‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 2)Chapitre 116 sur 232 · Panser · texte numérisé non relu

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août 10) Chronique de Jean Raoulet. i3 i

vespres , comme à qui demouroit la victoire du jour Et notez que ce fut la vigile Saint-Laurent a , et aussi le seigneur de Saintrailles y fut prins.

Le lendemain s'assemblèrent dedens Saint- Riquier Jacques de Harcourt, cappitaine du Crotay, le seigneur d'Offémont, la garnison de Saint-Riquier, et Jehan Raoulet, à tous leurs gens d'armes et garnisons; et deux jours après, le duc de Bourgogne passa devant eulx avec leur armée. Mais on ne fist semblant de batailler d'un costé ne d'autre. Puis s'en retournèrent lesdits François chacun à ses garnisons.

1. Voy. sur cette attribution ce que nous avons dit, JVotice de J. Raoulet , p. lj. On lit dans un compte du receveur général du duc de Bourgogne : « J'ay payé xviij sous parisis à un chanteur en place, qui le neuvième jour de septembre 142 1, mondit seigneur estant à Boulogne-sur-la-Mer, chanta devant mondit seigneur atout sa vièle une chançon nouvelle de la belle journée par mondit seigneur obtenue à rencontre de ses ennemis à Mons en Vimeux» (La Picardie , ibid., p. 154-4). ° n voit par cet extrait que Philippe le Bon, ainsi que Jean Raoulet, chantoient victoire chacun de leur côté.

2. La Saint-Laurent est le 10 août. D'après notre historien, c'est donc le 9 août qu'auroit eu lieu la bataille de Mons, où la Vieuville fut tué. Monstrelet et les Bourguignons la placent au 3 1 août. L'extrait que nous avons cité ci-dessus, p. 179, note 4, ne tranche pas le doute avec évidence. Il y est dit que l'action, au ji, s'étoit passée n'avoit gains. Ces mots peuvent s'entendre de quelques heures; ils peuvent s'entendre aussi de quelques jours. Il semble peu probable que la bataille, la mort du capitaine à Mons, son inhumation et son service funèbre à Abbeville, aient pu se succéder le même jour. J'inclinerois à croire que le capitaine fut blessé à mort sur le champ de bataille et qu'il mourut peu après de ses blessures. La date du 9 ne me paroît donc pas impossible.

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Et environ ces jours mesmes , qui estoit au moys d'aost en cel an mil quatre cents vingt-trois 1 , le conte de Salbry et le conte de Suffort, Anglois, etlemareschal du duc de Bourgogne, avec grosse armée , assiégèrent asprement et fort la ville de Cravant , tellement qu'ils faisoient moult d'ennuy et donnoient moult à souffrir à ceulx de dedens. Et tantost envoya le roy pour sescourir les assiégés Amorry de Sevrac *, chevalier, mareschal de France, et le seigneur de Deruèle connestable des Escocoys 4 venus en France, à grant cornpaignée de François et Escoçois, pour sescourir lesdits assiégés. Mais lesdits Anglois et Bourguignons leurs donnèrent rencontre aux champs moult aspre. Et là furent fait pluseurs beaux faiz d'armes, et pluseurs mors et bléciés d'un costé et d'autre. Mais en la fin furent les François desconfis, et morirentsur les champs le seigneur de Fontaines et autres, jousques à deux mille, et

[>rins le seigneur Deruèle et moult d'autres. Puis es assiégés rendirent la place aux Anglois et Bourguignons. Et après laissèrent-ils garnisons dedens , et s'en alèrent s .

1. Ici une main contemporaine du texte a ajouté en marge : Dubiia de anno et tempore. On voit que Tannée 1423, qui règne ci-dessus, et la date spéciale du fait ici annoté étoient regardées comme douteuses. C'est aux faits précédens que ce doute doit légitimement s'appliquer.

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