles-sœurs.
* Bernard de Montaut, baron de Bénac, premier baron du Béarn, capitaine de 50 hommes d'armes, des ordonnances, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, sénéchal de Bigorre, était le troisième fils de Jean Marc de Montaut, baron de Montaut et de Bénac, et de Madeleine d'Andouins. Il vivait encore le 15 janvier 1615, comme le prouve une lettre écrite par lui, à cette date, à Louis XIII, qui a été publiée par M. Tamizey de Larroque dans la Revue de Gascogne d'avril 1879, p. 192-194 du tome XX de la collection.
' Le baron de Bénac avait épousé en juin 1578 Thabita de Gabaston, dame de Navailles et de Bassillon, fille de Bertrand, baron de Bassillon, gouverneur de Navarreins, et de Jeanne, dame de Cauna.
* M. Montlezun, seigneur de Meilhan.
* Henri, seigneur de Bassillon et de Sarriac, était le second fils du baron de Bénac. Le fils aîné, Phibppe de Montault, qui fut sénéchal et gouverneur de Bigorre, devint marquis de Bénac, duc de Navailles, pair de France, etc.
an. Le dit sieur de Roquelaure partit le lendemain vi*. La dite Dame de Gramond s'en partit le judy xviii^ Septembre, au dit an 1608.
Mons"* de Banque * estant venu en ceste ville avec Mons'' de Monbrun 2 décéda au logis de Arnaud Latané, le viii® Septembre 1608.
François Vallès, M« gantier, décéda le mardy ix" Septembre 1608.
M' Anthoine Solib, procureur en la Cour et Chambre establie à IN'érac, décéda le xii« Septembre 1608.
Mons'" Le Président Cadillac, après avoir servy son année en la Cour et Chambre establie en la ville de Nérac, partit d'icelle, le lundy XV Septembre 1608, s'en estant allé droit au Port-S*®-Marie où Madame sa femme se devoit rendre pour s'en aller tous deux ensemble en Causse.^
Mous** Le Prézident Feydeau, partit de ceste ville, le mercredy premier d'Octobre 1608.
* Antoine de Ranques, gentilhomme protestant de la Saintonge, est plusieurs fois mentionné dans les Lettres missives de Henri IV, notamment dans une lettre du 28 mars 1587 où le roi lui rend ce témoignage (t. ii, p. 277- 278) : « D'autant que je désire grandement gratifier le sieur de Ranques, lequel depuis quinze mois a continuellement résidé auprès de ma personne, et s'est toujours employé des premiers en tous les exploits de guerre qui se sont faicts depuis le dict temps. » Antoine de Ranques épousa une des sœurs de M. de Monbrun, personnage dont nous allons trouver le nom à la ligne suivante.
- Jean Du Puy, seigneur de Montbrun, puis (1620) marquis de Montbrun, capitaine de 50 hommes d'armes, fils de Charles Du Puy, seigneur de Montbrun, surnommé le brave Montbrun, et de Justine de Champs, appelée aussi quelquefois Justine Alleman, était né vers I5ô8. Voir Une lettre inédite de Madame de Montbrun publiée par Ph. Tamizey de Larroque (1865, in-8'' extrait de V Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de Franee, t. II de la nouvelle série). — Rapprochez ce Montbrun de celui dont il est question au commencement de la chronique, p. 208, à propos d'Esclarmonde de Burs qui eut la tête tranchée « pour avoir tramé une entreprinse » sur le château de Nérac avec M. de Montbrun.
^ C'est-à-dire à Encausse, aux eaux d'Encausse dont il a été déjà fait mei»tion.
Guilhem Larrac,* tailleur, gendre de Lacougnane, décéda le premier d'Octobre 1608.
Les prisonniers estans dans la tour de la ConciergeriCj^au Chasteau, rompirent la grille par là où ils sortirent, cstans descendus dans les fosses, et, par après, grimparent le long de la muraille, près le pont, et se sauvarent dans la ville, anviron deux ou Irois heures devant jour. Ils sortirent au nombre de cinq des dites prisons, mais il n'en peut sortir que quatre des dites fosses. Un nommé Dubois, vieux homme, demeura aux dites fosses. C'estoit le jour qu'on commença à vendanger le vignoble, xxiii' Octobre 1608.
Jehanne Carreau, décéda le vii® Novambre 1608.
Jehane Blondeau, femme de Pierre Sibuat, maréchal, décéda le viii* Novambre 1608.
Mons" Le Président Lalanne arriva en ceste ville, pour la seconde fois, pour servir en la Chambre de Nérac, le dimenche ix* Novambre 1G08. Mess'^ Les Consuls cnvoyarent le recepvoir jusques h Castelgeloux, et après, on l'alla repcevoir à Barbaste, ainsi n qu'on a voit accoustumè fére aux autres. En la dite année, estoint Consulz les sieurs : Pierre Venier, Pierre Pnyrerré, Ysaac Jausselin, et Daniel Du Tour. Les enfans du Collège furent aussy au devant de luy, assez près du dit Barbaste, où le filz du dit sieur Puyferré, consul, lui fist une harangue comme s'ensuit :
« Monsieur, ceste petite troupe s'enhardit à se présenter devant « vous et s'assure de vostre favorable accueil pour plusieurs rai- « sons : premièrement nostre nayfve simplicité nous recommande, « qui provient de la bassesse de notre aage si ag-réable au grand « Prézidant du monde, qu'il voulut que les enfans eussent libre accès « vers luy, nonobstant l'opposition de ses cons^^ qui l'entournoint. « Avec cella, nostre qualité nous raffermit le courage. Nous sommes
' On trouve au Livre des tailles de 1599 un Guillaume Larrac, menuisier. — P. Fontindère ; et un autre Guillaume Larrac, chaussetier. — P. de Bourdeaux. Ne pas confondre les Larrac avec les Larrat.
' Voir note précédente sur la petite tour où l'on enfermait les prisonniers.
« escoliers, condition dépendante particulièrement de la \ie, et qui « se doit eslever soubz les ailes de votre dignité relevée. En un mot, « nous sommes jeunes plantes de la république, qui ne pouvons enco- « res produire du fruict solide, comme les arbres parfaitz. Nous dési- « rons donner espérance des noz effortz par les fleurs et les feuilles de « noz tendres affections. Un grand bien estant osté s'estime d'advan- « tage quand il est restitué. L'absence suscite l'appétit. Ayant déjà « gousté le doux air de votre présence, l'intermission en a redou- « blé nostre passion, et nous fait maintenant aplaudir à cest heureux « retour avec plus de resjouyssance qu'à la jouyssance première. « Tous nos mouvemens, aujourd'huy, ont tcsmoigné une alaigraisse « extraordinnaire. Nostre entretien n'a été qu'une répétition de vos- « tre honorable nom que nous avons fait retentir par tous les coings t de Nérac, de sorte que les murailles insensibles renvoyans nos « voix, semblent vous rappeller pour estre de rechef leur hostie, où « nous randronSj selon la portée de noz forces, toute obéyssance, « et prions Dieu que vostrc année se passe au grand contentement « du Roy et de toute la province.* »
Pierre Mahé, Mareschal, décéda le mercredy xxvi* Novambre 1608.
Madame La Présidente de Lalanne arriva en cesle ville, le dimenche dernier de Novambre 1608, estant venue trouver le dit sieur de Lalanne, son mary. Il y eust plusieurs habitans qui montarent à cheval pour luy aller au deuant jusques à Pompiey.'^
* On remarquera le caractère essentiellement protestant de cette harangue où Jésus-Christ est appelé le Grand Président du Monde. Elle semble inspirée par l'esprit de Luther qui tenait l'instruction en si haute estime qu'il écrivait : « Que si chaque année on emploie tant d'argent pour acheter des machines de guerre, pour construire des routes, pour rétablir des ponts et en vue de mille autres objets d'utilité publique, pourquoi n'emploieraitt-on pas bien davantage ou tout au moins autant pour nourrir des maîtres d'école, des hommes actifs et intelligents capables d'instruire notre jeunesse. )) (V. Libellas de instituendis pueris, magistratibus et senatoribus civitatum Germaniœ. Martin Luther, œuvres complètes, Wissembourg 1558, tom. VII, p. 438-447).
^ Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Lavardac, à 7 kilomètres de cette ville, à 19 kilomètres de Nérac.
Jehan Tarraube * dit Motta, chaussetier, décéda le judy soir, iiii® Décembre 1608.
Le dimenche vii« Décembre 1608, jour de la célébration de la Saincte cène, Mons' de Lannssc, Ministre, ayant presché le matin, sur la fin de son prcsche, exhorta le peuble à s'eslargir envers les povres, ayant remonstré la grande nécessité de la bourse de TEi^'lize, à quoy il insista fort longuement. Ce fust la première fois qu'on mit un bassin au fond de la table pour y recepvoir l'argent des povres, à l'imitation de plusieurs autres églizes.
Pierre Jausselin ,*^ aagé d'environt iiii^ ' ix ans,^ et n'ayant jamais beu que de l'eau, décéda le dimenclie soir, vii« Décembre 1608.
Jehan Gracian dit Faudouas, menuisier,^ décéda le xxvi' Décembre 1608.
Jehanne de Lavallado, ma tante, femme de Pierre de Pérès ,^ décéda le i*^^ Janvier 1609.
Le judy, premier jour du mois do janvier 1609, Pierre Venyer, Pierre Puyfcrré , Ysaac Jausselin et Daniel Dutour, consulz Tannée auparavant 1608, ayant faict assembler la jurade en la maison de ville, pour procéder à l'ezlection de nouveaux Consulz, il s'y passa plusieurs contestations, tant sur la difficulté de s'accorder d'un choix pour servir de controlleur au premier consul que sur autres propositions, qui furent faites tant par Ysaac Dulong, sindic la dite année 1608, que des autres jurats, ne voulant les dits consuls, mettre en délibération, aucune des dites propositions, qui fut cause que le dit sieur Dulong, sindic, se porta pour appelant de l'ezlection de
* Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Condom. - Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
^ 89 ans! Un bel âge et qui justifie bien l'enthousiasme avec lequel les buveurs d'eau disent, avec Pindaro, que c'est la meilleure des choses. Rappelons que, dans le Dictionnaire des Sciences médicales, on a généralement vanté les vertus hygiéniques de l'eau considérée comme boisson.
* Menuisier inscrit au Livre des tailles de 1595. — P. de Condom.
' Oncle du chroniqueur inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Condom.
nouveaux consulz qu'on prétendoit ezlire pour le reffus de fére oppiner la compagnie, remonstrant que s'estoit contrevenir à l'arrest donné le mercredy auparavant par Mess" de la Cour et Chambre, qui enjoignoit aux dits consuls fére mettre en délibération toutes les propositions qui scroit faites en Jurade. Néanmoins, ils ne laissarent de passer outre, et for.rent ezleus consuls de la dite année IG09, Imber Venyer, Jehan Roy, Arnaud Latapie * et Pierre Alespée ^ lesquels s'estans présentés à la place accoiistumée pour prester le serment pardevant Mons'' de Lapporte, Capp^ du Chasteau, il y eust encores de l'empeschement donné par le dit Sieur Dulong, sindic , s'opposant à la prestation de sermens, disant n'y avoir lieu de les recepuoir attendu l'appellation par luy interjetée fondée sur l'infraction de l'estatut et contravantion à l'arrest de la Cour. Après plusieurs grandes contestations de part et d'autre, ledit Sieur de Laporte voyant les dites oppositions ordonna que la prestation du serment sursoira jusqu'à ce que les appellations soit vuydées, et, pour ce fére, les renvoyer en la Cour pour y donner règlement, du quel apointement les Consulz tant vieux que nouveaux ne demeurant contans , s'en vont au logis de Mons'^ Pierre Roy, heutenantgénéral,^ pour le prier de vouloir recepvoir le serment des nouveaux consuls, puisque le dit sieur de Laporte refusoit de ce fére , à quoy fut insisté par le dit sindicq remonstrant au dit sieur lieutenant-général qu'il ne pouvoit cognoistre de ceste cause, attendu mesme qu'il estoit récusé en toutes les affaires du pubbcq de la ville, que, d'ailleurs, il estoit question de repcevoir son père un des dits consuls, que cela estoit hors de justice , le priant de s'en départir : à quoy il ne voulut avoir aucun esgard, ains s'en alla à la place accoustumée et là, fit prester le serment aux dits nouveaux consulz. Sur quoy, le dit sieur de Laporte se rendit appellant, comme
* Capitaine inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Marcadieu.
* Est inscrit au rôle des impositions protestantes de 1605. — P. de Marcadieu. Pour ce nom d'Alespée, voir une note précédente. En 4600, un Alespée est propriétaire de Lagrange-Monrepos. (V. Livre terrier de 1611.)
^ Avait épousé Jeanne Nagoua et habitait à côté de l'ancienne Maison de ville. 11 avait été nommé lieutenant général en 1604 et il occupait encore les mômes fonctions en 1621 après le siège de Nérac. (V. une note précédente.)
fit aussi Mons'' Samuel Paullac, procu'-général du Roy, au siège de Nérac, à cause que le dit serment avoist esté prezté sans luy qui doit présenter les dits consulz pour cstrc reçus en leur charge. Toutes les quelles appellations estant sur le poiat d'cstre retenues pour plaider, et la Cour en chambre, Mons^le Prézident Lalanneiiitervinst et, par sa prudence, paciffla tous les dilïérens des parties, en ayant fait passer expédian, du consentement de tous, et moyennant aussy quelques articles portant règlement pour la forme de procéder aux eslections des consulz et jurats pour l'avenir, qui furent arrestées en maison de ville et enregistrées au registre, et , le lendemain, par arrest de la dite Cour et chambre, furent ozmologuées et enjoinct de les entretenir de poinct en poiact.
