‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 2)Chapitre 165 sur 232 · Derby · texte numérisé non relu

Derby

2)8 Abrégé François (1420 fév.-

d'armes le destroussèrent avec sa compaignée. Desquels aucuns furent mors , et lui avec pluseurs des siens prisonnier et mis à grosse rançon et finance, et perdit moult de précieux joyaulx qu'il avoit avec luy, de quoy le roy d'Angleterre fut moult desplaisant.

Quant 1 Monseigneur le Daulphin , régent le royaume , vit Anglois et Bourguignons ainsi joins ensemble lui faire guerre et destruire le royaume, et qu'ilz tenoient le roy por ainsi comme prisonnier dedens Paris , il requist au duc de Bretaigne, qui avoit sa seur, fille du roy, pour épouse 2 , qu'il lui voulsist aider et bailler ses gens d'armes pour leur résister ; de quoy fut refusant iceluy duc. Pourquoy Olivier de Bloys , conte de Paintièvre , parent et subget du duc , et qui prétendoit grant droit sur le duchié de Bretaigne, machina la prinse d'iceluy, et vint devers luy, à Nantes , lui requérir avec toute humilité pardon d'aucunes offenses faites contre lui , et de nouvel lui fist le serment de féaulté envers et contre tous, ainsi qu'il est accoustumé en tel cas. De quoy firent grant joye les Bretons. Mais, ce nonobstant , deux jours après , lui requist qu'il voulsist visiter dame Marguerite de Clisson, sa mère , et pluseurs autres nobles dames qui estaient à Chantoceaulx , en Anjou, cinq lieues près Nantes. A auoy le duc obtempéra voulentiers.

Et quant il fut à deux lieues près dudit lieu, avec ses serviteurs et familiers, saillirent sur lui grant nombre de gens d'armes embuschés de par le

Page 1