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[1419 janvier] Abrégé François, etc. 21 j
France accordée à Henri V. Le Dauphin prend le titre de régent et tient son parlement à Poitiers. Trêves entre les François ou Charles VI et les Anglois. Prise du Tremblay, sur le Dauphin , par les Anglois et Bourguignons. Siège de Roye en Vermandois pour le Dauphin. Crépy en Valois pris par les Armagnacs, repris par le duc Philippe ou les Bourguignons.]
privez les deux enfans de la dame
et de son feu mary, seigneur du chastel, de leur succession paternelle. De la prinse du dessusdit chastel fut joyeulx le roy d'Angleterre, et dist :
1. Cette première phrase doit sans doute être restituée en ces termes pour le sens : « Et ainsi furent privés les deux enfans, etc. » 11 s'agit ici du château de la Roche-Guyon , qui fut pris vers le mois de janvier de Tannée 1419, nouveau style, par Henri V. Ce château appartenoit à une dame •qui mérite un rang illustre dans l'histoire. Elle s'appeloit Perrette de la Rivière , dame de la Roche-Guyon. Veuve d'un chevalier mort à Azincourt, et mère de deux jeunes enfans. Henri V lui proposa de lui laisser son château de la Roche, à condition qu'elle reconnût son autorité; il voulut en même temps la remarier à un chevalier normand rallié à la cause angloise. La dame de la Roche-Guyon refusa; elle préféra s'exiler, pauvre et dépossédée, menant ses deux jeunes enfans par la main. Elle vint ainsi trouver le Dauphin, dont elle suivit le parti avec une fidélité inébranlable. Charles VU reconnut les services de la mère et de ses fils. En 1446, Perrette de la Rivière étoit première dame d'honneur de la reine. Elle fut la marraine de Charles, duc de Berry, frère puîné de Louis XI (Monstrelet, Religieux de Saint-Denis, documens particuliers). — Ce fragment, comme on Fa dit dans la notice, suit pas à pas le récit du religieux de Saint-Denis. Voy. Chronique du religieux de Saint-Denis, publiée par M. Bellaguet, dans la collection des documens inédits, m-4. Le passage qui correspond au fragment commence à la p. $ 1 3 du t. 6. Pour faciliter les références, nous indiquerons, d'intervalle en intervalle, les pages de l'édition de M. Bellaguet qui correspondent aux pages de notre édition du fragment D.
214 Abrégé François [1419 janv.-
« De tous les chasteaulx de Normandie, ne reste plus à conquérir et mectre en ma subjection que Gizors, Chasteau-Gaillart, Meulent etPontoize, lesquels en bref nous mettrons en nostre obéissance, avec toute Normandie qui de droit nous appartient. » Ceulx de Pontoize, oyans ces nouvelles, se garnirent de gens d'armes , vivres et autres neccessaires pour résister aux Anglois
3uant ils vendroyent , et firent leur cappitaine u seigneur de l'Ile-Adam.
Combien que le roy ne ceulx de son royaume ne fussent contens de ce que avoit dit le roy d'Angleterre, que pour luy et pour ses heoirs il conquerroit Normandie, et que de droit lui appartenoit 1 , touteffois, le roy et son conseil, voyant les divisions entre les princes de son royaume et la fortune des Anglois, anciens ennemis, désirant obvier à plus grans inconvéniens, envoya devers le roy d'Angleterre ses ambassadeurs, affin d'avoir trêves et aucuns accords, lesquels honnourablement reçut, et respondit qu'il estoit bon et convenable avoir accord ensemble pour l'utilité des -deux royaumes , et que sur ce failloit avoir advis. Mais pour lors ne fut procédé oultre; et ne cessa point le roy d'Angleterre de guerroyer tousjours. Pourquoy le roy manda de rechef à Melun par certains ambassades à Monseigneur le Daulphin qu'il joignist et feist venir ses gens d'armes avec les siens et ceulx du duc de Bourgogne pour résister aux Anglois. Dont Monseigneur le Daulphin , à l'instance d'aucuns ses conseillers , fut refusant. Mais gaignèrent par am-