Léonard de Barsac, de la ville de Brégerac,* accusé d'avoir coupé la gorge à la femme de M^ Esperron , advocat du Roy,^ au dit Brégcrac, fut condampné à souffrir mort, par sentence du juge du dit Brégerac, de quoy il fut appellant en la chambre de Nérac, laquelle, par son arrest , le condamna d'avoir la teste tranchée, ce qui fut exécuté, le vendredy, ix» Janvier 1609. Il eut la question ^ auant d'aller au supphce, mais il n'accorda jamais le meurtre. Malgré les exhortations qui lui furent faictes par le sieur de Masparaute et de Lanusse , ils n'en peurent tirer aucune confession.
M" Jehan Terraque, huissier à la Cour et Chambre estabhe à Nérac, décéda le dimenche xi« Janvier 1609.
* Bergerac. (Voir une précédente note.)
- L'avocat du Roy dans les juridictions inférieures remplissait le rôle des avocats généraux dans les cours souveraines. Il défendait les intérêts du Roy et ceux du public. C'était le ministère public d'aujourd'hui.
^ Dans une pièce datée du 21 août 1621 ( procès-verbal d'une visite au château de Nérac signé Diiroy lieutenant général, Samuel Paullac procureur du Roy, liâmes et Dubourg j, on parle de deux chambres près lesquelles est le hancde la question. M. Samazeuilh croit que la chambre de la question de la chambre de Nérac était dans la partie orientale du château. (V. Biographie de l'ar. de Nérac Samazeuilh, p. 145.) Les Cours souveraines pouvaient seules condamner à la question. Voilà pourquoi c'était à Nérac un privilège spécial et peu enviable de la Chambre de l'Edit.
Madame Violante, religieuse au couvent Saincte-Claire,* de Nérac, décéda le mercredy xxi® Janvier 16Ô9.
La vefve d'Annon Chambin décéda le iiii« Febvrier 1609.
Le Capp^« Dupuy", de Feug'arolles,^ décéda au dit lieu, le xix* Febvrier 1609.
Marie Durand, fille de Bernard Durand,^ décida le xxiii« Febvrier 1609.
Mons^ de Laporte, Cappn® du Chasteau de Nérac partist pour aller en Cour trouver le Roy, le mardy xx' Febvrier 1609. Mess^^ Dulong Lieutenant particulier, de Puyferré et Jausselin partirent le mesme jour, ayant eu les dits sieurs de Puyferré et Jausselin, adjournement personnel pour avoir esté consuls l'année auparavant et n'avoir pas faict observer les festes chaumablcs, de quoy il y eut grandes contestations entre Mess'^' les Cons" catholiques et ceux de la Religion. Mons^ de Bacalan, advocat du Roy, fut aussy mandé par Sa Ma*é'*pour lui rendre raison de ce qui s'estoit passé sur tous leurs différantz et partit en Mars 1609. Les sieurs de Jausselin et Dulong arrivarent le judy xvi® Apvril 1609 :^ Le dit Puferré, le mardy xxi® et le dit sieur de Laporte arriva le lundy ii® Novambre, ayant demeuré huict mois et neuf jours en son voyage.
Le lundy ix« Mars 1G09 il fut peublié un arrest du privé conseil du Roy portant exprés commandement de ne travailler les jours de
* V. une note précédente. On peut y ajouter que les religieuses de ce couvent possédaient outre plusieurs rentes , les propriétés de la Ribère sur la Bayse.
2 Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Lavardac, à 7 kilomètres de cette ville, à 13 kilomètres de Nérac, à 25 kilomètres d'Agen. V. sur Feugarolles la Monographie du canton de Lavardac, par J.-B. Truaut, et le Dictionnaire Géographique de l'arrondissement de Nérac, par M. J.-F. Sapiazeuilh.
* Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
* Partis le 20 février 1609 de Nérac pour Paris, revenus le IG avril de la même année, MM. Josselin et Dubourg n'avaient employé que 64 jours voyage et séjour compris. Ce n'est vraiment pas trop pour cette époque oil Ton voyageait à cheval.
festes prohibées et en la ville de Nérac, lieux accoustumcs, où deux des consuls de la dite ville assisteront avec leurs chaperons, deux huissiers, et le greffier, les tous à cheval.
Jehane Lcglize, femme de Mons^ Pierre Parrabère,* advocat, filz de Martin, décéda le xiiii« Mars 1G09, incontinant après s'ostre accouschée d'une lille.
Guilhem Sainct Pierre, cordonnier, décéda le xx Mars 1600, de mort soudaine, estant allé à sa vigne oix il tomba, et fut porté tout mort en ceste ville.
Jehan Dubédat,^ m'' fruitier, décéda le dit jour xx« Mars 1609.
Moûyze Roussanes,^ filz de Jehan Roussanes, bourgeois de la ville de Nérac, décéda le dimencheau soir xxix« Mars 1609.
Mathieu Bassilhon,^ portier de la porte de Condom, décéda le dimenche v Apvril 1609.
Bernard Mohné,^ marchand, décéda le mardy, xiiii» Apvril 1609.
Le Cappw Bertrand Mazellières arriva de la Cour, en la ville de Nérac, le sapmedy ii« Mars 1609. Il coureut en bruict, environ quinze jours devant son arrivée, qu'il s'estoit rétracté et qu'on l'avoit veu aller à la messe, à Paris, ainsin que plusieurs Tavoint escript. Toutesfois, le dit sieur de Mazellières alla, le lendemain de son arrivée, au presche, au grand estonnement de plusieurs qui s'attendoient à le voir aller à la messe.
Les Clercs de M" de la Cour et Chambre establie à Nérac, donnarent un may à Mons' Le Prézident Lalanne, au Chasteau du Roy, le dimenche iii* Mai 1609, le quel ils plantarent, après disner, avec les armes, en forme de compagnie, avec l'enseigne desployée et taVn-
' Avocat inscrit au Livre des tailles de 1624. — P. Marcadieu, il paraît être le fds de Jehan Parrabère , marchand déjà cité. = Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Condom. ^ V. une note sur Jehan Roussannes.
* Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Condom.
* Marchand établi à Tauziette, dépendant du P. de Marcadieu, ainsi qu'il résulte de son inscription au Livre des tailles de 1599.
bours battants. Ils étoient au nombre de cinquante cinq en tout, compriiis les chefs et soldats.
Jehanne Labesne , femme de Jehan Dulavay, filz à feu Georges , décéda le ix« May 1(309.
Un moyne de l'ordre de S* François, estant venu d'Espagne en la ville de Nérac pour se mettre de la Religion Reffurmée, lit une peublique abjuration de la Religion Romaine et de tous les abus d'icelle en général et particulier, le dimenche matin, xvii« May 1609, à l'issue du presclie, Mous"" de Masparraute, pasteur de la dite église estant en sepmaine. Le dit sieur Moyne avoit son habit vestu, le quel il quitta dans le temple, en présence de toute l'assemblée.
Le dit jour xvii® May 1609, j'envoyai Pierre de Pérès, mon filz, a Bourdeaux, pour le mettre chez Monsieur de Moncourria, procureur en la Cour, l'y ayant fait conduire par M^ Jean Nagoua , mon beau-filz.
Le Capp°^ Calais, garde des parcs de Durance,^ décéda, à la Tour d'Avance,2 près le dit lieu, où il se tenoit, le xvie May 1609.
Jehan Jeoffre,^ décéda le xxiiii^ May 1609.
Catherine Boge, autrement appelée la grande pastissière , décéda à son logis appelle le Chapeau-Rouge , le mercredy iii« Juin 1609, et, le lendemain , fut enterrée avec les honneurs accoustumés à ceux de l'Eglise Romaine.
Mons"^ le Président Lalanne estant au service de la Chambre , h Nérac, ayant sceu que Mons'' le Mareschal d'Ornano , qui estoit à
* Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Houeillés, à 17 kilomètres de Nérac, à 43 kilomètres d'Agen. Voir sur Diirance le Dictionnaire si souvent cité de M. J.-F. Samazeuilh, p. 140-155.
- Voir sur ce monument M. J.-F. Samazeuilh 6* Lugue intitulée la Tour d'Avance (1856) ; la Guirlande des Marguerites, p. 257, sonnet de M. Emile Pouvillon ; la Légende du jeune Henri de Navarre dans une bastide d'Albret en i572, Agen, 1879, etc.
3 Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux*
Bourdeaux , s'en voiiloit aller trouver le Roy, h Paris ,* il partit de ceste ville pour luy aller dire adieu, le vcndrcdy boa malin, 6Muin 1609. Deux des Consuls de la ville furent avec luy, pour aller dire adieu au dit Mareschal. Il fut de retour le mardy au soir ensuyvant ix" du dit mois, 2 et les dits Consulz , le lendemain. G'estoit Imbert Venier, premier Consul, et Arnaud Latané, troisième.
Le lundy, xv« Juin 1609 , fut faict le plaidé de M" les Consulz de Nérac , contre M" les auditeurs de la Chambre des Comptes du dit Nérac , les quelz sieurs auditeurs ayant obtenu du Consistoire de faire construire un banc eslevé dans le temple de la dite ville, les ditz Consulz s'y seroit opposés et donné requête afin qu'inhébitions leur fussent faites, laquelle auroit été plaidée, le dit jour que dessus, par Clozanges, advocat des dits sieurs Consulz, et Mailles pour la dite Chambre des Comptes. Après avoir ouy de Tannierre , substitué de M^' les gens du Roy,^ il fut dit qu'avant faire droit diffinitivement,
* Jean Damai [Supplément, p. 133) parle ainsi de ce départ du maréchal pour Paris où il allait mourir; « Il estoit chery, loué, et honoré de tous les habitans, comme le vrai père de la patrie. Enfin ayant prins résolution de s'en aller trouver le Roy avec la licence et congé de Sa Majesté, qu'il avoit requis et demandé , désirant avant mourir, disoit ce bon seigneur, voir, et faire la reverance à Monseigneur le Dauphin, la naissance duquel il avoit tant souhaitée, il print, avant partir, congé de Messieurs du Parlement et de Messieurs de Jurais, estant entré dans l'Hostel de Ville, où il y avoit grande troupe de notables Bourgeois. Il dit à tous un si beau et honorable à Dieu, qu'il excita les larmes de plusieurs. »
- On ne saurait trop s'étonner de la rapidité relative des voyages à cette époque. Si le prudent Lalanne partit pour Bordeaux le vendredi 6 juin et fut de retour le 9 même mois , c'est le lundi et non le mardi, comme le dit la chronique, qu'il arriva dans cette ville. Or, quatre jours pour aller à cheval de Nérac à Bordeaux et en revenir, séjour compris, ce n'était certes pas perdre son temps.
3 Faisant les fonctions de Ministère public. « Les gens du Roy sont MM. les avocats généraux et les avocats et les procureurs du Roy ainsi nommés parce que la fonction principale de leur charge est de soutenir les affaires ou le Roy a intérêt. (V. Introduction à la pratique^ p. 254.)
les dits sieurs auditeurs communiqueroint quelques provisions qu*il a esgarées en plaidant, lesquelles les dits Consulz n'auoint peu voir, et, ce faict , et le tout communiqué à M*"' les gens du Roy, estre ordonné ce qu'il appartiendra. Mons' Dubernet , cous*'' du Roy, fut rapporteur lequel, toutes-fois, ne rapporta le procès de la séance.
Le mardy viiie Juillet, arrivarent en ceste ville, trois ou quatre hommes qui menoient un tigre et un aigle par le pays, pour les faire voir. Ils se logèrent dans le Chasteau où l'on paioit un sol par personne pour les voir. Le dit tigre estoit de la grandeur d'un loup et de mesme poil , marqueté fort menu de petites taches noires par tout le corps : la queue fort grosse et longue ; la jambe aussy, à l'équipolent. 11 avoit la patte comme un chat, excepté qu'elle estoit plus grosse. Pour la teste, elle estoit hideuse, ressemblant aussy à la teste d'un chat, avec un peu de moustaches-; les dents et grand crochetz assez gros et non trop longs. G'estoit un maie bien nourry et tenu fort gras. On le portoit dans un coffre, sur une charrette traînée par un cheval. L'aigle estoit fort noir de plumage et non plus grand en tout comme une oye. Ils ne demeurarent que deux jours dans la dite ville.
Le vendredy x® Juillet 1600, Mons^ Renard, maîstre des requestes du Roy, assisté d'un Substitué de Mons' Le Procureur Général du Roy au Parlement de Paris, et d'autres commis, estant venu pour fère les affermes de l'ancien domaine du Roy Henry à la Couronne de France, par Mons' de Moisset, fermier général du dit domaine, commença de fère la visite dans le Chasteau de Nérac. Ayant suyvy toutes les chambres d'icelluy avec le commis, fit dresser procès-verbal* de
* Il serait à désirer que ce procès-verbal pût se retrouver. Il nous donnerait peut-être quelques renseignements sur les archives du château , qui étaient conservées dans la partie encore debout et y seraient encore si elles n'avaient malheureusement pas été brûlées sous la Révolution. N'était-ce pas assez de l'incendie de l'hôtel de ville que le chroniqueur va bientôt nous raconter? Toutefois, nous ne voulons pas perdre encore tout espoir de retrouver ces trésors et nous sommes autorisés à penser qu'un inventaire de ces archives existe encore aujourd'hui, par les lignes suivantes auxquelles on ne saurait donner trop de publicité et que nous
Testât auquel le dit Chasteau fut trouve, pour le laisser de mesmc à la fin des neuf années de ralîerme du dit sieur de Moisset. Il continua ainsin, tout le lendemain, jour de sapmedi xi«.
