DES GRANDES CHRONIQUES
fut tué et osté la tête d'un cop de pierre de canon partant de la ville, dont fut fort espoventé et dolent ledit conestable , tellement qu'il gecta ses armes et fist veu à Dieu que jamais contre François en celle guerre il ne s'armeroit, car injustement ilz faisoient guerre au roy et à son royaume de France.
Sant ceulx de dedens , qui n'estoient pas en re souffisant pour résister à la puyssance des Anglois , eurent tenu par aucuns temps, ils demandèrent sescours et effors à Monseigneur le Daulphin , lequel leur envoyoit le seigneur d'Ofemont avec mil combattans 1 . Lesquelz, pour la résistance de leurs adversaires, ilz ne purent entrer dedens, mais furent asprement assaillis et pluseurs morts et nàvrés, et prins ledit d'Ofemont et autres; aucuns s'en retirèrent eteschapèrent.
Adonc ceulx de dedens, voyans qu'ils n'estoient pas en nombre souffisans pour garder la ville et le marché , qui est place la plus forte , divisée d'avec la ville , la abandonnèrent et se retirèrent dedens icelui marché. Et incontinent entrèrent dedens la ville les adversaires, ouquel ils trouvèrent le bastard de Vorruz, homme mauvais , qui avoit fait mourir et pendre , sans aucune occasion , pluseurs bonnes gens, laboureurs sur les champs , aux arbres autour de la ville. Pourquoi ils le firent pendre à ung arbre 1 .
i. Bellaguet, p. 45 1.
2. Gratification de 250 livres accordée par le régent Dauphin à son bien améle bâtardde Vaurus. 30 novembre 1419.
Charles, filz du roy de France , régent le royaume, daulphin de Viennois, duc de Berry, de Touraine, [et comte de
Di
2fo Abrégé François [1422 (mai 10)-
Après que les Anglois furent dedens la ville 1 , pour plus oppresser les François, ils se misdrent
Poitou, à nos] amez et féaulx conseillers de Monseigneur et de nous, les commissaires par nous ordonnez sur le [fait de toutes nos] finances, tant en Languedoil comme en Languedoc, salut et dilection. Nous voulons et vous mandons [expressément que] des dictes finances, vous, par notre bien amé Guillaume Charrier, commis à la recepte générale d'icelle, [vous fassiez bailler] et délivrer, tantost et sans délay, à nostre bien amé le bastart de Warrus, escuier, la somme de [250 livres tournois,] que donnée lui avons et donnons de grâce espécial par ces présentes pour cette foiz, tant pour les [bons et agréables services par] luy faiz à mon dit seigneur et a nous, ou fait de la guerre et autrement , fait chacun jour et espérons que face ou [temps advenir, comme] pour luy aidier à entretenir les gens d'armes et de trait de sa compaignie, estant ou service de mon [dit seigneur et de nous, et pour] certaines autres causes à ce nous mouvans; et, par rapportant ces présentes et quictance sur ce seulement, [ladite somme] de 2jo livres tournois sera allouée ès comptes et rabatue de la recepte du dit Charrier, par noz chiers et bien amez [conseillers et commissaires?] de mondit seigneur, ou autres à qui il appartiendra. Ausquels nous mandons que ainsi le facent sans aucun con[tredit et non obstansl quelconques ordonnances, mandemens, ou deffences a ce contraires.
Donné à Bourges le derrenier jour de no[vembre, l'an de] grâce 14 19,
Par Monseigneur le régent Daulphin, le président de Provence (Louvet), le sire deBeauvau* et autres, présens.
Signé : Chastbnier {secrétaire).
Original sur parchemin. Direction générale des archives, carton K , 2499. La pièce ésiendommagée. Les parties entre crochets sont restituées. Cet* atroce personnage étoit venu avec le comte d'Armagnac. On peut consulter sur son histoire, entre autres sources d'information, le Journal de Paris, à la date; Monlezun, Histoire de Gascogne, 1847, in-8, t. 4, p. 227. Vaurus est mentionné ci-dessus, p. 170.