La chronique ou fragment de Jean Raoulet est dé
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et félicité de Charles Vile de ce nom, roy de France, qu[i furent ou qu'il eut ?1 en son temps et règne, il est molt convenable dire et raconter en bref, par manière de prologue, ce qu'il s'ensuit , combien que au long il est escript cy-devant ès croniques de Charles Vie de ce nom , roy de France, son père. Duquel et de dame Isabel, fille du duc de Bavière, royne de France, il fut quatriesme fils, procréé et né à Paris le dix-huitiesme jour de février mil quatre cent et deux ». Et là fut nourrit et instruit en science et meurs, par pluseurs nobles et saiges seigneurs : Hugues de Noyers 2 , le seigneur de Beauvau * , le seigneur de Mailly * et damoyselle Jehanne du Mesnil $ , et autres nobles du
pourvue de chapitres et rubriques. Nous avons jugé nécessaire', pour la commodité des recherches, d'introduire dans le texte ces utiles divisions. Afin d'éviter toute méprise, nous plaçons entre crochets ces additions de l'éditeur.
1. Charles VII naquit, non pas le 18, comme le dit notre chroniqueur avec inexactitude, mais le 21 ou le 22 février 1403 nouveau style. J'ai composé un mémoire spécial sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'isabeau de Bavière. Ce mémoire , où j'ai tenté d'éclaircir les questions relatives à la date de la naissance, mariage, etc., de chacun de ces enfans, doit paroître prochainement dans la Bibliothèque de l'École des chartes.
2, j, 4, 5. Hugues de Noyers ou Noé, chevalier (disent les auteurs de VHistoire génêaologique de la maison de France, 1733, in-folio, au chapitre des Grands-ècuycrs, t. VIII, p. 472), fut institué premier écuyer du corps et maître de l'écurie de Charles, fils du roi de France, dauphin de Viennois, duc de Touraine et de Berry, comte de Poitou, lorsque ce dauphin n'était que comte de Ponthieu. 11 y fut depuis confirmé par lettres données au château de Rouen le 4 août 141 7. Il en prêta serment dans les mains du chancelier le s septembre suivant , et en fut déchargé en 1419. En 1417, après la conspiration qui devoit éclater
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royaume. Le quel, après son nasquiment, fut tenu sur les sains fons de baptesme par Charles
cette année aux fêtes de Pâques, le Dauphin fit don à Hugues de Noyers des biens confisqués sur Nicole d'Orgemont , l'un des conspirateurs (PP, n° 1 18, f" 79). Au mois d'août 1419, conseiller et chambellan du régent, il signa le traité du Ponceau, passé entre Charles et le duc de Bourgogne (Barante). Au mois de février suivant, Hugues de Noyers (écuyer), conseiller du dauphin, donne quittance de 2,000 livres à lui ordonnées par le Dauphin sur le receveur général de toutes les finances. Hugues venoit d'être nommé capitaine du châtel de Roquemaure en Languedoc (Anselme, ibidem). En 1428 et 1429, chevalier, maître d'hôtel du roi, il étoit visiteur général des gabelles à sel du Languedoc , adjoint à l'évéque de Laon (Guillaume de Champeaux), comme administrateur général des finances (D. Vaissète, in-folio, t. 4, p. 473, et Anselme, ibid.). La même année 1429 il assista au sacre, et céda par ordre du roi un coursier rouan au ministre La Trimouille. Le roi, par lettres du 5 octobre, pour l'indemniser de ses dépens, lui accorda , 600 livres sur les gabelles de Languedoc (Charte additionnelle 4372 du British Muséum. Voy. Biblioth. de l'École des chartes y t. 8, p. 14$, n w 16). Le roi, par autres lettres datées de Loches le 1 < octobre 1429, lui accorda une autre gratification de 400 livres (Catalogue Joursanvault , n° 482). Il avoit 1,000 livres de pension en 143 2 (Anselme). En 1434 il accompagne le roi à Vienne, en Dauphiné; puis en octobre à Poitiers, comme membre du grand conseil (Charles VII et ses conseillers, p. 16). Nous le retrouvons à Tours en 1436 et 1438. Là, le ij août 1436, le roi lui achète pour ses écuries deux coursiers de poil bai , au prix de 400 écus d'or (Anselme). Le lendemain, Hugues de Noyers, maître d'hôtel, signe en qualité de témoin au contrat de mariage, entre Yolande de France, fille du roi, et Amé ou Amédée, fils du prince Louis de Piémont (Ms. Brienne, n w 80, f* 137). Par lettres données à Tours le 16 janvier 1437-8, le roi octroyé à son familier 1,000 livres tournois en accroissement de dot de l'une de ses filles que Hugues de Noyers mariait à cette époque (Anselme). Il figure comme témoin et membre du grand conseil dans la formule finale de plusieurs actes ou lettres-patentes émanés du roi : à Paris le 30 novembre 1437; en novembre 1441 et le
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de Lebret, le quel, en ce jour mesmes, le roy feist conestable de France pour sa proesse.