Jehanne vefve a feu Anlhoine Lignac,* tailleur, décéda le xx' Juillet 1G09.
Audette Geneste, fille de Mons' Imbert, décéda le dit jour, xx« Juillet 1609.
Le veiidredy xiv® Aoust 1G09, environ l'heure de midy, la maison d'Annou Costas*^ se brusla entièrement, au carrérot^ appelé de Benjaut, quelle diligence qu'on y peut apporter. Tout le peublic de Ja ville y accourent, ayant faict sonner toutes les cloches. 11 n'y eut moyen d'empescher que tous les licts et meubles de la maison ne fussent bruslés. Il se brusla aussy dans ycelle un courtaud * i\ Ysaac Dufort, et, en estaignont le dit feu, les maisons circonvoisines furent fort endomagées.
M. Estienne Dutoya^ décéda le ix« Aoust 1609.
Madame Daubage, estant à la poursuitte de quelques siens procès, décéda en la ville de Nérac , au logis de Jacques Lormier,^ marchand, le dimenche malin, xiii® Aoust 1609. Le lendemain, on en-
extrayons d'un manuscrit de 1783 déjà cité sur la sénéchaussée de Nérac: « C'est au chasteau et dans l'appartement des Archives que sont les titres du Duché d'Albret et du bas Comté d'Armagnac. J'en ai fait la visite %t je les ai trouvés en bon ordre. Feu M. Bartouiih les a rassemblés avec un soin infini, il en a fait un inventaire dont le sieur Bartouiih de Taillac son fils et son successeur dans l'employ de garde des Archives a fait faire une copie qu'il m'a chargé de remettre à S. A. •» — Où est cette copie ? Les héritiers du duc de Bouillon pourront seules répondre à cette question.
* Tailleur inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
* Lattier, inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
* Petite rue. Le mot s'est conservé dans le patois de l'Agenais.
* Cheval de Lrait aux oreilles et à la queue coupées. On s'en servait pour l'artillerie — « Son artillerie estoit de six courtauds et deux couleuvrines, » dit Agrippa d'Aubigné.
* Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. du Pont.
€ Marchand inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Marcadieu.
terra ses intestins, et, le mardy suyvant on emporta son corps en son pais.
Le lundy xxiiii® Aoust 1609, le logis de Mons'^ de Bacalan fut pillée au quel on prinst une liasse * ou estoint les joyaux de Madamoiselle, sa femme. Il y eust uu jeune homme qui fut accusé du dit larracin et mis prisonnier, lequel , par arrest donné en la Cour et Chambre de l'Esdict , fut condamné aux galères. Après luy avoir donné la question^ laquelle il soutint jusques sur la fin , il confessa le dit larracin.
Madame la Présidente de Lalanne s'en alla de ceste ville à Bourdeaux, le mardi xxv Aoust 1609. Elle alla coucher au Paravis pour se mettre, le lendemain, par eau. Madame la comtesse de Guiche, Madame de Lauzun, Madame de Bénac furent l'accompagner ensemble. Plusieurs de M" les Conseillers , tant catholiques que de ceux de la Religion, allèrent aussy avec eux. M""' les Consulz et bon nombre d'habitans furent aussy de la partie.
Claude Quantin ,2 M® tailleur , décéda , le mardy au soir , xxv®
Aoust 1609.
La femme de DusouKer , huissier , servant en la chambre , décéda le xxvii® Aoust 1609.
Jehanne Larrivet , fille de Gaixiot ,^ décéda à la metterie de son frère Daniel 5^ à Montgaillard ^ le xxvi« Septembre 1609, et fut en-
* Augmentatif de liette ou layette, coffre plat recouvert d'étoffe où l'on mettait les bijoux. (V. Inventaire sommaire des meubles du château de Nérac publié par M. T. de Larroque, p. 16.)
' Marchand tailleur inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
^ Gaixiot Larrivet apothicaire inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Marcadieu.
* Daniel Larrivet marchand inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Marcadieu.
* Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Lavardac, à 5 kilomètres de Lavardac, à 12 de Nérac, à 33 d'Agen. (Voir sur Montgaillard la Monograpfiie du canton de Lavardac, de M. J.-D. Truaut, et le Dictionnaire de M. J,-F. Samazeuilh.)
terrée au cementière de ceux de la Relligion Refîormée , le lendemain xvii®, où son dit frère Daniel la fit porter.
Le sapmedy iii® Octobre 1609, les enfans de Mons' et Madame Despagiict, en nombre de cinq, arrivarent en ceste ville de Ncrac, avec leurs meubles, ayant laissé la dite dame à Bourdeaiix, et le dit sieur Despagnet, estant ii Bayonne, travaillant comme commissaire ù fère le procès à un grand nombre de sorciers.*
Guilhaton décéda le vii° Octobre 1609, à son retour de Toulouze.
Le dimenche matin, premier jour du mois de Novambre 1609, M"^ Ezéchiel Mermet, Ministre de la parolle de Dieu estant en chaire, avant de commencer le presche, fit entendre au peuple comme au dernier Sinode il avoit esté arresté de peublier un jeune général par toutes les Eglizes Refformées du Royaume de France, qui seroit célébré le judy ensuyvant, cinquiesme du dict mois de Nouambre, les exhortant à se préparer dignement et faire cesser tout travailh tant en la ville que juridiction. Il fit entendre que la publication du dit jeusne se faisoit à cause des grandes meschancetés, dissolutions, tromperies, desloyautés, et autres infinies offenses que nous commettons tous les jours contre la Majté divine; qu'à cette occasion, il estoit à craindre le courroux et indignation divine, sy on n'alloit comme audevant pour prévenir son yre, par les dites prières et oraisons qui estoit le seul moyen propre pour luy faire tomber les verges des mains et beaucoup d'autres paroUes que le dit sieur Mermet anonça sur la chaire tendant à mesme fin.
Mons"" Le Grand ^ venant de la Cour, s'en allant trouver Mons' de
* Pierre de Lancre dit avec un vif regret, en tête de son Tableau de l'Inconstance des mauvais anges : « La commission adressée au sieur président d'Espaignet, conseiller du Roy en son Conseil d'Estat et à moy, vérifiée en la Cour, nous y avons vaqué seulement quatre mois, parce qu'il faloit de toute nécessité que ledit sieur président allast servir le Roy en la Chambre de Guyenne, estabhe à Nérac. »
- C'est-à-dire le grand écuyer de France, Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, né en \o&t, mort en 1646. Antoine Arnaud de Pardaillan avait épousé, en secondes noces, Paule de Saint-Lary.
Montespan, son beau frère, à Gondrin * pour baptizer un sien filz, passa et arriva en ceste ville, le mercrecly ausoiriiije Novambre 1609. Entre six et sept heures du soir. Mess" les Consulz qui estoint M^'Yenier, Jehan Roy, Arnaud Latané, et Pierre Alespée, accompagnés d*un bon nombre d'habitans, fiireut le recepvoir à la porte de Fontindère, du costé de dehors. Il logea au logis du S^' Dubrouilh,^ et. le lendemain, s'en alla, après disner, fort contant du bon accueilli qu'il avoitreçu en la dite ville. Les dits Consulz avoint leur chaperon, l'orsqu'ilz le saluarent.
Harangue faite par Mons' Venier, consul, à Mons^' Le Grand, à son arrivée à Nérac.
« Monseigneur, Ceste ville de Nérac qui est maintenant privée de « la présence de nostre Roy dont elle estoit honnorée par sa fré- € quente demeure, avant son avènement à la couronne, reçoit, ce « jour-d'huy, un très grand contentement et honneur d"y voir, en « vostre personne, un rayon de Sa Maj*é. Nous savons, Monseigneur, « le rang et les chargues honnorables qix vous avez en sa maison « et au Royaume, et la fidellité des signalés services par vous faicts « à ceste couronne et comme vous les contiiiuez en.core, immitant en « cela et en autres choses, ces grands personnages, vos anccstres « d'heureuse mémoire, les Mareschaux de Termes^ etdeBellegarde,^
* Gondrin est une commune du département du Gers, arrondissement de Condom, canton de Montréal, à 15 kilomètres de Gondom^ à 4G kilomètres d'Auch.
* Les Dubrouilh sont nombreux au quartier dû P. du Pont, c'est-à-dire an Petit-Nérac. Le logis indiqué paraît être la maison près du pont connue aujourd'hui sous le nom d'Hôtel Sully et qui porte, gravé au mur de ses cheminées le nom de Dubrouilh. C'était alors une des plus belles maisons de la ville. (V. Guirlande des Marguerites, Hôtel Sully, p. 109.)
' Paule de la Barthe, seigneur de Termes, né dans le Gonserans, à la fin xve siècle, maréchal de France en 1557, mourut à Paris, le G mai ir)G2. Voir sur ce grand homme de guerre le Moulue de M. de Ruble (L. I, p. 164) et le Brantôme de M. Lud. Lalanne (t. IV, p. 1). Voir diverses autres indications dans la Revue de Gascogne (t. XII, 1871, p. 224-225).
* Roger de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, neveu du maréchal de Termes, devint maréchal de France, le 6 septembre J574, et mourut en
« desquels la renommée et réputation de leurs liautz faitz d'armes et « grande sagesse est immortelle, et comme telle, croistet aug-mentc « tous les jours en vosire famille, par une grande valleur milllttcre. « Vous et nous, Monseigneur, avons une occasion particulière de « rendre grâces et louanges à Dieu de ce qu'il Iny a pieu choisir ce « pays de Gascogne pour y faire naistre et atircr de sy grandz et « excellans personnages, et s'en servyr pour la conscrvalioude cest « estât, au premier rang des quelz, nous pouvons mettre nostre Roy « après* régnant, auquel Dieu veuille continuer ses dons et grâces et « le tenir avec sa famille royaliesoubz sa protection et sauvegarde!... « Nous vous supplions prendre en bonne part et avoir pour agréa- « ble nostre salutation et nous excuzer sy ne vous rendons tout « l'honneur qui vous appartient, vous priant de croire que, de tout « notre cœur et de bonne affection, nous serons toujours prests et « disposés de vous servir et obéyr en tout ce qu'il vous plaira nous « commander. »
Le Judy v* Novambre 1609, fut célébré le jeusne en la ville de Nérac et par toutes les églises de France. Il y avoit une très belle assemblée. Le matin, ii vii heures, il y eut prières qui furent dites par Mons' de Masparraute, ayant chanter le psaume cxxx^ qui commence : «Du fond de ma prison; » à neuf heures, presche qui fut dit par Mons^ de Mermet ayant fait chanter la pause du pseaume Lvi qui commence : « On a monté dessus nos testes. » A onze heures, autres prières dites par Mons' de Mermet ayant fait chanter la première partie du pseaume xxxiie qui commence : « 0 byen heureux celuy dont la condense. » Et, à une heure, après midy, encore presche qui fut dit par Mons^ de Masparraute, ayant fait chanter la pause du pseaume Li* qui commence : « Tu as eu Toeuil apposé sur mes forfaitz, » et ce fut la fin de l'action. Mons""- de Lanusse, ministre de la dite église
1579. On trouvera les détails les plus abondants et les plus exacts sur la vie du héros Gascon dans le Mémoire historique et critique sur les principales circonstances de la vie de Roger de Saint-Lary, de Bellegarde, maréchal de France par le savant académicien Fr. Secousse (Paris, 1764, in-12).
estoit allé servir les églizes d'Espiens* et de Calignac' qui célébroit aussy le dit jeusne. Toutes choses se passèrent avec un beau jour et sans aucun désordre.
Mons' Le Président d'Espagnet arriva en ceste ville, pour le service de la Chambre, le mardy x Novambre 1609. Mess" les Consulz furent jusqu'à Barbaste pour le recepvoir, accompagnés de plusieurs habitans. Les dits sieurs Conslàlz estoint M*" Imbert Venyer, premier consul, Jehan Roy, Arnaud Latané et Pierre Alespée. Et, à la salutation qui luy fut faite au dit Barbaste, le dit sieur de Venyer, premier Consul, lui fit ceste harangue : « Monseigneur, nous ne voulons pas € entreprendre de vous faire un long discours et prescher vos louan- « ges, d'autant plus que nostre capacité est trop foible, laissant cella « aux gens doctes qui n'auroit que trop de subjet pour en parler. « Nous venons icy seulement, pour vous rendre l'honneur qui vous < appartient, en ce qu'il nous est possible, et pour vous tesmoigner € Taize et le contentement que tous les habitans de nostre ville ont « de vous revoir. C'est surtout nous, les Consulz d'icelle, qui sommes € particulièrement en possession de faire savoir h vous et h tout « vostre corps, dézirant y estre maintenus, réputantà grand honneur « d'y estre employés. Nous avons eu bien et honneur, déjà, Monsei- « gneur, d'avoir expérimenté vos dispositions paisibles, plaines de « prudence et de justice en l'exercice de vostre honorable charge et a ailleurs, qui nous fait espérer, moyennant la grâce de Dieu et « vostre bonne conduite, que toutes choses iront de mieux en mieux. « Ce, pendant, Monseigneur, nous tascherons de tout nostre pouvoir « à vous rendre le service particulier qui vous est deub, et, à vous « obéyr, en tout ce qu'il vous plaira nous commander. »
Le dit sieur Despagnet fit l'ouverture du palais de la Cour et Chambre de Nérac, le jeudy 12 Novambre 1G09 , ayant faict une
' Renvoi à une note précédente. Le savant auteur de l'Histoire du diocèse d'Agen, l'abbé Barrère possède un très beau dessin du village d'Espiens avant la démolition complète du château bâti par les Anglais.
