‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 3)Chapitre 119 sur 229 · Panser · texte numérisé non relu

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août lo) Chronique de Jean Raoulet. i8i

vespres , comme à qui demouroit la victoire du jour '. Et notez que ce fut la vigile Saint-Laurent *, et aussi le seigneur de Saintrailles y fut prins.

Le lendemain s'assemblèrent dedens Saint- Riquier Jacques de Harcôurt, cappitaine du Crotay, le seigneur d'Offémont , la garnison de Saint-Riquier, et Jehan Raoulet, à tous leurs gens d'armes et garnisons; et deux jours après, le duc de Bourgogne passa devant eulx avec leur armée. Mais on ne fist semblant de batailler d'un costé ne d'autre. Puis s'en retournèrent iesdits François chacun à ses garnisons.

1. Voy. sur celte attribution ce que nous avons dit, Notice de J. Raoulet^ p. Ij. On lit dans un compte du receveur général du duc de Bourgogne ; « J'ay payé xviij sous parisis à un chanteur en place, qui le neuvième jour de septembre 1421, mondit seigneur estant à Boulogne-sur-la-Mer, chanta devant mondit seigneur atout sa vièle une chançon nouvelle de la belle journée par mondit seigneur obtenue à l'encontre de ses ennemis à Mons en Vimeux» {La Picardie^ ibid., p. 154-4). Oïl voit par cet extrait que Philippe le Bon, ainsi que Jean Raoulet, chantoient victoire chacun de leur côté.

2. La Saint-Laurent est le 10 août. D'après notre historien, c'est donc le 9 août qu'auroit eu lieu la bataille de Mons, où la Vieuville fut tué. Monstrelet et les Bourguignons la placent au 3 1 août. L'extrait que nous avons cité ci-dessus, p. 179, note 4, ne tranche pas le doute avec évidence. Il y est dit que l'action, au 3 1, s'étoit passée n'avoit gaires. Ces mots peuvent s'entendre de quelques heures; ils peuvent s'entendre aussi de quelques jours. Il semble peu probable que la bataille, la mort du capitaine à Mons, son inhumation et son service funèbre à Abbeville, aient pu se succéder le même jour. J'indinerois à croire que le capitaine fut blessé à mort sur le champ de bataille et qu'il mourut peu après de ses blessures. La date du 9 ne me paroît donc pas impossible.

iSa Chronique de Jean Raoulet. ri42 3-

Et environ ces jours mesmes , qui estoit au moysd'aost en cel an mil quatre cents vingt-trois ' , le conte de Salbry et le conte de Suffort, Anglois, et le mareschal du duc de Bourgogne, avec grosse armée , assiégèrent asprement et fort la ville de Gravant , tellement qu'ils faisoient moult d'ennuy et donnoient moult à souffrir à ceulx de dedens. Et tantost envoya le roy pour sescourir les assiégés Amorry de Sevrac ', chevalier, mareschal de France, et le seigneur de Deruèle 3, connestable des Escoçoys 4 venus en France, à grant compaignée de François et Escoçois, pour sescourir lesdits assiégés. Mais lesdits Anglois et Bourguignons leurs donnèrent rencontre aux champs moult aspre. Et là furent fait pluseurs beaux faiz d'armes, et pluseurs mors et bléciés d'un costé et d'autre. Mais en la fin furent les François desconfis, et morirentsur les champs le seigneur de Fontaines et autres, jousques à deux mille, et prins le seigneur Deruèle et moult d'autres. Puis les assiégés rendirent la place aux Anglois et Bourguignons. Et après laissèrent-ils garnisons dedens, et s'en alèrent K

1. Ici une main contemporaine du texte a ajouté en marge : Dubita de anno et tempore. On voit que l'année 142J, qui règne ci-dessus, et la date spéciale du fait ici annoté étoient regardées comme douteuses. C'est aux faits précédens que ce doute doit légitimement s'appliquer.

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