Bibl, imp.j fonds franc., n» 9852, A. 3i v
b.Bibl. imp,, fonds franc., n» 9852, 3(Colberl), 201. Est-ce de Barthélémy Jorrî, curé
24 « CHAPITRE m.
ainsi que réctijreret Téchanson, suivant toujours leur maître, se créaient peu à peu des intérêts dans un lieu que la cour aimait à visiter. — En novembre 1 220, Pierre, abbé,et le couvent de Saint-Chéron de Chartres s*engagent à ne pas établir d* hôtes sur un arpent de vignes que Philippe a permis à l'église des Granges de posséder en perpétuelle aumône (i), — et en 1222 ce même Pierre abbé passe avec le roi un contrat d*un haut intérêt pour nos études^ et que nous devons signaler dans ses détails. ^
Par une charte signée à Paris du 2 au 3o avril, Philippe fait savoir à tous présents et à venir qu*il a institué une chapelle dans son nouveau château de Bourdon et qu*il a concédé à Tabbé et au couvent de Saint- Chéron de Chartres qu*un de leurs chanoines du prieuré de Saint-Germain de Dourdan célébrât tous les jours les saints mystères dans ladite chapelle, à la condition expresse que ce célébrant prêtera serment de fidélité au roi et à ses héritiers possesseurs du château, et que le serment sera renouvelé à chaque mutation de chanoine. A ce chanoine sont assignées quinze livres de revenu sur la prévôté de Dourdan, payables moitié à la Toussaint^ moitié à la Purification ; et s'il arrive au prévôt d'être en retard pour le payefnent, il devra au roi cinq sous d'amende par chaque jour de retard.
Nos lecteurs ont compris toute la valeur de ce texte : il contient une précieuse révélation sur la construction du nouveau château et sur l'importance qu*y attache le souverain en le dotant d'une chapelle et d'une fondation de messe perpétuelle. Notre historien de Lescornay a connu et cité cette charte; mais, comme il le dit lui-même, sans l'avoir vue en forme. Aussi, sa version est-elle incomplète et inexacte, dépourvue surtout de cette curieuse mention du nouveau château. Le texte que nous offrons (2) a été soigneusement copié par nous à la bibliothèque impériale sur le manuscrit original de ce précieux registre connu sous le nom de registre F, qui contient, avec le registre E auquel il a prêté et emprunté tour à tour, les actes officiels de la chancellerie royale sous Philippe-Auguste, la reine Blanche et saint Louis.
Une autre pièce nous sert ici de contrôle.
Du 2 au 3o avril 1222, Pierre abbé et tout le couvent de Saint-Chéron s'engagent ù députer un de leurs chanoines du prieuré de Dourdan^ pour célébrer la messe dans la chapelle que le roi vient de faire nouve//ement construire dans son château, et cela sous la condition précitée d'un serment de fidélité (3). Les chanoines de Saint-Germain n'eurent certai-
des Granges à cette dpoque ? — Cest l'origine du fief de l'Eschanson, sis à Dourdan.
I. Trésor des Chartes, Chartres, II, 4, J. 172, Reg. 3i, f. 61 bis, n» io3.
i. Pièce justiâcative II. — Bibl. impériale, fonds franc, n» 9852, 3 (Colbert), f . 1 24 vo.
3. Pièce justificative III, tirée du Trésor des Chartes, Chartres, II, 5, J. 172, reg. 3i, f^ 61 bis, n« 101. — Citée par Tculet, I, n» i53i.
DOURDAN, DE PHILIPPE- AUGUSTE A PHILIPPE LE BEIi. 25
nement qu'à se louer de la bienveillance royale, et, suivant toutes les présomptions, c'est à notre illustre fondateur que s'appliquent ces mots par lesquels commençait le martyrologe ou liste des bienfaiteurs de la paroisse Saint-Germain : « Nous prierons pour le roi Philippe. » C'est à lui que de Lescornay attribue la donation faite à la fabrique du droit de mesurage dans la ville et faubourgs, qui vaut ordinairement, ajoutet-il, six cents livres par an, sans qu'aucun sache qui l'a donné, ni d'où il est venu, à cause de la perte des registres et titres de l'église (i).
Et maintenant, nous demandera- t-on, quel est ce nouveau château? Cest celui que nous voyons subsister encore aujourd'hui, au moins dans son plan général, avec son enceinte intacte, ses fossés, ses tours et son donjon. Notre intention n'est pas de le décrire ici, nous réservons à cette description un chapitre spécial. Nous dirons seulement qu'au lieu et presque certainement sur l'emplacement du vieux château romain et mérovingien où était mort Hugues et où Louis VII avait vécu, Philippe- Auguste, cet admirable constructeur de forteresses, fit élever, tout d'une pièce, un édifice imposant ei régulier, pourvu de tous les systèmes de défense alors en usage, fossés profonds, courtine élevée flanquée de huit tours, donjon isolé avec tous les engins de siège, moyens d'existence, puits, souterrains de retraite, etc., corps d'habitation les uns destinés aux plaisirs du maître, les autres au logement de la garnison. Situé au milieu de la ville, entouré des maisons de la place, bien que séparé d'elles par des boulevards et des barrières, le château était le centre de Dourdan. Le seigneur avait sous les yeux, presque sous la main, l'église, la halle, c'est-à-dire la vie morale et la vie matérielle de la cité, et le puissant donjon renouvelé pour des siècles afhrmait et au besoin était prêt à soutenir les droits politiques et féodaux du royal suzerain de la contrée.
S'il est dans une ville ou un monument un beau souvenir à recueillir, une trace précieuse à vénérer, c'est la mémoire, c'est le passage du pieux et grand monarque devant lequel l'histoire s'incline et T Église s'agenouille, saint Louis, le roi modèle, le patron des rois très-chrétiens. Un nom est étroitement lié au sien dans les respects de la postérité, celui de son illustre mère, la reine Blanche de Castille. Dourdan a eu l'honneur et l'heureuse fortune d'être le domaine et parfois le séjour de ces deux hôtes vénérés. Son vieux château leur a ouvert ses portes, et le voyageur n'y foule pas sans émotion un sol qu'ils ont touché et des degrés qu'ils ont franchis.
En 1240, par une charte datée de Paris, Louis IX fait savoir qu'en échange des biens qu'il a distraits pour l'apanage de son frère Robert d'Artois, il a assigné à sa très-chère dame et mère F illustre reine Blanche^ pour être possédées par elle, avec toutes leurs appartenances, les villes de Meulan, Pontoise, Étampes, Dourdan avec sa forêt, Corbeil