- Calignac est une commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement et canton de Nérac, à 7 kilomètres de cette ville, à 20 kilomètres d'Agen.
harangue qui dura environ deux heures, et après, selon la coustume, fut preste le serment par les advocats et procureurs. M'' les Consulz y assislarent aussy, auec leurs robes consulaires , ayant un banc à part, couvert d'un tapis bleu garny de fleurs de lys. Les Cons'^ catholiques qui furent députes pour servir la dite année auec le dit sieur Despagnet, estoint M" de Mérignac.
Marie de Lafore, fille d'Annon, ma filleule , fiança M' Joseph de Brizac, advocat,* fils de Colin,^ le dimenche xxix® Novambre 1609.
Mons' de Masparraute, ministre de l'église de Nérac, preschaiit le dimenche matin, xx® Décembre 1609 , comme il eust achevé son presche et le peuple voulant sortir, il pria toute l'assemblée de ne bouger et d'entendre ce qu'il avoit a leur propozer : ce qu'ayant esté faict, il fit savoir comme il avoist esté avisé de fer un prezche extraordinaire au vendredy prochain ensuyvant, jour de Noël, xxv« Novambre, au dit an, afin d'exercer le peuble à l'ouye de la parolle de Dieu. Il y en eut qui le trouvèrent mauvais à cause qu'on ne l'a voit jamais faict. Les autres, au contraire, approuvarent la dite résolution, laquelle fut exécutée, et le dit sieur de Masparraute , estant en sepmaine , prescha le dit jour de vendredy, suyvant son texte ordinaire. Il y eut une belle assemblée, et (comme), si c'eust été un jour de dimenche.
Le .sieur Henriqués, natif d'Espagne, estant retiré au pays de Béarn où il demeura quelque temps , finallement ayant cogneu la vérité de la Relligion Réformée, il fitpeublique protestation, et, après, il se retira en la ville de Nérac oii ayant demeuré un an et davantage, il fit plusieurs propositions dans le Temple et fut jugé qu'il seroit propre pour estre Ministre, à quoy il désiroil aussy parvenir, si bien qu'il y eut plusieurs habitans de la dite ville qui luy firent prendre réso-
' M. Joseph Brisac, procureur domanial de la Chambre des Comptes de ladite ville, inscrit au livre des tailles de 1624. — P. de Fontindèrc.
■ Père de Joseph et inscrit au livre des tailles et aussi au rôle des impositions protestantes. Il possédait des bordes ou métairies à Jean de Monet, à Labordette, à Gaubilhane. (V. sur Brisac une note précédente.)
liition de parvenir au S* Ministère ; et, ù ces fins, les Ministres du Colloque furent priés de s'assembler au dit rsérac pour procéder à sa réception, ce qui fut faict par deux ou trois fois. Mais, Mons' EzéchielMermet, Ministre de ladite église, faisoittous les empeschements quy luy estoit possibles pour empescher la dite réception. Enfin, s'estant encore assemblés en la chambre du Consistoire, dans le Temple de la dite ville, aucuns Ministres, Anciens, Consulz, et plusieurs Juratz, il fut arresté qu'on procèderoit à l'examen du dit sieur Henriquès, et, en cas qu'il seroit trouvé capable, qu'on procèderoit à sa réception et imposition des mains. C'estoit le vendredy xxix' Janvier 1010; ce qu'ayant entendu le dit M'" Ezéchiel Mermet, il se leva de son siège et protesta contre toute l'assemblée, disant qu'il n'estoit nullement de cest avis, que ceux qui estoient là présents n'estoint suffisantz pour recepvoir un pasteur qui avoit esté moine (comme) le dit sieur Henriquès ; ains que ce de voit estre en un Sinode, et plusieurs autres raisons qu'il allégua pour empescher qu'il ne fut receu, et demandoit qu'on luy retint acte de son dire. Mais, lui ayant esté remonstré qu'il ny aurroit aucun notaire présent pour escrire toutes ses protestations, il sortit tout en colère, et, pendant qu'on faisoit des interrogatoires en latin au dit sieur Henriquès h savoir Mons'^ de Lafrenaye, Ministre de Montréal * et de Yic,^ le dit sieur de Mermet arriva avec notaire et quelques tesmoings. Mais, ayant trouvé le portai du dit temple fermé, il donna plusieurs g'rands coups de piedz contre le dit portai : mais, il ne lui fut point ouvert. Après que le dit sieur Lafrenaye eust fait plusieurs demandes en théologie au dit sieur Henriquès, Mess''^ de Masparraute et de Lanusse luy en firent aussi plusieurs, à quoy ayant esté respondu pertinemment, ils le jugèrent capable de pouvoir estre reçu et luy fut dit qu'avant procéder à l'imposition des mains, qu'il feroit quatre propositions aux deux
' Chef-lieu de canton du département du Gers, arrondissement de Condom, à quinze kilomètres de cette ville, à cinquante-trois kilomètres d'Auch.
- Vic-Fezensac, chef lieu de canton du département du Gers, arrondissement d'Auch, à vingt-huit kilomètres de cette ville.
sepmaines suivantes à savoir : le luiidy et le vendredy de chacusne des dites sepmaines, et que, le dimenche après, il seroitreçu et qu'on luy imposeroit les mains. Et suyvant cette délibération, le dit sieur de Masparrautc preschant le dimenche ensuivant, dernier du dit mois de janvier 1610, fit entendre à la fin de son preschela délibération qui avoit esté prise touchant le dit sieur Henriquès et les propositions qu'on luy avoit ordonné faire avant son imposition des mains, priant tout le public de si vouloir trouver, ce qui donna occasion à plusieurs qui ne portaient aucune bonne affection au dit Henriquez, de moyenner qu'aucuns des habitans ne consentissent à sa dite réception, et, pour ce faire, firent signer plusieurs des dits habitans au pied d'un acte qui portoit opposition. Et, noti contans de cela, donnèrent req*®cn la Cour et Chambre, le mercredy iii° febvrier au dit an IGIO, pour régler le consistoire et ses délibérations, chose qui fut trouvée fort estrange d'attribuer la cognoissance des affaires éclésiastiques aux juges qui estoit catholiques. Mais, la passion cstoit si grande qu'elle mit en division les uns contre les autres. Surquoy, le dit M'^ Ezéchiel Mermet, voyant qu'il ne pouvoit venir i\ bout de ses dessains, partit de Nérac, le lundy premier de febvrier au dit an 1610, et alla quérir les Ministres de Thounenx, Clairac, Laprade,* Puhx, Monheurt et Lavardac, avec leurs anciens, les quelz arrivèrent audit Nérac, le iiii® du dit mois de febvrier. Et, incontinant après leur arrivée, allèrent trouver le dit sieur Henriquès au quel ils défendirent la chaire pour lendemain qu'il devoit fère sa proposition. Ce qu'estant sceu par les consulz, ils prièrent le dit sieur Henriquez , d'avoir le courage de se tenir prezt, sans s'arrester à la dite détfense. Et de fait, que la cloche sonna, comme auparavant, à l'heure de huict heures, sur laquelle heure, les dits Ministres s'assemblèrent au logis de Monsieur de Vacquier, où, incontinent, les dits Consulz allèrent les trouver pour réprouver leur assemblée comme illicite et
' La Parade, commune da département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Marmande, canton de Gastelmoron, à cinq kilomètre de cette ville, à treute-sep kilomètres d'Agen.
tumultueuse, convoquée à la sollicitation du dit Mermet, laquelle tendait plus à esmeutes que non pas à la paix du peuble, protestèrent de nullité en toutes leurs délibérations et d'en advertir le Roy. Dequoy fut retenu acte par Durant,* notaire du dit Nérac, après la lecture duquel, ils demandèrent qu'on leur fit place pour délibérer et faire leur response, ce qui fut fait, les ayant exhortés à bien penser ce qu'ils avoit h répondre. Au partir de la quelle protestation, les dits sieurs Consulz allèrent i\ la proposition du dit Henriquez et, par après, quelqu'uns de Mess" les Conseillers firent trouver bon au Consistoire de Nérac de confier aux dits Ministres venus des autres églizes, pour tacher de moyenner quelque bon accord. Du quel, n'eztant peu demeurer d'accord, yceux Ministres s'en allèrent deux jours après leur arrivée, et voyant qu'ils n avoient peu obtenir du dit Consistoire de Nérac, que la réception du dit sieur Henriquez seroit différée, ilz suscitarent M'' Samuel Paullac, Procureur du Roy, au siège de Nérac, de bailler req*^ en la Cour pour obtenir des inhibitions,'sur la quelle il y eut arrest, le mercredy x" Febvrier 1610, ayant l'advocat du dit Paullac plaidé, celiuy du Consistoire et cellui des Consulz. Enfin, par le dit arrest fut dit, que certain arrest allégué et procès-verbal seroit remis pardevant Mess" les gens du Roy, et, pour le regard du quatrième Ministre, demandé par les Consulz que les parties estoint renvoyées pardevant le Roy et, cependant, inhibitions et deffences aux Ministres de Nérac de procéder à la réception et imposition de mains du dit sieur Henriquès, ensemble aux Consulz de la dite ville, d'en faire aucune poursuitte à peyne de nullité et cassation de Tezlection et de tous despans, dommages et intérests. Les dits sieurs Consulz estoint : M' Jacques de Larufie, Ysaac de Pérès, Jehan Leprince et Pierre Barus.^
Charlotte Régutier, vefve de feu Arnaud Dubuc,^ décéda le ix® Febvrier 1610.
' Inscrit au Livre des tailles de 1592. — Portai du Marcadieu. - Inscrit au Livre des tailles de 1599. — Portai de Fontindère. ^ Inscrit au Livre des tailles de 1599. — Portai de Fontindère.
Anne de Lafore, femme de Jelian Maubin, lailleiir, décéda le dimenche an soir, xiiii" Fébvrier 1610, ayant esté frapée d'une paralisie, le mercredy auparavent.
M' Géofroy Miniteoux,* médecin en la ville de Nérac, décéda le dimencheau malin, xxi* Fébvrier 1610.
Jehan Péribère ' Capp^% fils de Guilhem, du Petit INérac, décéda le mardi xxiii^ Fébvrier 1610.
M' Daniel Dutour partit de cette ville, pour aller en Cour, soliciter certaines affaires que la ville y avoit. le vendredy matin, v® mars 1610. Il arriva le Dimenche xv Aoûst, au dit an.
Le filz du Gapp'^" Bertrand Mazellières fit battre le tambour par la ville de Nérac le Lundy xv« Mars 1610, ayant commission du Roy Henry iiii« de fère une levée de ii^ hommes. 11 y eut aussi d'autres Capp°" qui eurent semblables commissions pour dresser leurs compagnies en Bourdellois, Bazadois, Albrct, Armagnac, Condomois, Périgord, et Quercy, avec charge aux dits Capp"®» que, ayant leurs compagnies complètes, se randent à Chalons où le rendez-vous de l'armée du Roy est donné c^ toutes les troupes. Les gens de paix furent estonnés d'ouyr la batterie du dit tambour, personne ne pouvant savoir à quelles fins Sa Majesté dressoit la dite armée. ^ Le Capp"^ Bertrand Mazellières estant arrivé de la Cour, continua à fère battre le tambour, et après avoir dressé sa compag-nie, il partit de Nérac, le Judy matin, premier jour du mois d'Apvril, pour s'en aller h Tonnenx, oij ilz demeurèrent quelques jours, attendant les ordres du Roy.*
Ysaac Milhau ,^ March. de Nérac, décéda le Judy xxii« Apvril 1610.
' Médecin inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. du Marcadieu. ' Fils de Guilhem Perribère, propriétaire de Larouillère et habitant le Portai du Pont.
• Henri IV, qui n'avait plus à ce moment que quelques jours à vivre, préparait son expédition contre l'Autriche.
• Ordres qui, suspendus par la mort, n'arrivèrent jamais.
• Isaac Milhau, marchand, inscrit au Livre des tailles de 1599. — Portai de Bourdeaux.
Les clerz de Mess'^ les Cons^" aduocatz et procureurs de la Cour, donnarent un may à Mons^' le Président Despagnet, le Dimenche, second du mois de May IGIO, qui fut planté dans la chapelle du Chasteau.* Hz étoient environ soixante, fort lestem» habillés. Après avoir planté le dit may, le dit sieur Prézident les fit tirer au prix, dans la grande allée des Ormeaux,^ à la Garenne, et leur donna une ceinture, et pendantz couverts de soye en broderies, qui fut fut gagné par le jeune Bonafons. Le jour auparavant, ilz étaient allés aussi tirer pour une escharpe que les Capp°*' donnèrent, à l'allée de haut, sous le couvert de la dite Garenne, ^ oii estoit le dit sieur Prézident et plusieurs de Mess""' les Cons^^^ Ils avoient pour Commandant le Clerc de Mons' de Calmel,'' appelé Sénigon ; pour Sergent Major, le Clerc de Mons^'de Peyruqueau appelé Labat,^ pour Capp" en chef, le Clerc de Mons' Courrand, procureur, nommé Sillègue; pour Lieutenant, le clerc de Mons"" Pierre Martinia, nomé Duvignal, et pour enseigne, le clerc de Mons'' de Roussannes, appelé Degrot.* Trois ou quatre jours avant poser le dit may, ils firent plusieurs réunions par la ville où se tira une infinité d'arquebuzades. Il fut jugé par tous ceux de la ville qu'aux autres mays qui avoist été donnés aux autres Prezidents, les dits Clers n'avoint pas été si braves.
M' Thobie de Brassay, secrétaire de la chancelerie en la cour de parlement obtent arrest le Judy xxix» May 1610, pour s'assoir au banc
' Probablement la chapelle de la Reine Marguerite, qui s'élevait à la Garenne à côté de la fontaine Saint- Jean. — V. Guirlande des Marguerites, page 135.
