‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 150 sur 191 · ADMINISTRATION. — SERVICES PUBLICS · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION. — SERVICES PUBLICS

La ville est administrée par un maire, deux adjoints, un conseil municipal composé de vingt-un membres, élus tous les cinq ans.

Il n*y a plus qu*une seule paroisse, celle de Saint-Germain, desservie par un curé doyen et un vicaire en même temps chapelain de Thospice.

Deux juges de paix, Tun pour le canton nord, l'autre pour le canton sud, résident et siègent à Dourdan avec leurs greffiers. — Arrêté du 3 brumaire an X (25 octobre 1801) (i).

Deux notaires ont à Dourdan leur étude et instrumentent chacun dans rétendue d'un canton.

Il 7 a aussi deux huissiers.

Le service financier s'opère par :

Un Percepteur,

Un Receveur de l'Enregistrement,

Un Receveur à cheval des Contributions indirectes.

Un Octroi municipal sur les boissons, à raison de o fr. 01 centime par litre, a été créé en i865 et s'administre par un traité avec la ré^e; son produit brut en 1868 a été de 5,981 fr. 14 c.

Il y a à Dourdan :

Une Recette de Poste,

Un Garde-général des Forêts,

Deux Conducteurs des Ponts et Chaussées,

Deux agents voyers.

Un Maréchal des logis de gendarmerie et 5 hommes.

V Instruction primaire est confiée ; Pour les Garçons, à un Instituteur,

Pour les Filles, à des Sœurs de Saint- Paul de Chartres qui sont aussi chargées de la Salle d'Asile.

t. Dourdan a perdu son tribunal de commerce, par décret impérial du 9 déceiabre 1854, et relève aujourd'hui du tribunal civil de Rambouillet, jugeant commercialement. Le tribunal de commerce de Dourdan paraissait pourtant avoir une utilisé réelle : pendant les dix dernières années de son existence, le chiffre des numéros .iu répertoire avait atteint 4206^ ce qui donnait une moyenne annuelle de 421 affains.

STATimQUE SOMUAIRB DE LA VILLE ET DES CAKTONS. 35y

II existe en outre des Pensionnats et Externats :

I pour les gardons,

3 pour les filles, dont un.dit Maison de la Communauté, est dirigé par les Sœurs de Saint-Paul et les deux autres ont des maîtresses laïques.

Des délégués cantonaux et communaux ont la surveillance des établissements scolaires.

Un hôpital-hospice possède 60 lits, dont 24 pour les vieillards infirmes de la commune; 24 pour les malades de Dourdan et des paroisses de Sa int-Esco bille, Sainte-Mesme, Saint-Arnoult, Saint-Martin, et les Granges; — 12 pour des enfants orphelins. Ses recettes ordinaires s élèvent en iS69,à 18,798 fr. 95 c.

Le bureau de bienfaisance a un revenu de 11,817 freines.

Une Société de Secours mutuels et de Prévoyance, créée le 2 mars i85i, comptait, au i" janvier 1869, 87 membres honoraires et 160 membrespartîcipants, etunavoir disfwniblede 4,6o5 fr. 91 c. Letotal des recettes pour l'année 1868 était de 3,584 fr. 84 c; celui des dépenses de 2,451 fr. 55. Le fonds de retraite montait à 1 1,289 fr. 57.C,

Une Caisse d'Épargne, autorisée par décret impérial du 27 novembre 1859 et ouverte le 29 décembre 1860, a 16 directeurs dont 5 au moins membres du Conseil municipal. Le nombre des livrets au i " janvier 1 869 montait à 1,348 et le total des versements effectués en 1868 s'élevait à 152,734 fr. o3 c, y compris 11 transferts (2,916 fr. o3 c).

•'pROiiït:î^ADE DANS LES DEUX CANTONS DE DOURDAN.

BoTBE iotention n'est pas de faire, dans ce livre, une histoire, , niémeabrégée,desquaranie communes qui composent aujour- I d'huîlcsdeux cantonsdeDourdan.C'estsurlavilledeDoiirdan, ' e'tsarelleseule, que nous voulons, du moins quant à présent, ' appeler l'attention, l'intérêt et l'étude du lecteur. Toutefois, ne seraii-ce que pour compléter le tableau par son cadre, faire juger de la position relative de cette ville comme centre territorial et administratif, et donner àceux qui ont bien voulu nous lire quelque désir de connaître un pays voisin de Paris et pourtant peu exploré, il nous semble utile de leur faire parcourir ici cette région, dans une très-rapide excursion, à la fois topojg^jLphique et historique. Les lieux ne seront souvent qu'indiqués et les pr;inci(pa^x,souvenirs rappelés en passant.

Les uns et les autres sont loin d'être étrangers à l'histoirede Dourdan, f^T.)fis çoinçiunes dont cette ville est aujourd'hui le chef-lieu ont été au- ^foi^ coniprises dans son bailliage ou dans son élection, et, suivant leur ,P^Qxi>mité, ont été; plus ou moins directement intéressées à ses destinées D^ souinisçsà son influence.

