‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 4)Chapitre 177 sur 240 · Restitution pour le sens · texte numérisé non relu

Restitution pour le sens

$ . Ici le texte du manuscrit est très-confus. Il offre de nombreux renvois, des surcharges 'et diverses lacunes. L'un

après mai.] des grandes Chroniques. 243

qui avoient inhumainement meurtry son père, toutesfois il se tenoit en son pais , sans soy emploier au service de Monseigneur le Daufphin, mais avoit grande accoinlance avec les Anglois en Guienne. Mais le conte de Perdriac, son frère , estoit continuellement en son service », à Pentour de sa personne et de son conseil, comme ung des principaulx.

Les ducz d'Alencon et de Bourbon estoient encore jeunes. Toutesfois ils estoient de la partie àe Monseigneur le Daulphin, et aussi Jehan, bastard de Monseigneur d'Orléans , qui après fut €onte de Dunois, servit grandement à Rencontre des Anglois et Bourguignons. Le duc de Bretaigne estoit indifférent ; car il avoit trêves per* pétuelles avec les Anglois. Le viconte d'Omarle et le conte de Narbonne ^ firent continuellement guerre es frontières d'Anjou, de Maine et de Normandie.

Après 3 que ledit traictié et appointement des roys fut publié en pluseurs lieux parmy le royaume , te roy d'Angleterre , ainsi créé gouverneur et héritier de France, et le duc de Bourgogne , avec grande arnlée d'Anglois et de

de ces renvois isolés est conçu comme il suit; le premier personnage dont il va être question est sans doute Poton de Saintrailles : « ...Homme saige en conseil, vaillant en armes, qui après fut mareschal de France , et Estienne de Vignoles, qui fut nommé La Hire, homme chault, mais vaillant et hardy en guerre, et aultres cappitaines de gens d*armes, qui nrent grosses besoignes sur les Anglois, [comme le récit ci-après] particullièrement le démonstrera. »

1. Au service du Dauphin. Il s'agit ici de Bernard d'Arma* gnac.

2. Lisez : le comte d'Aumale et le vicomte de Narbonne. |. Bellaguet,p. 443.

244 Abrégé FRANÇOIS (i420ydeinai

Bourguignons, ordonnèrent assiéger la cité et ville de Sens, obéissant à Monseigneur le Daulphin, en laquelle avoit garnison de ses gens d'armes, qu'ils appeloient les Armagnacz. Mais premièrement qu'ils la assiégeassent, ilz envoyèrent sommer et requérir ceulx de dedens de rendre au roy et à eulx ladite cité et ville [ce qu'ils ne voulurent pas faire de prime face. Mais pour ce qu'ils ne se sentoyent pas souffisans pour * résister, si eurent conseil iceulx souldoyers ensemble avec les principaulx bourçoys et habitans de la ville pour demander aide à Monseigneur le Daulphin et aux autres gens d'armes ses adhérens des places voysines. Mais nul ne les vint sescourir. Pourquoy iceulx bourgoys^ qui avoient affection aux Bourguignons, n'en furent point contens, disans qu'ils n'avoient pas vivres pour les soustenir; pourquoy ils conclurent et disdrent aux gens d'armes qu'ils vouloient obéir au mandement du roy, et que, se le roy Henry et le duc de Bourgogne venoient, ils. leur ouvriroient les portes.

Quand le roy d'Angleterre et le duc de Bourcogne furent près avec leur armée, les gens d'armes de deaens, voyant la voulenté desbourgoys et puissance des adversaires , requisdrent eulx en aler avec leurs hamoys , chevaulx et autres meubles ; ce que leur fut octroyé, par ainsi qu'ils promisdrent non plus leur mener guerre, ne faire nuysance aux gens du roy. Mais quant ils furent sur les champs, ils furent comme ils avoient accoustumé , et s'en alèrent avec leurs compaignons pour mener guerre dedens la ville et cnastel de Monstereul-fauIt-Yonne , et les

à juillet.) DES GRANDES CHRONIQUES. 245

advisèrent de se fortiffier, car en bref ilz seroient assiégez des Anglois et Bourguignons, pourquoy ils les venoyent sescourir et aider jousques à la mort '.]

Et puis assiégèrent Monstereau-fault- Yonne »,

dedens lequel estoit cappitaine J, avec

pluseurs souldoyers et gens d'armes de Monseigneur le Daulphin. Lesquels furent asprement assiégez et assaillis des adversaires , mais nonobstant lesquels ils firent pluseurs saillies et escarmouches. Toutesfois en la fin, voyans qu'ils ne povoient avoir sescours plus grand , ilz rendirent la place par composition, et s'en alèrent où bon leur sembla avec leurs biens et bagues sauves ^.

Et puis 5 le roy d'Angleterre mist grosse garnison devant Monstereau, et puys s'en retourna à Paris avec le duc de Bourgogne. Lesquels assemblèrent grande armée de quarante ou cin* quante mille combatans pour assiéger Melun, viller oyale moult belle, à dix lieues près Paris, sur Seine. Duquel siège ils menèrent le roy, qu'ils tenoient en leurs mains et gouvemoient à leur plaisir, et aussi le roy d'Escoce ^, que le roy d'Aneleterre tenoit prisonnier, et Artus, frère du duc de Bretaigne , que le roy d'Angleterre avoit eslargy par appointemens entre eulx. Aussi

1. Bellaguet, p. 445. — Ici le manuscrit est rayé d'une barre qui passe en diagonale sur toutes les lignes comprises ci-dessus entre les deux crochets.

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