* L'allée actuelle. — V. Guirlande des Marguerites, pages 15, 85, 92, 95, 111, 135, 155.
^ Allée détruite. — V. Guirlande des Marguerites, mêmes pages.
* Conseiller du Roy au Parlement de Bordeaux en mission auprès de la chambre de l'Edit de Nérac.
• Fils de Pierre Labat, marchand, inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
• Fils de Ramon Dugrot, habitant la paroisse d'Argentenx.
de Mess'» de la Cour, au temple de ceste ville, et commença d'entrer en possession, le Dimenche matin, second de May.
La femme de Ramond Grilhs,* décéda le v« May 1610.
La nouvelle de la mort du Roy Henry iiii^, arriva en la ville de Nérac. le Mercrcdy 19» May 1610,^ au grand étonnement de tous les habiLans, qui fut cause que, pour la conservation de la ville, par l'avis de Mess's de la Cour et Chambre. On fit garde la nuict suyvante soubz la balle, et le lendemain, on annonça d'aller aux tours de la ville,
pour y fère corps-de-garde, ayant esté les ezcouades de
pour se fère.
Le Sapmedy en suyuiant, xxii* May 1610, on mit une sentinelle au clocher ^ pour prendre garde sur les environs de la ville afin de sonner l'alarme en cas qu'il vid arriver aucunes troupes de chevaux.
Monsieur de La Force,'' passa en ceste ville venant de la Cour, pour s'en aller en Béarn, le Mardy xxv« May 1610. Incontinans après son arrivée il alla trouver Mess'* les Prézidens, et Cons®'^% dans la
' Marchand, inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. de Condom.
' Henri IV ayant été assassiné le 14 mai, entre quatre et cinq heures du soir, il avait donc fallu cinq jours à la sinistre nouvelle pour arriver dans la ville où le bon roi avait passé une si grande partie de sa jeunesse.
^ Le clocher de Saint-Nicolas qui menaçait ruine. Quand, en 1600, la messe fut rétablie à Nérac, ce fut sous la voûte du clocher de Saint-Nicolas que se fit la cérémonie. Ce clocher s'écroula vers 16-47. — V. Monographie de la ville de Nérac, Samazeuilh, p. 192 et 93. Il n3 faut pas oublier cependant que le temple avait aussi un clocher. C'était la tour que nous avons vu bâtir par Thibaut Champagne.
* On sait que le duc de la Force était un des seigneurs qui accompagnaient Henri IV dans sa fatale promenade du Louvre à l'Arsenal (Mémoires, t. 1, p. 222). On lit dans les mômes mémoires (t. II, p. 3-4) : « Le sieur de La Force partit sur les huit heures du soir, le même jour de la mort du Roi, avec commission de voiries principales villes de la Guyenne, surtout celles qui étaient entre les mains de ceux de la Religion... » Et, dans une lettre que La Force, avant de quitter Paris, adresse à M^e de La Force (Ibid., p. 272), on lit encore : « La Reine m'a commandé de passer à Bergerac et à Nérac. »
chambre de Mons' le Préziden Despagnet où ils furent assemblés pour leur fère entendre quelque créance qu'il avoit de la part de la Royne. Il disna chai Mons'" Jacques Larufie où les Consulz le furent saluer avec leurs livrées. C'étoit le dit Larufie, Pérès.* le Prince, Barus.
Monsieur de Roquelaure,^ Lieutenant pour le Roy en Guyenne, venant de la Cour, arriva en la ville de Bourdeaux, le lundy vii' Juin 1610, où Mess^^ de la ville lui firent une fort belle entrée.
Son arrivée ayant esté seue, il y eut grand nombre de noblesse qui furent le saluer au dit Bourdeaux, comme pareillement, les Consulz de plusieurs villes de son g-ouvernement. La ville de Nérac envoya de sa part un Consul et deux Juratz pour luy aller fère la révérence. Le dit Consul estoit moy; les Sieurs Dupleix et de Roussannes, Juratz ; et partismes le vendredy xi« Juin de ^érac, et fusmes de retour le mardy au soir, xxv^ de Juin, du dit mois de Juin 1610. Et, le lendemain xxvi% par l'avis du dit Seigneur de Roquelaure, les portes de Condom, Fontindelle, et Gaujac furent ouvertes, les quelles avaient esté fermées despuis la nouvelle de la mort du feu Roy Henry 4® ensemble la garde de la ville fut diminuée de plus de la moitié.
Mademoizelle de Labusière, plaidant en la Cour et Chambre de Nérac, décéda au logis de M^ Daniel Dubroilh, au Petit -Nérac, le xviii* Juin 1610.
Le Judy, premier de Juillet 1610, la garde qu'on fesoit en la ville de Nérac despuis la mort du feu Roy Henri 4® fut suprimée, et fut trouvé bon de continuer celle du Chasteau.
La véfve de Jehan Boissol,^ décéda le vii Juillet 1610.
Le Mardy xiii® Juillet 1610, Mess" de la Cour et Chambre de l'Edict, firent les honneurs funèbres du feu Roy Henry quatr% roy de France et de Navarre.
Monsieur de Préaut, beau-père de Mons' de St-Sauveur, partit de
' Le chroniqueur, qui reprend la' charge qu'il avait déjà remplie en 1594, 1599 et! 604.
- Le duc de La Force dit [Mémoires, t. H, p. 5) : « Comme la Reine sut que Monsieur de La Force avoit quitté la Guyenne, elle y envoya Monsieur de Roquelaure pour achever ce qu'il avoit si bien commencé. »
2 Inscrit au Livre des tailles de 1599. — P. du Marcadieu.
Nérac, après avoir eu arrest pour le dit sieur de S*-Sauveur, le Mercredy xxi« Juillet 1610.
Mons'' de Lannotiade, advocat h la Cour et Chambre, décéda le xxiiii® Juillet 1610.
. M"" Castagnons, Ministre, ayant reçu l'imposition des mains, h Puchx deGontaud,* vint fèreson premier presche en l'Eyglise de Nérac, le Dimenche matin xxv® Juillet 1610.
Monsieur le Prézident Despagnet, accompagné de quelques uns de Mess" les Conseillers et advocats du Roy, furent saluer Mons'' de Roquelaure, à Agen, et partirent de ceste villejle Sapmedy xxi® Aoust 1610.
Bernard Durand, décéda le Sapmedy au soir, xxiiii® Aoust 1610. Imbert Miril, de Cézérouze,^ décéda le xi® Septembre 1610. Guillaume Taillefer, paumier,^ décéda le xiii® Octobre 1610.
Mons"^ le Président Espagnet, et Madame sa femme, partirent de ceste ville pour s'en aller h leur maison, le sapmedy xxii® Octobre 1610. Il y eut bon nombre d'habitants et autres de la suitte de la Chambre qui l'allérent accompagner jusques h Touars où il s'alla mettre par eau.
Jehan, de Blaye,* tailleur, décéda le ii^ Novambre 16t0.
Mons' de Calmel, Cens" du Roy, en la Cour du parlement de Bourdeaux, estant au service de la Chambre de Nérac, décéda dans le chasteau de Birac,^ le vendredy v Novambre 1610, environ l'heure de huit heures du matin.
' C'est la même localité qui a été déjà appelée Puch tout court par le chroniqueur et sur laquelle on a lu une note à laquelle nous ne pouvons que renvoyer.
- Environs de Nérac, section du Puy-Fort-Eguille. Amanieu d'Albret reconnaît, en 1286, tenir du Roy d'Angleterre la terre appelée de Serezoza. Voir Congrès archéologique de France, tome XLI, page 120, « de Bapteste à Nérac, » par M. de Bourrousse de Laffore.
• Maître du jeu de paume. Il y avait, en effet, un jeu de paume dans la rue de Condom et Guilhaume Taillefer, paumier, est inscrit au livre des tailles de 1599. — P, de Condom.
* Tailleur, inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Condom.
' Ce château de Birac, dont nous avons déjà parlé , était sans doute mis en location , puisque nous voyons tant de gens y résider. Une demoiselle de Birac en était propriétaire en 1671.
Le Judy iiii* Novambre 1610, on célébra le jusne en l'Ei^lize Réformée de Nérac, comme aussi par toutes les villes du royaume de France. Il y eut deux fois prières et deux fois presche. Mess" de Lassusse et de Castagnon, Ministres, pourvurent au tout.
Le Judy xviii" Novambre 1610, on fit prières publiques et extraordinaires à l'heure de une heure aprez midi, pour le sacre du Roy Louyz xiii% filz de Henry iiii«. Mons' de Masparaulte fit ladite prière. Il n'y eut point de feux de joye. Les Consulz furent avec leur hvrée et chaperons au temple. Mess" de la Cour et Chambre furent, le matm du mesme jour, chanter le Te Deiim h Saint-Nicolas.
Anne Gamardes, femme du S^ Jehan de Balz, décéda le samedy au soir xviii* Décembre 1610.
Béatrix Banneau, vesve à feu Jehan Bisme, décéda le uimenche ii" Jenvier 1611.
Jehan Brunet,* dit Bichon, boucher, décéda le viii" Jenvier 16! 1.
La maison de ville de Nérac se brusla^ le viii* Jenvier 1611. Le feu
* Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Condom.
' Voir pour la description de la maison de ville, la Guirlande des Marguerites, p. 67.
Une enquête fut ouverte sur cet incendie. Nous l'avons retrouvée dans les archives municipales de Nérac. Elle est trop intéressante par elle-même et touche de trop près le chroniqueur pour que nous ne reproduisions pas, dans son texte, ce document inédit :
« Du Yendredy, septième jour du mois de janvier 161 f, dans la chambre du Consistoire de l'Eglise réformée de la ville de Nérac.
