ler novembre
i4j8] Chronique de Jean Raoulet. i6i
[Chapitre IX. — Les Bourguignons entrent dans
Paris, Massacre des Armagnacs. Duchâtel
enlève le Dauphin en Berry. Siège de
Tours par le régent Charles.]
Mais quant fut l'hyver passé, environ le moys de may, en l'an mil quatre cent dix-huit, nonobstant que le roy et Charles son fils, Daulphin deViennoys,et ledit conte d'Armagnac, fussent dedens Paris, avec plusieurs nobles et saiges conseillers, le duc de Bourgogne machina secrètement, avec aucuns traistres de Paris, meschans gens. Par le moyen du seigneur de l'Ile-Adam, il sourprintles vouloirs d'aucuns personnages ; et fust appointié entreulxde yentrer. Et, par une certaine nuyt assignée, vindrent à Paris lesdits de l'Ile-Adam et le Veau de Bar, avec trois cents complices du duc de Bourgogne. Lesquels entrérent par la porte Sainct Germain dedens la ville, que les traitres leur avoient ouverte.
Adonc iceulx entrés, cryoient tout bas parmy les rues : Vive le roy et le duc de Bourgogne '/ La paix ! Et y avoit gens de Paris embuschés en pluseurs lieux, affin que l'on ne courist sus ou mesfit ausdits Bourguignons. Laquelle chose vint tantost à la notice du Daulphin, qui estoit logié à l'Hostel-Neuf des Tournelles, près la Bastille, et de ceulx qui le gouvernoyent, dont les principaulx estoient Ce. d'Auvaigour», Ge.