Pâques, le 31 mars
juil.-août) Chronique de J. Raoulet. 191
<jui estoient bons François , eurent parlement à aucuns gentils de la compaignée , et les misdrent dedens la ville au point du jour. Et cuidoient gaigner le chastel avec, par embûche parmy la porte au matin; mais ils faillirent, car il étoit trop fort gardé. Et quant ils visdrent qu'ils furent descouverts, ils se lancèrent à l'assault, et i^assaillirent si asprement tout le jour qu'ils le prindrent. Et après cinq ou six jours arriva La Hire, qui fist grant guerre aux adversaires du roy, et tousjours tint ladite place sans ce que jamais les Anglois la pussent recouvrer.
En ceste année, environ le moy d'aost ', le comte de SufFort , le comte de Warvick et pluseurs autres cappitaines, à grande compaignée de gens de leur party, assiégèrent la ville et chastel de Montargis 2, et devant firent pluseurs bastilles et forteresses , et bâtirent aucunement la muraille. Et faisoient grandes mines, pource
! . Les autres auteurs disent au mois de juillet , ce qui peut s'entendre de la même époque. Voy. !a note suivante.
2. Les historiens originaux ne sont point d'accord sur la date de Vannée où eut lieu le siège de Montargis. Parceval de Cagny, au chap. 84, et Guillaume Gruel, le placent au mois de juillet 1426. Monstrelet et Lefèvre Saint-Remi le mettent aussi sous l'année 1426. Mais Cousinot le Chancelier, Geste des nobles, chap. 224; Cousinot de Montrtuil, Chronique de la Pucelle, chap. 23; le hérault Berry, le P. Anselme (article de Jean, bâtard d'Orléans, comte de Dunois), le donnent à i-izj. Le Journal de Paris : « 1427, ...environ quinze jours en juillet.» Je crois que cette dernière date, vers le 1 5 juillet 1427, est la véritable. Par lettres du 22 octobre 1427, Charles Vil alloue 2,000 livres au bâtard d'Orléans pour avoir contribué puissamment « à lever le siège de nostre ville de Montargis, que nagaires les Anglois y tenoient.» L'original sur parchemin, dans Gaigniéres, ms. 896,1, feuillet 10.
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que autrement ils ne povoyent y entrer. Mais pour ce qu'ils avoient longuement tenu le siège, ceulx de dedens n'avoient quoi manger. Adonc s'assemblèrent grant quantité de gens d'armes à Gergueau. Et y estoit le connestable , lequel n'y voloit pas aler, doubtant les dangers, ains deffendit à La Hire qu'il n'y alast , car ils mectroient en danger les gens d'armes et le royaume de France. Alors le bastart d'Orléans, qui tousjours estoit le chef des gens d'armes qui tenoient les frontières, passa les ponts de Gergueau. Et Guillaume de Lebret, chevalier, et le seigneur de Gaucourt, et le seigneur Deruèle, conestable des Escoçois estans en France , disdrent tous ensemblement à La Hire qu'ils iroient et chevaucheroient toute nuyt avec environ deux mille combatans. Tellement que au matin ils furent à deux lieues de Montargis, et sceurent par leurs chevaucheurs qu'ils avoyent envoyés devant que les [escoutes des Anglois] s'estoient retraïs audit siège.
Alors chevauchèrent et se misdrent en bon ordre, et, environ de sept à huit heures au matin, frapèrent dedens le siège , et y eut de grans armes faites à l'entrée aux barières et aux fossés. Et entrèrent et prindrent dedens le grant champ des Anglois et tuèrent tout, qui estoit bien huit cents. Puis alèrent à une grosse bastille que tenoyt Henry Biset, chevalier anglois, à tout environ quatre cents hommes, qui donna moult affaire auxdits François. Là fut fort bataillé d'un costé et d'autre ; mais en la fm ils tuèrent tous les Anglois, puis passèrent à no la rivière, tant à cheval que à pié, pour aler à la grande bataille
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des Anglois, qui estoient environ six mille; mais les Anglois setindrent ensemble , tellement qu^ils les peurent départir ' . Ils ^ s'en alèrent, et aucuns furent chassés, et y fut prins bien cinq cents et morts mille cinq cents, et toute leur artillerie et bagage demoura aux François. Desquels aussi aucuns moururent et pluseurs furent blécez. Puis s'en retournèrent lesdits François en leurs garnysons J.
Et après tousjours conquéroient Anglois et Bourguignons pays sur François. Et assiéga Scalles avec grant nombre d'Anglois, jousques à trois ou quatre mille combatans , Rochefort-en- Yveline4j que tenoient les gens de Girault de la Palière, qui estoient venus de Yvry-la-Chaucée, et les misdrent à grant neccessité, pour ce que l'eaueleur faillit. Mais le bastart d'Orléans, résidant à Blois, et La Hire, Poton et le seigneur de Graville, maistre des arbalestriers de France, qui tousjours soustenoient les frontières, firent leurs mandements et assemblèrent des frontières environ cinq cents lances garnies, et alèrent combatre le siège.
De plaine venue gaignèrent la bataille des Anglois et tuèrent desdits Anglois [qui ?] estoient
1. Les Anglois restèrent (d'abord) compactes; mais les François parvinrent à les diviser.