2 décembre dç la même année (Charles VII et ses conseillers). Il existait encore en 1447, toujours capitaine et châtelain de Roquemaure. Le 2 $ juillet de cette année il donna quittance de 400 livres sur ses appointemens , signée Huguet (Anselme).
3. Pierre 1 de Beauvau, seigneur de la Roche-sur- Yon et de Champigny, gouverneur d'Anjou et du Maine , sénéchal d'Anjou et de Provence, appartenoit à une ancienne famille étroitement attachée , depuis le treizième siècle, à la maison d'Anjou. Il fut successivement le bras droit de Louis II , qui le fit en 1 4 1 7 l'un de ses exécuteurs testamentaires ( Bouche, Hist. de Provence y 1665, in-folio, p. 434), et de Louis 111, rois de Sicile et ducs d'Anjou. Au sortir de l'enfance, Charles VII épousa Marie d'Anjou. Pierre de Beauvau exerça sur Charles Vil , -dès le berceau, l'influence que la maison d'Anjou conserva pendant tout le règne de ce prince. Pierre étoit fils aîné de Jean I de Beauvau et de Jeanne de Tigny. Il naquit vers 1380. En 1416 il combattoit contre les Anglois en Normandie. En 1418 il étoit gouverneur de Provence, d'Anjou et du Maine (Berry, le hérault).
En 1418 il habitoit Paris, auprès du Dauphin, lorsque les Bourguignons y entrèrent , et contribua , comme le raconte la chronique de Jean Raoulet, à sauver le Dauphin des périls qu'il couroit en cette circonstance. Signataire du traité de juillet 1419, dit du Ponceau, il figura dans le camp du Dauphin parmi les acteurs du drame historique qui ensanglanta (10 septembre suivant) le pont de Montereau (Besse, Recueil de pièces, p. 304; Barante, Ducs de Bourgogne). Il est encore mentionné, sous les dates des 14 octobre et 30 novembre , même année , comme un des conseillers et chambellans du régent (Bréquigny, ms. 8o, et ci-après page 250, en note.)
Louis III et Yolande d'Aragon lui transportèrent, par lettres du 20 octobre 1423, la seigneurie de Champigny ou Champigné-sur- Vende. La même année (1423) il prit part au succès de la Gravelle , remporté par le jeune et héroïque comte d'Aumale.
Parmi les documents relatifs à la Pucelle réunis par M. Quicherat à la suite des deux procès, on trouve un poème latin, anonyme et contemporain (dont l'auteur me paroît
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Cestui Charles Vile fut roy après son père, pour ce que tous ses frères nez devant lui, et
être Robert Blondel). Quelques vers de ce poëme nous apprennent ce qui suit : Pierre de Beauvau , vaillant et renommé serviteur du roi de France , avoit donné à l'un des frères de ce prince ( probablement le dernier dauphin , mort en 1417) un coursier dont la vitesse étoit encore remarquable douze ans après *, en 1429. A cette dernière époque, ce cheval appartenoit au roi, et la Pucelle, arrivant auprès de Charles VII à Chinon, lui demanda ce coursier pour monture. Voici les expressions mêmes du poète :
Est equus hic tecum , vtlocior unus in istis, Quem quondam fratri dédit ille valens vir Petrus, qui dominus de Bella y aile; fi de lis DiUctus que tuus, et pro te vulnera passas Plurima militiâ; toto jam cognitus orbe.
Hune peto cornipedem , etc. ... 2 ^ - - )
(Procès, efc, t. 5, p. 38, vers 85 à 90,)
Le 17 juillet 1429, Pierre de Beauvau assistait, à Reims, au sacre de son pupille et de son roi. Il écrivit, ce jour même , avec deux autres gentilshommes appartenant à la reine de Sicile, une lettre curieuse. Il y rend compte à cette princesse, ainsi qu'à sa fille, la reine de France, Marie d'Anjou , de ce grand événement ( Voy. cette lettre, Procès, t. 5, p. 128 à 131). Beauvau exerçoit, à la date du 10 décembre 1429, les fonctions de lieutenant pour le roi de Sicile Louis III, dans ses comtés de Provence et de Forcalquier. Il jouissoit encore de la même qualité en 1433 (Bouche, cité, p. 449 et 450). En 1431, le lieutenant de Provence fut chargé par Louis 111 de négocier le mariage qui
* Charles VII , à l'exemple de son oère et de sa mère, avoit le goût des chevaux nombreux et de prix. Cest ce que l'on voit en étudiant les registres des comptes appartenant au règne ou à la période de Charles VI. Il y avoit dans les écuries royales des chevaux qui se payoient 40 livres tournois et même au-dessous; mais le roi, la reine, et spécialement le dauphin Charles y mettoient quelquefois des prix bien plus élevés. En 1420, Guillaume Bataille, conseiller du régent, cède à ce prince « ung cheval bay brun, piè blanc derrière et marqué en la cuisse destre, au prix de 1,500 livres tournois.» (KK, $3, folio 9, verso.)