« Messieurs Dulong, avocat, Lafore, Tifon et Dupin, consuls par l'organe dud. sieur Dulong, ont represanté à Messieurs de Canolle,Venier conseiller, de Brasay, Duplex, sindic, Jausselin, Roussanes, Latané, Dulong, Pérès, Duroy, Leprince, Lormier, avocat, Venier, Puiféré, Bats, Larrufie, Baruo et Dutour, jurats, l'incendie et embrasement de la maison commune de la presante ville advenus la nuit dernière et le grand préjudice et domage que le publiq en reçoit à cause de la ruine de lad. maison commune à cause des papiers, titres, documens, poudres, rouages, cables de canons et autres choses de grande valeur qui étoient dedans et se sont brûlés par la force et violence du feu, comme la compagnie sçait fort bien pour avoir veu c'est inconvénient et désolation publique de laquelle et presque à l'instant a été esmue une forte et chaude alarme qui remply toutte la ville de frayeur et epouvantement , sans que l'on sache dou ces malheur et calamité peuvent provenir ; toutte fois il faut croire et reconnaitre que Dieu est courroussé
s'estant pris aux poudres qui estoit dans un cabinet, au haut du grenier, aprèz les quatre heures du matin dudit jour, qui fit un tel efïect que les murailles furent jettées par terre de trois costés, tous les planchiers embrazés de telle sorte qu'il n'y eust aucuns moyens de conserver aucuns papiers. Mais, tous furent bruslés, sans en
contre les habitans de lad. ville accause des vices, desbauches, divisions, spartialités qui y sont, exortant un chacun à repentanceet à faire très humbles prières à Dieu pour la conservation de cette ville de laquelle il luy plaise détourner son ire et vengence divine et la combler de ses grâces, faveurs et bénédictions et qu'il n'y ait à l'advenir aucunes divisions, troubles, haines, ny partialités entre les habitants, ains tous ensamble soient de bonne intelligence, union, et concorde à aimer le publiq et procurer en tout ce qu'il leur sera possible le bien et utilité d'iceluy,qui doit être aux gens de bien plus chers que leurs biens et vies propres, et en outre ont dit lesd. sieur consuls (représanté) que la cour et chambre de justice séante en cette ville a ordonné qu'il serait informé dud. incendie et embrasement à la requette de M. le Procureur général du Roy et à ces fins lesd. sieurs consuls ont prié etexorté tous ceux de la compaignie de les aider diligement à la recherche de toutte sorte de preuves demandées qui se pourroient trouver dud. incendie et embrasement, afin que si quelque détestable monstre du genre humain avoit aidé, sceu, ou participé à un tant exécrable crime et mechanseté, il en reçoive punition exemplaire, estant notoire au surplus que la coutume de tout temps observée, est, que les consuls qui sortent de charge consulaire tiennent les clefs de la maison commune jusques à ce quils ont fait parachever et délivré aux consuls nouveaux le livre appelle répertoire contenant le nom et état des biens des habitans auquels les consuls sortant de charge vaquent avant et après la nouvelle élection, affin que sur iceluy les nouveaux consuls ; fassent les cothisations des tailles et autres charges des habitans de laditte ville, et en outre iceux consuls qui sortent de charge demeurent chargés de tout ce qui est dans lad. maison commune jusques à ce qu'ils ont baillé par inventaire tout ce qui est de leur administration aux nouveaux consuls; suivant laquelle coustume lesd. S""» consuls de l'année dernière avaient les clefs et travaillaient en lad. maison cemmune à la faction et calcul dud. répertoire , le jour d'hier et autres précédans , n'ayant encore lesd. Srs Dulong, Laffore, Tifen, et Dupin, consuls de la présante année, rien reçu ny administré; àceste cause pour leur fournir de décharge à présent et à l'avenir, a été demandé parl'assamblée à Mrs de Larrufie, de Pérès, Leprince et Barus, consuls de l'année dernière,s'ils furent le jour d'hier et autres pré-
pouvoir sauver un seul. La ruyne desdites murailles porta beaucoup de domag-e 'aux voysins. leur ayant acablé leurs maisons, entre autres à M"* Pierre Dulong, lieutenant particulier. Il luy acabla jusques aux fondz sa maison joignant ladite Maison de Ville, apellée la maison de Morbilh. Les fours du S' Jehan Roy furent aussi acablés
cédans en lad. maison commune, et lequel deux tenait les clefs ; d'ailleurs s'ils scaYentpar conjecture ou comment led. embrasement peut être advenu ; susquoy lesd. Si^ de Larrufie et Barus, ont dit n*ètre entrés dans lad. Maison de ville depuis le jour de l'élection consulaire ny touché les clefs, et les S" Isaac de Pérès, et Jean Leprince ont dit et déclaré qu'ils furent lundy, mardy, mercredy et le jour d'hier en ladite maison commune pour calculer le répertoire quils avaient auparavant dressé et pour après le bailler aux consuls delà présente année, comme fut la coustume de tout temps observée aûn de dresser par eux sur iceluy le livre des cothisations ; et led. jour d'hier environ les six à sept heures du matin, led. Pérès prit à son logis au château un morceau de mèche de la longueur de quatre à cinq travers de doits, quil alluma et prit aussi deux allumetes et après alla trouver led. Leprince afin d'aller ensamble en lad. maison commune achever de calculer led. répertoire ; et, le trouvant au lit, il lui demanda les clefs de lad. maison commune pour commencer d'y travailler, lesquelles led. Leprince luy fit bailler et les ayant reçues led. Pérès alla en lad. maison commune et ayant ouvert les portes et entré en cette maison de ville en la chambre du conseil, il alluma une chandelle qui était en lad. maison commune avec l'une desd. allumettes et mèche, après YvAi lad. mèche sur le chapitau de la cheminée et commensa de travailler; ou peu après seroit arrivé led. Leprince et ayant travaillé quelque espace de temps ensamble, vint Pierre Nolibéjl'un des valets de la ville, auquel led. Pérés montra laditte mèche et luy commenda de l'éteindre, ce qu'il fit, contre la muraille de lad. cheminée, en leur présence, et après la remit sur led. chapitau, et, ayant allumé un peu de feu, il s'en alla et ils continuèrent à travailler aud. calculs jusques à l'heure de dix du matin, et ayant parachevé, ils sortirent hors de lad. maison, ledit feu éteint, lequel Leprince, ayant bien fermé touttes les portes, reporta chez luy les clefs qu'il mit à un clou ou il avait accoutumé les tenir ainsy qu'il la dit, et a led. Leprince déclaré et affirmé n'tn avoir été tirées depuis et y sont encore. Et ce matin, après les quatre heures frapées, led. Pérès, estant au château ou il loge, ayant oui un grand éclat en la ville, comme si quelque maison avait été abatue, il seroit sorty et s'étant informé que c'était , on luy aurait dit que le feu s'était mis en lad. maison commune, ou ayant couru, il aurait
de ladite ruyne. Partie de la maison des hoirs de M' Bertrand de Lavallade fut emportée. L ^.s maisons servant d'establcs des hoirs leu M' Vincent Pédesclaux. Le grand grenier de Jehan le Prince fut aussy en partie abattu. Après lequel bruslcment, et environ les neufs heures du matin, il y eut une grand alarme par la ville, qu'on disoit
trouvé être véritable, même que la pluspart des murs étaient tombées et abatu plusieurs maisons voisines et que touttes les provisions, munitions et balons de guerre avec tous les titres étaient déjà consumés ; et étant étonné d'un tel inconvéniant, il seroit allé trouver led. Leprince en son logis pour lui demander s'il avait baillé les clefs à quelqu'un, lequel luy dit et luy assura que non et que led. clefs n'avaient bougé du lieu ou il les avait mises et les y montra pendues à un clou et ne scait-il qui peut avoir mis le feu; car lorsqu'ils sortirent le jour d'hier, il n'en y avoit point dutout et quand bien il y en eu eu en la cheminée, il ne pouvoit causer d'omage d'autant que la chambre est carrellée de grandes dalles de tuille, et d'ailleurs le feu c'est pris, comme il la veu, au premier au corps de logis ou laditte cheminée n'est point; surquoy après avoir descouru, en pleurant sur ce triste sujet,et par la pluralité de voix trouvé bon que lad. information se feroit affm de découvrir s'il étoit possible, comment un tel malheur est adveneu et pour la recherche de preuves et indices, chacun des jurats y fera tout le devoir et diligence qu'il pourra, et à été arretté que tous lesd. jurats feront aussi recherche sur leurs papiers s'ils ont aucun titres concernant les affaires de lad. ville, de l'hôpital et du collège , et Messieurs les consuls sont priés de faire faire recherche desd. papiers, tittres et documents, tant autres titres du roy que ailleurs ; et, pour reparer, s'il est possible, cette grande perte, à été résolu qu'on suppliera sa Magesté de quitter ou donner pour dix ans ou plus, la taille des biens que les habitans de lad. ville et Jurisdiction ont accoutumé payer; et à ces fins, lesd. S'» consuls feront les dépêches nécessaires et envoyeront un messager de pied en cour et que pour cette année on fera la levée des deniers des tailles et des gages de M" les pasteurs et ministres sur les titres de l'année passée qui sont en mains des collecteurs ; et sur ce que lesd. S""» consuls ont remontré que les consuls de l'année dernière ne leur ont laissé aucun fond, il a été résolu qu'ils emprunteront la somme de cent écus pour fournir aux frais qu'il convient faire et en outre présenteront requette à lad. cour et chambre affin d'avoir permission d'imposer sur la présente ville et juridiction la somme de six cents livres pour aussi l'employer à la liquidation des affaires de la ville, et cependant feront réparer les portes pont levis, murailles, marchepieds, et guérites dicelles. Ainssy signés sur le registre : Dulong consul, Lafon consul, TifTon consul, Dutour, jurât et secrétaire.
queTeiinemy avoit surprinz la ville. Mais, quand et qua^, on vid que ce n'estoit rienz.
Le Judy xiii« Janvier 1611, Mess" les Goasulz ayant eu avis" de quelques mauvaises nouvelles de la Cour, par l'avis de xMonsieurle Président d'Espagnet etaussy de Mess''^ les Cons" de la Cour, on fit garde tant à la ville qu'au chasteau. Et, environ les neuf ou dix heures du soir, Mons'" de Montespan s'en allant en Cour, escrivit à Mess" de la Cour et Chambre, ensemble aux dits Consuls, par courrier exprès, les advertissant comme il couroit de fort mauvaises nouvelles de la Cour et qu'on prit bien garde ^ la conservation de la ville, pour la maintenir soubz l'obéissance du Roy. Les dites mauvaises nouvelles estoit, bien qu'il ne les exprimat, qu'on avoit fait mourir le Roy et la Royne par le poizon,* mais, dans un jour après, on seut que la chose n"estoit pas véritable, au grand contentement de toutes gens de bien et qui aymoit la paix.
Monsieur le Cardinal de Sourdy, venant de Bourdeaux, s'en allant vers Condom, passa en ceste ville, le sapmedy xv® Janvier 1611. Il alla dezcendre au Chasteau, et disna avec Mons^ le Président Despagnet. Mess" lesConsulz lui allèrent fer la révérence au dit Chasteau. et, après avoir disné, il s'en alla vers ledit Condom, sur des chevaux à relais, comme il estoit arrivé. Il neigea fort, ledit jour, pendant la matinée»
Madamoiselle de Mérignac, femme de Mons' M« de Méiignac, Cons«'' du Roy en la Cour de Parlement de Bourdeaux, décéda le mercredyxix« Janvier 1611, au logis de M' Pierre Ducomte, jadis Lieutenant particuher au Sén'^ deNérac.
Anthoine Ruffic^ M® sellier, après avoir esté fort mallade et perdu la vue, décéda le xxi* Fébvrier 1611.
* Quand et quand voulait dire avec, en même temps. M. Littré a signalé cette locution dans les lettres de Balzac et de Voiture et aussi dans un roman de Marivaux.
- Ces mêmes faux bruits se répandirent dans toute la France.
3 Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. du Pont. — Ne pas confondre avec Laruffie cité par M. Samazeuilh. dict. biographique de l'arrondissement de Nérac, page 511.
La rivière de Bayze se desborda, le dimenclie xxvii^ Fébvrier, et entra bien avant dans la ville. Elle monta a un pan, prèsdufinestron* de moncliay, au Porlanet.^
Le Signore Hcnriqiiès, Espagnol de nation, s'estant retiré en ceste ville et demeuré environ deux ans aspirant au Ministère et ayant proposé plusieurs fois peubliquement, mesme dans le Temple, s'en alla du dit Nérac le viii'^ Mars 1611.
Mons'' de S* Sauveur s'estant venu rendre prisonnier volontairement pour l'inlérincment de ses lettres de rémission pour avoir tué Mons"^ de Meslon,^ se présenta le xix» May 1010 et s'en alla le ix® Mars 1611, ayant esté condempné en xv° livres à la discrétion de la Cour, vi^ livres envers la vefve et les enfants et aux despens qui furent taxés iii'", v^ livres, outre sept vingts cinq escus trois quarts d'ezpices^ et après-disneis.^
Monsieur le Baron de Montpezat,^ se présenta pour l'intérinement^
' On appelle dans le patois de l'Agenais fenestrot une petite fenêtre, une lucarne. Le Dictionnaire des idiomes romans du Midi de la Francs de M. G. Azaïs, donne les formes fenestrou, fenestroun, et, en ce qui regarde tout spécialement la Gascogne, hiestrougno.
0 Magali ma tant amado,
Mete la testo au fenestroun. (Mistral. Mlreio.)
- Petite porte basse.
^ Le nom de M. de Meslon revient souvent dans les Lettres missives de Henri IV.
* On appelait autrefois épices, les dragées ou confitures, ensuite converties en taxe pécuniaire, que celui qui avait gagné son procès donnait au juge ou au rapporteur. Les épices, d'abord volontaires, devinrent une taxe obligatoire. Ces sortes de présens s'appelaient épices parce que, selon le Dictionnaire de Trévoux, qui cite, à ce sujet,les Recherches de la France, de Pasquier, avant la découverte des Indes, on confisait les fruits, et on faisait les dragées avec des épiceries, et non pas avec du sucre, qui était fort rare en ce temps-là. On trouve l'origine de ces épices en argent dès l'an 1369.
' Sans doute les frais imprévus venant s'ajouter aux épices.
• Henry de Lorraine ( fils de Charles, duc de Mayenne et de Renée de Savoie), fut duc d'Aiguillon en 1597 et par suite baron de Montpezat, un des membres de ce duché-pairie. Tué en 1621.
' C'est-à-dire approbation, confirmation, homologation. Voir Introduction à la pratique, p. 214.
de ses lettres de grâce d'avoir tué le Baron de Lapeyre le lundy xiiii^ mars 1611 et fut mené en la Chambre ledit jour et condempné en viii°* iii° livres et aux despens, ce qu'il paya. Et après, s'en alla le vendredy viii® Juillet 1611.
Le mardy xxii^ Mars 1611, je fis planter en vigne le jardin que j'ay acliapté à Samuel Lamudes, père, et joignant le Vignot, appelle communément Lou Ca%au de Largus.
Mons' de Martin,' Fermier Général du Domaine, aïant obtenu permission du Roy de loger dans le Chasteau de Nérac, fit porter ses meubles, le mereredy xx® apvril 1611, et alla loger en la Salle Basse,^ près le puitz où j'estois logé, de laquelle je me retiray le mardy auparavant, xix® du dit mois d'Apvril, au dit an, Sa Maj^ê ayant voulu par exprès, qu'il logeât aux chambres que je tenois dans le dit Chasteau.
Le sapmedy xiii® Apvril 1611, il fut trouvé que la chambre et galetas où estoit les meubles du Roy, avoit esté ouverte ayant enlevé les serrures, et, après avoir ouvert deux grandz coffres où esloit les
linsulz •"' et plusieurs napes apartenaiit à Sa Maj^, le tout ayant
esté dezrobé. De quoy ayant esté fait plainte, Mous'" le Lieutenant du Roy et Mons'" Paullac, Procureur du Roy, firent un procès-verbal de tout, et recherches par tout le dit Chasteau, ayant commencé par Mons' le Président Despagnet, à sa réquisition, et, après, chez Mons' de Laporte et chez moy, et aux caves. Mais, il ne fut rien recogneu.
Monsieur de Martin, Fermier Général de fancien domaine, arriva au dit Chasteau le lundy au soir, ix® May 1611. Mons' de Laforce
* Habitait une belle maison, rue des Embarrats. Voir terrier de 1671. •"Le chroniqueur nous renseigne suffisamment sur l'appartement qu'il
occupait au château. C'était le rez-de-chaussée de l'aile sud construite par Antoine de Bourbon et aujourd'hui détruite. Ce logement se trouvait audessous des chambres occupées au premier étage par le roi Henri IV, chambres qui donnaient dans la grand'salle des Gardes.
• Le mot linceul signifiait autrefois drap de lit. Mathurin Régnier a dit {Satire XI) : « Et les linceuls trop courts par les pieds tirassoit. » On appelle encore, dans le patois de l'Agenais, un drap de lit, un linçol.
arriva le dit jour venant do Pau. 11 s'en alla h l'Assemblée de ceux de la Religion convoqués à Chateleraat.*
Le Capp''« Rabol, de la Jurisdiction de Frégimont,^ fut pendu et estranglé, le sapmcdy xiiii« May 1611, estant accuzé d'avoir tué un homme et aussy sa femme, laquelle fut mangée des chiens.
Jehan Lavergnie, Nol'° et Procureur au siège de Nérac, décéda le xix» May 1611.
