‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 13 sur 191 · DOURDAN SOUS LES PREMIERS CAPÉTIENS. IQ · texte numérisé non relu

DOURDAN SOUS LES PREMIERS CAPÉTIENS. IQ

puissante maison de Chartres- Champagne. Le comte Thibault était en haute faveur. Le roi Louis le Jeune l'avait nommé sénéchal de France, choisi pour gendre en lui donnant en mariage sa propre fille Adèle, et pour beaurfrère en prenant comme seconde femme Alix de Champagne. Guillaume aux Blanches Mains, frère de Thibault et d'Alix, occupait le siège de Chartres. Tous les pouvoirs étaient aux mains de la famille.

Louis le Jeune trouva dans Dourdan un agréable séjour qui le rapprochait du centre de ses alliances, et la nouvelle reine ne tarda pas à prendre en grande affection un pays qui touchait au sien.

Le bon roi Louis, que sa grande dévotion fit surnommer le Pieux, aimait trop l'entretien des religieux et le voisinage des monastères pour se contenter de quelques chanoines qui desservaient les paroisses de Dourdan ; il songea bientôt à y attirer plusieurs de ces saints et vénérables religieux de Grandmoht, connus sous le nom de Bonshommes, qui édifiaient alors une partie de la France par leur vie humble et leurs austères vertus. Fondé en Auvergne vers Tan 1076 par saint Etienne de Muret, transporté bientôt sur de hautes cimes au diocèse de Limoges, l'ordre de Grandmont, qui suivait la règle sévère de saint Benoît, avait été confirmé dès son origine par les souverains pontifes, protégé par les rois de France et d'Angleterre, favorisé de beaux privilèges et de nombreuses immunités; moins d*un siècle après la* mort de son saint fondateur, il comptait près de cent cinquante monastères qui suivaient tous son étroite observance ( i ) .

Plusieurs maisons de cet ordre furent créées dans le diocèse de Chartres, sous le patronage de l'évéque Jean de Salisbury, le disciple bienaimé de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. De ce nombre furent celles de Louye et des Moulineaux réunies par la suite (2).

Louis le Jeune, qui paraît avoir eu une affection toute particulière pour Tordre de Grandmont, en faveur duquel il fonda et dota richement plusieurs maisons, choisit presque à la porte de Dourdan, à 3 kil. à peine, dans le bois qui s'ouvre au sud-ouest, un lieu déjà consacré à Dieu suivant une antique tradition. C'était, comme dit de Lcscomay, une grande planade de terres labourables^ formant une sorte de vallée solitaire dominée de toutes parts par des versants boisés. Ce lieu, connu sous le nom de Louye, locum de Lojrâ^ était, selon la légende, Tendroit même où un prince égaré à la chasse avait été ouï de ses compagnons et avait, en reconnaissance, élevé un sanctuaire à Notre-Dame de V Ouïe. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette étymologie avait cours au xiii^ siècle: car,

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