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ung autre après, décédèrent par maladie en peu de temps. Il eut molt à souffrir, vivant encore
eut lieu entre ce prince et Marguerite de Savoie, fille du duc Amédée. En avtil 1432, il prit part à la bataille de Saint- Célerin (voy. ci-dessus t. 1, p. 136). Pierre de Beauvau avoit épouse Jeanne de Craon, qu'il perdit en 1421. Il mourut avant le 20 mai 1441. (Voy. Sainte-Marthe, Histoire de la maison de Beauvau, 1626, in-folio, p. 7 et 116.)
4. Hardouin VIU, seigneur et baron de Maillé ou Mailly en Touraine, étoit mineur en 1 392. Le 1 3 juin 141 2, il contracta mariage, à Angers, en présence du roi et de la reine de Sicile (Louis II et Yolande j, avec Perrenelle d'Amboise. Il figure comme membre du grand conseil présent à des lettres patentes données par le roi Charles VU, à Poitiers le 2 décembre 1427, à Montargis en octobre 1430, à Tours en septembre 1434 (Charles VU et ses conseillers, 1858, in-8, p. 13, tj et 16). Le 17 juillet I429, au rapport de Monstrelet, il remplit au sacre de Charles VII l'emploi de l'un des pairs de France absent. Il étoit, le 1er novembre 1433, grand mattre d'hôtel de la reine, à joo livres de pension, qui fut augmentée jusqu'à 1,200 livres en 1447. On le retrouve, avec ce dernier titre, auprès de la reine, à Tours, en 1436 fVoy. ci-dessus, t. 1, p. 230), et sous la date du 8 septembre 1437 (Archives de la mairie de Tours, registre des dépenses communes). Des fragments de comptes de Marie d'Anjou, qui s'étendent de 145$ à 1459, nous le montrent remplissant toujours les mêmes fonctions. Ces fragmens, retirés des magasins de l'artillerie, ont été restitués à la direction générale des archives en 1853. Hardouin vWoit encore en 1466. (Anselme, Hist. généalogique , etc., au chapitre des Maréchaux de France.)
5. Jeanne du Mesnil figure dans les comptes royaux de Charles VI comme gouverneressc ou gouvernante de Charles, comte de Ponthieu, depuis la naissance de ce prince jusqu'à l'époque où, selon l'usage, il sortit des mains des femmes; c'est-à-dire de 1403 à 141 1 (KK, n°43, folio 6, à KK, n° 48, folio 36). En 1423, nous la retrouvons inscrite dans le registre ou comptes de l'hôtel de la reine Marie d'Anjou, au chapitre des dettes, pour le terme de sept mois et quatorze jours, compris entre le 16 novembre 1422 et le dernier juin 1423 (KK, 56, folio 24). En 1419 et années suivantes, Jean et Hervé Du Mesnil étoient officiers du Dauphin.
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son père, et après, du commencement de son règne; mais, en la fin, il fut victorieux etredoubté entre tous les vivants, et il suppédita tous ses adversaires, et recouvra tout son royaume et le acreut, comme on pourra voir par ce qui s'ensuyt.
[Chapitre II. — Assassinai de Louis, duc d'Orléans, proche la porte Barbette . ] »
r^n Tan mil quatre cent et sept ! , quant, en la 1-^ présence de ses parents et frères, on le norissoitet instruisoit à Paris, comme dessus, survint débat, contention et haine mortelle, pour envie et convoitise de régner, entre le duc d'Orléans, frère du roy, et le duc de Bourgogne, cousin-germain; lesquels vouloient, ung chacun par soy, du tout la disposicion et gouvernement du roy et du 'royaume. Laquelle hayne voyant, le roy en son conseil, pour obvier aux inconvénients qui povoyent s'en ensuyr, envoya le duc d'Orléans avec grosse armée; lequel vint ès frontières de Bourdeloys, que les Angloys, anciens ennemys de France, détenoyent de long temps par force. Mais, pour l'importunité de l'iver, il s'en retourna atout son armée devers le roy, à Paris, sans rien faire. Pareillement fut envoyé le duc de Bourgogne, pour assiéger Calais, que aussi tenoyent les Angloys par force. Lequel n'y ala pas , ains revint à Paris devers le roy. Lesquels, ainsi retournez, par le moyen du roy et des princes de son sang, firent paix