Bien que la division en deux cantons soit purement factice, nous l'observerons pour plus 4^ clajté, et, comineaçant par le canton nord, nous

PROMENADE DANS LES DEUX CANTONS DE DOURDAN. SSq

fei0h»le tour de son terrifoire tnappâyaot d^abôrd sûr4ar1[!^âSte7 c^stà-dîre au levant, pour remonter et reveijir. par le nord.^^ '"■ y. j

Si l'on sort de Dourdan par ^ancienne porte Saint-Pierre, aujourd'hui porte de Paris, et le carrefour de la Croix- Rouge^ on voit bientôt la vallée se rétrécir. Quand on a laissé à droite les dernières prairies de Dourdan et les dernières pentes des Jalots^ qui forment promontoire en face de Dourdan et semblent vouloir fermer la vallée de ce côté, on retrouve le cours de l'Orge qui serpente entre deux versants presque parallèles et descend lentement, cotojiée pfir, la route départementale et par le chemin de fer. La première commune qu'on traverse, à 2 kilomètres de Dourdan, c'est RoiNviLLE, qui doit à sa position le nom de Roinville-^ou^-Dour^j». Roinville, désigné sous le nom de Roinvileita dans un pouillé du diocèse de Chartres de la seconde moitié du xjii* siècle (i), nç copipt^t, suivant ce pouillé, que cinquante-sept feux. Son église, dont la nef surbaissée a été augmentée d*un chœur élevé, à voûte réticulée, avait dès lors pour patron saint Denis dont la fête d'automne amenait, suivant un ancien usage^ les paroissiens de Dourdan qui venaient chercher ce jour-là à Roinville l'office du soir et les premières châtaignes de Tannée, Roinville était une seigneurie et sa censive s'étendait jusque sur une partie de la ville de Dourdan. Les seigneurs du Marais étaient seigneurs de Roinville et en prenaient le titre. L'un d'eux^ Philippe Hurault, fit bâtir en 161 3 le petit château de briques qu'on voit encore près de l'église, désigné alors dans les aveux par ces mots : Pavillon couvert d'ardoise, cour avec fontaine au milieu, cour, basse-cour^ avec quatre tourelles aux coins, jardin^ parterre, basse-cour et jardin joints à la consistance de la ferme d&Cbât^aupers. On lit encore l'inscription suivante sur la façade de ce pavillon qui servait de rendez- vous de chasse au Marais :

Si ceste maison ne te plaist, Sans m'en désigner de nouvellet Laisse-la rooy telle qu'elle est, Et fais la tienne plus belle.

Roinville fut ravagé par la peste en 1 632. Quarante personnes environ périrent presque en même temps de la contagion dans le village. Un incendie violent y éclata le 1 1 août 17 19.

Plusieurs fiefs fort anciens dépendaient de la paroisse de Roinville et existent encore aujourd'hui, à Tétat de fermes ou de hameaux, sur les deux plateaux qui dominent la vallée au-dessus du village. Sur le plateau de gauche, la ferme de Chdteaupers rappelle un lieu seigneurial. Le haut bâtiment à pignon aigu qui lui sert de grange et se voit de loin à rhorizon est un reste de Tancien manoir. Le fief de Châteaupers, autrefois appelé « lesCremaux » et dépendant delà paroisse Saint-Pierre de

I. Cartulairede Samt'Pèrt de Chartres, Guérard, 1840, tn-4*^ t lé

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Dourdan, était une des plus belles propriétés de plaisance et de cmpport des environs. D'un côté, des terres labourables^ de lautre un versant exposé en plein midi et couvert de vignes. Le vignoble de Château* pers était le plus estimé de la contrée et de Lescornay en vante les vins. Pierre de Gobache^ Técuyer de Louis XI, était seigneur de Châteaupers en 1 496. Pierre Lucas et son épouse Perrine Boutet demeuraient, vers 1 5 1 o^ dans leur maison « des Châteaupers. » Jean Hurault^ seigneur du Marais, acheta cette terre en i520^ et quand Rachel de Cochefilet, veuve de François Hurault (i Sgo), épousa Sully, elle s'appelait, du nom de son mari, madame de Châteaupers. — Tout près et non moins bien exposée, est la ferme, ou ancienne seigneurie deBeauvàis ou Beauvoir {i) et, un peu plus loin, cdie des Hautes-Minières (2)^ dont le nom rappelle une des exploitations métallurgiques jadis tentées dans le pays.

Sur le plateau de droite, Af arc hais (3) regarde Châteaupers. Derrière, est Plateau (4) dont les terres rejoignent la route d*Étampes. Le hameau de la Brière ou la Bruyère fait suite à Marchais; son nom est mentionné dans une charte du vu* siècle (5). C'était, de ce côté^ la limite du « Pagus Stampensis » ou de TÉtampais. Le prieur de Saint* Pierre était seigneur de la Brière et sa censive était établie par terrier (6). Longtemps on a cru et écrit que La Bruyère était né à la Brière, mais il est bien prouvé qu'il était Parisien.

Plus bas, sur le bord de la route, est Ménilgrandj dont le peu d*étendue .'fait mentir aujourd'hui le nom et dontTaspect délabré semble anester une décadence (7).

La commune de Sermàisb occupe, comme celle de Roinville dont elle est le prolongement, le fond et les versants de la vallée. De Roinville à

1 . Messire Jehan Le Clerc, seigneurde Beauvais.—Procès-perbal des Coutumes, i55ô.

Le Marais acquit Beauvais ainsi que la plus grande partie des petits fiefis dépendants de Roinville : le Coulombier, Pougnain ou Poignant, Flamant y Cristal^ Richeville, etc.— Archives du Marais, Archives de V Empire, O. 20,436. — La justice se rendait au Marais, xnais des murs de prison subsistent encore à Beauvais, dit-on.

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