Lexix® du mois de May 1611, Mess'^ David de Vacquier, auditeur en la Chambre des Comptes de ceste ville et S'' Jehan de Roussannes, bourgeois et Jurât de la dite ville, partirent pour aller à l'Assemblée de Saumur,^ ayant esté députés de la paît de la dite ville pour s'opposer aux poursuites que ceux de Saincte-Foy devoint fère en la
* L'Assemblée générale des protestants, qui, d'après l'Edit de Nantes, se réunissait tous les huit ans, avait d'abord été convoquée à Ghatellerault par brevet du 18 octobre 1610 ; mais le duc de Bouillon, pour qu'elle ne fut pas dans le gouvernement de Sully, la fit transférer à Saumur par brevet expédié à Fontainebleau le 2 mai 1611. On lit dans les Mémoires de J. Nompar de Caumont (t. II, p. 15-16) : « Ceux de la Religion étant parvenus au temps de faire l'Assemblée générale des Eglises, les Députés généraux en firent la poursuite ; ils l'obtinrent, et Saumur fut choisi pour le lieu où ils dévoient se réunir. La Reine-mère, Régente, résolut en conseil que M. de La Force y seroit envoyé de la part du Roi, et lui fit de grandes instances pour prendre cette commission ; mais il représenta à la Reine qu'étant de la Religion, tôt ou tard ce qu'il feroit seroit désapprouvé... Si bien que la Reine ne le pressa pas davantage, mais lui fit seulement promettre qu'il se rendroit à Saumur comme personne privée et de son propre mouvement, ce qu'il fit en effet. » J. Nompar de Caumont se rendit de Nérac au château de La Force, où nous le trouvons du 26 mai au 5 juin, et il n'arriva que le 19 juin à Saumur {Correspondances et documents inédits, à la suite des Mémoires, tome II, pages 326-330).
- Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement d'Agen, canton de Port-Sainte-Marie, à sept kilomètres de cette ville, à vingt-quatre kilomètres d'Agen.
' L'Assemblée de Saumur dura jusqu'au mois de septembre 1611. Voir une lettre du duc de La Force du 6 de ce mois, écrite de Saumur à M'"^ de La Force (à la suite des Mémoires, t. II, p. 338).
dite Assemblée, pour faire oster la Chambre de l'Edict de la dite ville de Nérac, et la fére aller au dit Sainctefoy. Le dit sieur de Roussannes fut de retour le lundy vii® Jung, au dit an, ayant approuvé l'acte de la résolution prinse en la dite assemblée que la Chambre ne bougeroit point.
Le dimenche matin, xv« May 1611, après que le prescbe fust achevé, Monsieur de Masparraute preschant, il pria le peublic de s'arrester. Auquel il fit entendre les grandes nécessités que ceux de Genève estoint réduitz;* qu'ils avoint l'armée du Duc deSavoye'^ assez près de leur ville et à la veille d'estre assiégés; que toutes les Eglises Refformées de France avoint trouvé bon de les ayder de quelques subventions ; exortant un chascun de vouloir donner libé ralement, selon ses moyens, pour ayder aux povres habitans de Genève. Le mesme jour, fut assemblé par tous les cartiers de la dite ville, ce qu'un chascun voulait donner. En tout, fut assemblé environ v^ livres, lesquelles v° livres n'ayant point esté envoyées au dit Genève, furent, l'année après, données à M^ Ezéchiel Mermet.
Le jeune Mazellières, filz de Mons' de Mazellières , refformatur, blessa d'un coup de poignard à la gorge le filz de sieur Jehan de Roussannes, bourgeois, pour quelque dispute quilz eurent ensemble sur le pavé desEmbarratz, le vendredy au soir, xx^ May 1611, duqueL coup il perdit force sang, et croyoit-on, qu'il en mourroit ; mais, ayant esté bien pensé, il guarit de la dite blessure.
Jean Darquizan, filz de Mathieu,^ décéda le lundy xxx®May 1611.
Le dimenche xii« Jun 1611, presque à la fin du presche, il y eut deux lacquais qui se bâtirent à coups d'espée près le clochier du Temple, ce qui donna une telle alarme à toute l'assemblée que tout
* La ville de Genève avait été vainement attaquée par ses voisins de Savoye en 1602 et en 1609. Il n'y eut pas de nouvelle attaque en 16H.
- Charles-Emmanuel, dit le Grand, naquit le 12 janvier 1562, à Rivoli, succéda, le 31 août 1580, à son père le duc Philibert-Emmanuel, et mourut à Savillan, le 26 juillet 1630.
' Jehan et Mathieu Darquisan sont inscrits au livre des tailles de 1599. — P. du Pont.
le peublic, tant hommes que femmes, se levarent, croyant que ce fut quelque grand cas ; et, bien que Mons'" de Lanusse, Ministre, qui avoit presché, criât que tout cclla n'estoit rien, il ne pouvoist estrc entendu de personne, ains, confusément et en grand désordre, on sortoit à foule les uns sur les autres. A la fin, à force de crier que ce n'estoit rien, il en y eust une partie qui dcmeurarent. Le dit sieur de Lanusse fit la prière. On avoit fait.
Isabeau Lafite, vefve de feu Arnaud Pontier,* marchand chapelier, décéda le mardy xxii^ Jun 1011.
Mons'^ le Président Despagnet alla voir Monsieur le Baron de Lachastre, h Durance, chez Mons'* de Moncassin,^ le vendredy, premier de Juillet 1611. Madame de Lachastre, sa femme, estoit avec
♦ Inscrit au livre des tailles. — P. Marcadieu.
' Raymond de Montlezun de Lupiac de Montcassin était fils do Jean de Montlezun de Lupiac de Montcassin ; ils furent l'un et l'autre seigneurs de Montcassin, du Grezet et de Durance. Raymond fut secrétaire de MM. de la noblesse aux États généraux de 1614. Il épousa Marthe de Narbonne (Voir Biographie de l'arrondissement de Nérac , par J.-F. Samazeuilh, p. 628). Une Jehanne de Moncassin , mariée avec le marquis de Lusignan de Xaintrailles {voir plus bas), fît construire un moulin à vent à cinq cents mètres environ du château de Xaintrailles, sur un terrain qui porte encore aujourd'hui le nom de Moulin à vent. Ce moulin fut démoli pendant la Révolution et les pierres qui en provenaient ont servi à bâtir la maison Nismes , appartenant à M. Léopold Nismes. Une pierre placée au-dessus de la porte d'entrée de cette maison porte le millésime de 1804 sur sa face extérieure. Sur la face interne encastrée dans le mur, il y a l'inscription suivante : aJehane de Mancassin a fait bâtir ce moulin eri 1620. » Cette pierre occupait, dans l'ancien moulin à vent, la place qu'elle occupe aujourd'hui dans la maison Nismes, c'est-à-dire le dessus de la porte d'entrée. Elle fut ainsi placée, sur l'ordre de M»" Nismes, grand père du propriétaire actuel, par respect pour les souvenirs du passé.
A l'époque où fut construit le moulin à vent, en 1620, fut aussi construit le portail du château, en plein cintre, avec fermeture en bois. La pierre formant la clé de voûte de cette ouverture portait, en effet, la date de 1620 en relief. Cet ancien portail a été démoli en 1840, après la mort du dernier marquis de Lusignan, pair de France, par sa femme qui appartenait à la
luy s'en retournant des eaux de Causse,* Barèges^ et Barbotan, où il estoit allé pour garir de ses goûtes. Mons' de Laporte et moy fusmes accompagner le dit Sieur Président. Nous retournasmes, le dit jour, en ceste ville, ayant seulement disné audit Durance.
Monsieur le Prince de Condé ^ fit son entrée en la ville de Bourdeaux , le sapmedy dernier du mois de Jun, où il fut fait de grandes magnificences. Madame sa mère et sa femme y estoint aussy, en l'année 1611. Il partist du dit Bourdeaux le mercredy v® Octobre , au dit an pour s'en aller en Cour.
famille de Chateaurenard, et remplacé par une grille surmontéede sa rmoiries du marquis de Luzignan.
Quelle était la personne désignée plus haut sous le nom de Jehanne de Moncassin qui devint dame de Xaintrailles. Voici, à cet égard, ce que nous avons trouvé :
Jean de Montlézun de Lupiac, seigneur de Montcassin, du Grèze, de Durance et de Cardenau, épouse, le 21 juin 1576, Jeanne de Lary de La Tour (veuve de Bertrand de Miossens, seigneur de Samsons). Il a deux enfants de ce mariage : •
lo Raymond, seigneur de Montcassin, etc., après son père;
2o Hélène de Montlézun de Lupiac de Montcassin, mariée le 2 octobre 1605 avec Amanieu de Montesquieu, seigneur de Saintrailles, né au château de Saintrailles, le 27 décembre 1584, mort en 1620, fils et successeur de Bernard de Montesquiou, capitaine et gouverneur des parcs et garennes de Durance, et de Francine de Chamborel, seigneur et dame de Saintrailles en Albret.
Peut-être cette Hélène de Montcassin, devenue dame de Sa ntrailles par son mariage, se nommait-elle Jéhanne-Hélène.
* Encausse. (Renvoi à la note précédente.)
' Village du département des Hautes-Pyrénées, arrondissement d'Argeiès, canton de Luz, commune de Betpouey.
' On lit dans le Supplément de J. Darnal, à la Chronique de G. de Lurbe (p. 143) : « Le 6 juin audit an 1611, lesdits sieurs jurais receurent lettres de ta Reine Régente concernant l'acheminement en ce païs de Monsieur le Prince de Condé, gouverneur et lieutenant-général au présent païs [Henri II de Bourbon]. *» Le Chroniqueur ajoute que Madame la doariéresa mère [Charlotte-Catherine de La Trémoille] avec Madame la Princesse sa femme [la belle Charlotte de Montmorency, tant aimée de Henri IV] voulurent venir à Bor-
Mcss'« de Martin,* et de Gaclion, Cons" du Roy en la Cour et Chambre de l'Edicl establie en la présente ville de Nérae , partirent pour aller saluer de la part delà dite Cour, Mous"" le Prince de Condé, en la ville de Bourdeaux, le jeudy vii Juillet 1611.
MM. Dulong et de Lafore, Consulz, et M» ImbertVenier, jurât, avec M. Jehan Nagoua, respresentant la ville, partirent le mcsme jour \'ii*, estant allés de la part de la ville pour saluer le dit Seigneur Prince.
Arnaud Boulu, portier à la porte de Fontindère décéda le sapmedy xxx^ Juillet 16H.
Guilhon Lagardère dit Monvelle, décéda, le dimanche vii« Aoust 1611, ayant esté frappé de paralysie, le jour paravant.
Mon cousin, Jehanot de Pérès,'^ décéda à Pardeillan,^ le vendredy xii« Aoust 1611, au quel lieu il faisoit la récepte pour Mons"^ de
deaux avant l'entrée solennelle du Prince, laquelle se fit le 2 juillet. Il est probable que le chroniqueur Isaac de Pérès a confondu avec l'entrée solennelle du 2 juillet l'entrée furtive du 30 juin, dont Darnal parle ainsi (p. 144) : « Les dites Dames allèrent souper à l'Archevesché avec Monsieur le cardinal de Sourdis. Mondit Seigneur le Prince entra dans la ville incogneu sur le tard, et assista au souper des dites Dames Princesses ; et alla coucher avec Madame la Princesse sa femme logée chez Monsieur le Président Pontac, et sortit bon matin de la ville... »
* Ce M' de Martin était Jean de Martin, si tristement célèbre sous le nom de Laubardemont. D'abord conseiller au parlement de Bordeaux, il y devint ensuite président aux enquêtes. En 1630, il fut nommé premier président de la Cour des Aides de Guienne établie à Agen. Voir sur le sieur de Laubardement l'opuscule intitulé : Document relatif à Urbain Grandier, publié par Ph. Tamizey de Larroque (Paris, m-S% ^ 81 9, Appe7idice, p. 15-16), appendice qu'il faut compléter par une note de M. Boscheron des Portes : Histoire du parlement de Bordeaux, t. I, p. 438) et par une note de M. Louis Audiat, président de la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, note qui vient de paraître dans le Bulletin de cette Société, 1879.
- Jehanot de Pérès, fds de Guilhem, ainsi inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bowrdeaux.
' Village -qui, comme nous l'avons déjà dit, appartient à la commune de Valence-sur-Baïse, département du Gers, arrondissement de Gondom.
— '2Qi —
Martin , Fermier Général, du Domaine d'AIbret, et fut enterré en ceste ville où sa femme le fit porter.
Fourtané Dercaps, armurier, décéda le xvii® Aoust 1611.
Tristan de Saint-Antiionin, trompette de la ville, décéda le dit jour xvii" Aoust 1611.
Monsieur le Prince de Condé fit son entrée en la ville de Nérac, le mercredyxvii" Aoust 1611, en la quelle Mess'* Dulong-, de Lafore, Tiffenet Dupuy,' Gonsulz, n'oubliarent rien en qui pouvoit servir à la magnificence do la dite entrée.
Premièrement, l'ordre fut tel qu'on disposa cinq compagnies dans la ville qui furent commandées :
La première, par Mons' Dupleix qui avoit pour Lieutenant, lo Gapp"« Seps, et pour Enseigne le jeune fîlz de Mons^de Laporte;
La seconde, par Mons' de P»oussannes qui avoit pour Lieutenant Mons'Dulong, et pour Enseigne le filz du dit sieur de Roussannes ;
La troisième, par le filz aisné du dit de Laporte qui avoit pour Lieutenant Mons' Aurian,^ marchant, et pour Enseigne, le filz du dit Aurian ;
La quatrième, par Mons"" Dubroca, advocat,^ qui avoit pour Lieutenant le Capp"" Maler,* et pour Enseigne Mons' Parrabère, advocat ; ^
La cinquième, par le Capp"« Latané ^ qui avoit pour son Lieutenant le Capp"« Arbisson '^ et pour Enseigne, Simon David. ^
' Arnaud Dupuy, inscrit au livre des tailles de 1599. — Portai du Marcadieu.
- Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu. ^ Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. de Bourdeaux.
• Il faut lire, je crois, capitaine Malet. V. précédente note.
• Fils de Parrabère Marchand. — P. Marcadieu.
" Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu. ' Pierre Arbissan. — P. du Pont. — Sur les Arbissan, V. Biographie de l'arrondissement de Nérac, Samazeuilh, p. 71.
• Simon et Samuel David sont inscrits au livre des tailles de 1599. — P. du Pont.
Les diles Compagnies ainsi dressées, tant des liabilans de la ville que des bastilles, faisant en nombre environ Imit cent hommes, se trouvèrent en bataille, dans le pred joignant la maison du Bournac 011, environ l'heure d'une et demie, mon dit sieur le Prince arriva, au quel lieu il vid toute l'infanterie. Et après entra dans ladite maison du BournaCjOÙ les dits Cons^Llz le furent saluer, luy ayant fait aprester une belle collation. Après, le Séneschal de la dite ville fut luy faire la révérance et après. Messieurs de la Cour et Chambre , sçavoir : les deux Présidenls et six Conseillers. Après cella, il s'en vint droit h la porte de Fonlindère- où lesditz Consulz l'attendoit avec le poille de vellours cramoisy rouge, garni de belles crespinesde lil d'argent et de clinquan, doublées de taffetas cramoisy de mesme couleur. Le dit Seigneur Prince estoit monté sur une haquenée et ne se voulust mestre soubz le dit poille, ains, marchoit environ un pas ou deux après, et ainsin, le conduisirent droit ii l'Eglise Saint-Nicolas et de là au Chastcau du Roy, où il alla loger.
Le lendemain, jour de judy, dix-huitième du dit mois d'Aoust, il alla en la Chambre du Conseil et assista en l'audience. Et, après disner, s'en alla h la chasse, ayant vu plustôt toute l'infanterie marcher en bataille par la ville, à cause que le jour précédent, il a voit fait une si grande pluye que, de longtemps auparavant, il n'avoit fait sy mauvais temps.
Le lendemain, jour de Vendredy et de Sapmedy, il fut à la chasse au cerf à Durance où il print deux cerfs * 11 coucha, la nuict du Sapmedy à Lisse,5 à cause quil estoit fort tard, et, le lendemain, jour de dimenche, il arriva sur l'heure du disner et disna à la chambre de Mons^ Martin, Fermier général du Domaine.
' Il y avait à Durance des chasses réservées. MM. de Faulon et Meulh étaient encore en 1640 gardes des parcs de Durance.
- Commune du département de Lot-et-Garonne, arrondissement de Nérac, canton de Mézin, à 10 kilomètres de cette ville, à la même distance de Nérac, à 36 kilomètres d'Agen. Voir Dictionnaire de V arrondissement de Nérac, par M. J.-F. Samazeuilh , p. 284-288. — Les Montant étaient barons de Lisse.
Le lundy, xii« Aoust ICI 1, ledit Sieur Prince partit après avoir disné, prenant son chemin sur Gondom, où l'on luy fit entrée.
Guillaume Gara-j, tailleur, décéda le xxiiii« Aoust 1611.
Mathieu d'Ayraut, faure, décéda le judy xxv^ Aoust 1611.
Mons' Le Cardinal de Sourdy, venant de Bourdeaux, arriva en ceste ville, le vendredy n" Septembre J611. Il soupa au Chasteau du Roy,: chez Mons"" de Martin, Fermier Général du Domaine, et couscha à la chambre de Mons' Le Président Despagnet. Le lendemain iii«, il entra en la Chambre du Conseil pour remercier La Cour de l'honneur qu'elle luy avoit faict de le visiter le jour de son arrivée. 11 disna ledit jour iii« chez ledit Seigneur Président Despagnet, et, sur les trois heures, il partit^ prenant son chemin droit à Condom.
Ledit S' Cardinal repassa en ceste ville, le judy soir xv® Septembre 1611. Il soupa chez ledit sieur de Martin et coucha à la chambre dudit sieur Despagnet, disna, le vendredy matin, chez ledit sieur de Martin, et s'en alla incontinent après disner.*
Mons^ Le Président Despagnet, après avoir servy son année dans la Court et Chambre de L'Edict de Nérac, s'en alla avec Mons' de Martin, Fermier Général du Domaine, le sapmedy xvii« Septembre 1611. Mess'' les Consulz et bon nombre d'habitans de ladite ville l'accompagnèrent jusqu'à Barbaste. Ils prindrent leur chemin pour s'en aller à Bayonne.
Jehanne Laspeyres, femme de Gaiiot Blondel,^ décéda le vendredy xxiii® septembre 1611.
Jehan Aurian, marchand, fils aîné de François, futconstitué prisonnier parles archiers du Prévost,^ le sapmedy premier du mois d'oc-
' Ces minutieux renseignements sur les voyages à Condom d'^un des plus^ illustres archevêques de Bordeaux, complètent, en ce qui regarde l'année 1611, le récit de M. Piavenez {Histoire du Cardinal François de Sourdis, p. 222-237).
- Serrurier inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Fontindère.
* Il s'agit ici du prévôt des Maréchaux u qui sont juges établis pour juger et faire procès aux vagabons, gens sans aveu qui tiennent la cam-
tobre 1611, accusé de fausse monoye par les ......... de Mons'
Dubcdat, juge de Lavardac qui fut pendu etbruslé dans la ville d'Agen, le jour auparavant, dernier de Septembre, ledit sieur Aurian fut mis aux prisons du Sénéchal de ceste ville, par prisons empruntées.*
Madame la Présidente Despagnet, s'en alla de la ville de Nérac, le dimenche second jour d'Octobre 1611, amenant avec elle tous ses petitz enfans, et s'alla mettre par eau à Thouars pour s'en aller ^ Bourdeaux ou à sa maison.
Toutes les maisons de la ville de Nérac furent achevées d'eztimer, le vendredy xiiii' octobre 1611, y ayant travaillé l'espace de dix ou douze jours, Mess^» de Laffore et Dupin, consulz , assistés de Mes" de Vacquier, advocat, controUeur, Leprince, Roussannes, scindic, Latanné, Lormier et moy, juratz ayant esté députés par Assemblée de Jurade pour ce fère.
Jehan Lanne,^ dit Didot, décéda le xiiii« octobre 1611.
Nadau, prévost, estant en ceste ville pour juger le procès d' Aurian, marchand, accusé d'avoir expozé de fausses pièces, on lui donna, à ce qu'on disoit, ii" livres, les quelles ayant reçeues, il s'en alla tout aussytost. Mais il fut suyvy promptement, et, l'ayant rattrapé, on le ramena en ceste ville par force, et luy firent rendre lesdites deux cents livres. Ce fut le lundy, xvii® octobre 1611.
M' Arnaud Diipuy, advocat, décéda le mardy xviii" Octobre 1611.
Samuel Myni, fils de Blaize Myni,^ M« tailleur, fut tué d'un coup d'espée, par les deux enfans de François Lyon qui le chargèrent en la rue de Fontindcres, le mardy au soir xv^ Octobre 1611, duquel coup, il mourut soudainement, dans la matinée du samedy.
pagne, commettent vols, sacrilèges, font de la fausse monnaie et autres semblables délits. Leurs jugemens sont sans appel. » ( V. Introduction à la pratique, p. 381.)
' Le Prévôt, n'ayant pas de prisons spéciales, se servait de celle du Sénéchal.
' Inscrit au livre des tailles de 1599. — P. Marcadieu.
' Tailleur établi au Portail du Marcadieu.
Mons' Dandiran,* décéda à sa maison de Baudignan, le xxv« Octobre 16H.
Mons' de Guilleragues, comme Doyen des Conseillers envoyé de la Cour de parlement de Bourdeaux pour servir en la Chambre de Nérac, fit l'ouverture le xii« Novambre 1611, en absence de Mess" de Cadillac et de Feydeau, présidens, où il fit une très belle harangue, de laquelle il rapporta beaucoup d'honneur et de louanges de tous les assistans.
Je fus mis du Consistoire, au mois de juillet 1591.
En Tannée 1594, je fus esleu dernier consul, avec Messieurs de Pédesclaux, Larrivet, et Leprince.
En l'année 1595, de reschef mis du Concistoire, commençant l'année au moys de juillet, comme dessus.
En l'année 1597, esleu sendic pour le peuple,^ autrement de robe courte.
En l'année 1599, esleu consul avec Monsieur M« Oddet de Mazellières, Gaixiot de Larrivet et M' Armand Dupuy, advocat.
En ladite année 1599, esleu ancien, commençant ladite année en juillet comme dessus.
En l'année 1601, esleu de rechef, sindic des consulz de Nérac.
En l'année 1604, esleu second consul, avec Sieur Pierre de Pérès, Jean Roy, et M. Jehan Dupin. Ledit Sieur du Roy, ne voulant accepter la charge, bien qu'il eust preste ie serment.
En ladite année 1604, et au commencement dicelle, je fus esleu pour estre du Consistoire et garde de la bourse de l'église. ^
' Le sieur Dandiran figure au livre des tailles de 1599 pour ses biens de Pailhère. V. sur les Dandiran, Biographie de l'arrond. de Nérac , Samazeuilh, p. 59. C'est de Gaucabanne dont il était le cousin que le S"" Dandiran tenait la propriété de Baudignan dont les Caucabanne n'avaient retenu que le nom et le titre de chevalier de Baudignan. ( V. livre de raison de la famille Caucabanne. )
* Chargé des affaires judiciaires.
* Trésorier.
En l'année 1609, esleu en maison de ville, pour cstre sindicq de la ville et du collège.
En l'année 1610, esleu second consul, avec M" Jacques de Larufie, Leprince, et Pierre Barus.
En l'année 1596, fust recuilly en la vigne d'Argentenx,* compris celle de ... Anne Diiprat,^ le nombre de soixante deux charges vandengc,^ outre six charges qui furent baillées pour la dixme, duquel nombre sortit . . . barriques de vin.
En l'année 1597, fust recuilly, en ladite vigne, cinq charges vendenge tant seulement.
En l'année 1598, fust recuilly xiiii charges vendenge.
En l'année 1599, xviii charges.
En l'année 1600, xxviii charges.
En l'année 1601, xxi charges et x à Taiilac.^
En Tannée 1602, 19 charges et 8 à Taillac.
En l'année 1603, 33 charges et 12 à Taillac, en tout xviii barriques de vin.
En l'année 1604, ui charges en tout, avec la vigne de Tarrascon. Vin, XX barriques.
En l'année 1605 , iiiixxi charges, sçavoir : xLi à Taillac , et xl à Argentenx. Vin, 33 barriques.
En l'an 1606, XLiiii charges, xxii à Argentenx et xxiiii h Taillac, en tout xviii barriques de vin.
En l'an 1607, à Taillac, xxvii charges.
* Voir dans la Revue de Gascogne de mars 1879 (tome XX, p. 120-133), un intéressant article de M. D. de Thézan-Gaussan, intitulé : La Commander ie d'Argentens en Agenais.
' Probablement la comporte actuelle.
' Il y a plusieurs Duprat inscrits aux livres des tailles et aux terriers de l'époque. David Duprat, avocat, habitant vis-à-vis les halles, haac Duprat, juge royal à Lausseignan , Guillaume Duprat de Mézailles , S. de Pechet , Isaac Dnprat de Mézailles , qui avait encore la moitié d'une maison rue de La Puzoque.
En Tan 1608, à Taillac, 30 charges et la dixme payée, et au Vignot, xvi charges, la dixme aussi payée.
En l'année 1609, 28 charges à Taillac, et la dixme, et au Vignot, xvi charges, la dixme aussi payée.
En l'année 1610, à Taillac, 44 charges et la dixme payée; auVignot, 25, et la dixme aussi payée, le faisant h ma main, en tout 69 charges ; vin, 28 barriques.
En l'année 1611, à Taillac, 41 charges, comprins la disme. Au Vignot, 18, et en tout, 59 charges ; vin, 21 barriques.
En l'année 1612, à Taillac, 34 charges, au Vignot, 16 charges, comprins la dixme ; vin xxi barrriques,
En Tannée 1613, à Taillac, 35 charges et demie, dixme paiée ; au Vignot, 9 et demie i\ cause de gresle ; vin, 19 barriques.
Ici s'arrête le journal du chroniqueur. Qu'on se rassure; les 41 feuillets du manuscrit déchiré ne pouvaient contenir rien de bien intéressant. L'énumération de titres et les comptes des revenus qu'on vient de lire est une conclusion. En effet, Isaac de Pérès n'a pas survécu à l'année 161 1. Au Terrier, en cette même année, on trouve inscrits Marie Pinollé ^ veuve d'haacde Pérès ^ en son vivant garde du Palais^ pour les vignes de Taillac et d'Argentenx. Toutefois , les livres des Tailles conservent son nom jusqu'en 1633 et ce n'est qu'en 1637 qu'il est remplacé par celui de son fils Jean de Pérès de Bourdeaux^ ainsi nommé parce qu'il y était allé étudier la jurisprudence. C'est ce même Jean de Pérès qui était Procureur du Roy à Nérac , en 1670.
AOEN. IMPRIMERIE V« LAMV.
La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance
The Library University of Ottawa Date Due
p E R E S n CHRONIÛUE
I S ft fi C DE.
D • 1 S fi fi C
Cr DC 0122
COO PFRES, ÎSAAC CHRnNÎGUF ACC;» 1^11 057