Série A, n«* 1884 à
mineux dossiers. I Is contiennent sur les propriétaires de Dourdan, notamment aux xin* et XIV* siècles, des renseignements locaux fort intéressants. Le lecteur trouvera à la fin du volume des extraits dont nous n'avons pas voulu surcharger ce chapitre (i ).
CENSIVE DE l'abbé DE CLAIREFONTAINE.
Elle était une conséquence de l'antique possession du fief et terre des Jalots, près Dourdan, par l'abbaye de Qairefontaine. On se souvient de la colonie agricole envoyée par le couvent, qui au xiii* siècle défrichait les pentes sablonneuses du coteau. Vers le xv* siècle, les moines paraissent avoir cessé d*exploiter directement les terres , et en les affermant ils se créèrent une censive bien établie par des terriers, déclarations, cueilloirs conservés dans le fonds de Tabbaye aux archives de Seine-et-Oise :
fl D*un aveu rendu au roi en 1601, à cause de sa grosse tour de Dourdan, pour le fief des Jallots : le Heu et manoir appelé les Jallots : maison manable, grange, étables, volière, garenne et jardins, 200 arpents de terres environ, partie en labour, partie en friche sur la paroisse^ justice et bailliage de Dourdan, tenant d'une part aux vignes de Beaumont et au chemin tendant de Marchais à Dourdan, lesquels lieux et terres auroient esté baillés à vies par lesdits déclarans dès Tan 1485, à la charge des droits seigneuriaux et de 24 sols 8 deniers parisis, 2 chapons de cens^ payables par an audit abbé et couvent. — Droit de champartsur toutes les terres de 12 gerbes Tune par arpent. — 9 sols 7 deniers de cens sur un arpent et demi de vigne, appelé la vigne de Beaumont, paroisse de Dourdan.— 3 sols 1 x deniers obole parisis de cens sur 19 arpents de terres, paroisse de Dourdan, près Tétang de Gauldrée, tenant au chemin de Beaurepaire et aux terres du Madré. — 12 sols parisis de cens sur 5 arpents de terres où sont plusieurs maisons appelées le Lieu du Madré, en la paroisse et jus-' tice de Dourdan, tenant d*une part au chemin du moulin Choiseler à Beaurepaire, d'autre aux terres dessus dites. — 6 sols parisis sur 6 aires contenant 3 quartiers de terre sis en la Basse-Bretonnière, tenant d'une part au moulin Choiseler et aux jarins, d'un bout à la rivière et d'autre à la Morteaue. — 12 deniers parisis de cens sur une maison à Dourdan. — 1 2 sols i denier parisis de cens sur 9 arpents de terre au Afesnt'/.— 19 sols 6 deniers parisis sur 9 arpents 1/2 de terre à Roinville.— 28 deniers parisis sur une maison et jardin audit Roinville. ■ De tous lesquels biens l'abbaye jouit de temps immémorial et ont été amortis en
Mentionnons en terminant la censive de rabbé de Morigny à cause de quelques droits qu'il avait conservés comme collateur des bénéfices
2. Archives de Seine-et-Oise, /on^5 de Clairefontaine, cartons 3, 6, etc. — Voir déclarations et cueilloirs concernant les cens dus à Tabbaye à cause de son fief des Jallots, i5oi à 1 601, etc. — Baux à ferme et emphytéotiques de la ferme des Jallots, procès-verbal de visite de cette ferme, baux et autres pièces concernant les champarts du fief des Jallots, 1546 à 1759, arpentage et plan de la ferme en 1785.— Bail du 18 juin 1649 pour 6 vingts livres par an et 4 setîersdeblé aux héritiers Thibault, avant à Léger Lucas et à sa veuve dès 1485. — Sentences, saisie féodale ( 4 juin i552), procès-verbal de compulsoire, contrats, etc., 1485 à 1576.
l50 CHAPITRE XIU.
du prieuré et de la cure de Satat-Pîerre, dans la paroisse proche c li garenne des Granges. >
Celle des doyen, chanoines et chapitre de Sainte-Croix d'Étampes.
Celle du prieur de Saint-Amoult pour quelques redevatKes qu'il avait droit de percevoir dans la ville, etc. , etc.
Sans oublier celle de F abbé de Saint-Chéron-lès-Chartres, à cause de ses droits incontestables sur la paroisse Saint-Germain dont il était depuis le xn* siècle, comme on l'a vu ailleurs, le supérieur ecclésiastique et le gros dédmateur.
^RévoTÉ. —BAILLIAGE. — Cest àdesseîn que nous rangeons sous un même titre ces deux juridictions , parce que^ après avoir été séparées d'abord, elles ont été longtemps de fait, puis définitivement de droit, réunies à Dourdan dans la même main. La prévôté y était fort ancienne. Les premiers Capétiens eurent à Dourdan un prévôt (prœpositus)^ comme tout seigneur en avait alors un dans chacun de ses domaines. Ce préposé représentait le maître, rendait la justice ordinaire et levait les impôts. Il tenait sa charge à ferme; de là en général ses exigences et son impopularité (i). Nous avons vu une commission donnée, dès ii i6, par Louis le Gros à son prévôt royal de Dourdan, et le lecteur se rappelle les comptes de la prévôté de Dourdan pour Pan 1202, que nous avons cités au règne de Philippe- Auguste. Comme intermédiaire entre le prévôt et « la cour royale » oti le souverain, assisté de ses grands vassaux, jugeait les causes importantes, apparut un autre délégué, le baillL Partant .pour la Palestine en 1 191 , Philippe-Auguste, dans son règlement pour l'administration du royaume, déclare qu'il a, dans certaines provinces, établi des baillis qui devront tenir leurs assises un jour par mois, entendre tous les plaignants, juger sans délai, évoquer les affaires concernant le roi et sa justice et tenir un rôle spécial des profits du roi. Le nombre de ces baillis ne s'élevait guère