Voy. ci-dessus, p. 274, KK, 47, fol. i
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moins, célèbre sous le nom de comte de Dunois , qti'H porta plus tard; M. de Belleville (J. de Harpedenne), qui épousa Marguerite de Valois, fille de Charles VI et d'Oudine ou Odette de Champdivers. A cette catégorie appartiennent encore Jean, Louis et Guillaume d'Avaugour, les sires de Graville, de Châteaubrun-Naillac, de Trignac, deVentadour, de Montenay, G. Bataille, Pluscallet, Jean d'Aulon; ce dernier fut page et maître d'hôtel de la Pucelle. Désignons e^fm quelques autres personnages qui jouèrent un rôle historique , bien que secondaire : dans l'Église, Robert de Rouvres, Guillaume et Thibaut de Lucé , évêques de Seez, de Maguelonne et de Mâillesais; Gérard Machet, confesseur du roi et évêquede Castres; Régnier de Bouligny, trésorier^ ténioin et confident obligé des extrémités d'indigence par lesquelles dut passer le roi de Bourges; Jametdu Tillay, qui,par un propos anvcr et malséant, fut accusé d'avoii'fait mourir Marguerite d'Ecosse, la sensible, romanesque et touchante compagne du dauphin Louis ; Regnauld Thierry, chirurgien de Charles VII (prince trèsdévot envers la médecine); Alain Chartier, le poète célèbre , etc., etc.
l*e dauphin Charles, il s'en faut , n'étoit point «lïcore arrivé à cette misère qui plus tard éprouva si cruellement et servit à retremper, à régénérer Charles VIL Des détails nombreux et circonstanciés nous montrent au contraire le luxe de ses habillemens de ville et de ses équipages de guerre. Ses huques à affiquets, ses habits de noces et de fête, rappellent encore les modes extravagantes de Charles VI et dénotent les goûts
açS Extraits
teUes que noois d'artistes, d'artisans, desaqH lions d'ouvrages et de meubles divers.
Ce registre et le suivant fournissent un secoun particulièrement précieux pour ceux qui aiment à étudier l'histoire aux sources intimes et à suivre la chronologie précise des faits ou des évènemens. Nos historiens généraux varient entre eux ou s'égarent en ce qui touche l'avéneroent de Charles VII au trône de France. Les passages d-après reproduits ou indiqués jettent sur ce point historique la plus claire lumière. Ces reg^tres nous oonnent , jour par jour, un itinéraire et comme un journal complet ou suivi du jeune prince, à Tépoque de s<m avéneiitent. Le journal dont il s'agit remonte au temps > de l'assassinat de Jean sans Peur sur le pont de Montereau :
20 septembre > ^419. il se poursuit jusqu'en 142^
Le dernier registre (KK, 50) qui nous fournit <:es extraits est celui de la charnière aux deniers éù Dauphin et bientôt roi de France. La chambre aux deniers étoit une sorte de bureau de comptabilité, composé €n principal d'un maître, d'un contrerôleur et d'un ou plusieurs clercs. Les clercs inscri voient les dépenses. Les fournisseurs ou ayant-droit présentoient en outre leurs cédules, parties (aujourd'hui/jc/ure^) ou titres sem» Uables. Le bureau examinoit les comptes. Le maître présidoit , le contrerôleur contrôloit , et les autres écoutoient, comme auditeurs. La cham-
j-i. Dix jours après cet éYéacment, qui eut Hea le 10. P. Frotier avoit pris part à cet acte affreux de représailles. Le ao septembre, ii fut ■ommé grand écuyer «m iNiitre de récurie au Dauphin.
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tare amx deniers jugeoit ainsi en première instance les comptes royaux, sur lesquels s'étendoit la jur ridiction souveraine de la chambre des comptes. Le calcul avoit lieu sur un échiquier, à Taide de jetons. Je me borne, pour ne pas m 'étendre trop loin, à ces indications sommaires. Le lecteur en quête d'une instruction plus ample sur cette question n'aura précisément qu'à lire attentivement ces extraits. Il y trouvera des lumières nouvelles et précieuses, non-seulement sur ce point, mais sur les changemens introduits dans la moi>noie, sur le prix des choses, sur le mode et les frais de perception des impôts , sur les sources du revenu royal à cette époque mémorable , et enfin sur l'équilibre, ou mieux le défaut d'équilibre financier, que montrent de très-précieux tableaux. Je parle des tableaux où l'on verra, semestre par semestre, mois par mois, et par livre», sous et deniers, quelles étoient d'une part les recettes et de Pautre les dépenses du roi de Framce Charles Vil, lors de son avènement à la couronne.
£« zùse^tmbte 1419 an ^o sepUn^re 142^, — Écurit du Dauphin^ KK, $3.
Habillement de guerre. Armement. Achat de chevaux. Consetllers et officiers. Médicamens pour les chevaux. Devise du Dauphin , tricolore. Orfèvres, peintres et brodeurs du Dauphin Huque brodée à écailles. Huque brodée d'un auvent traversé de rayons d'or. Itidiéfaire du prince ré* gent.
Fol. 1. — inventaire des pannonceaux et annes.
Fdu 2.— <iPremicr compte de Pierre Fcoiser,
joo Extraits [141 9 sept. 20-
premier escuyer de corps et maistre de Pescurie de très-noble et très- excellent et puissant prince Monseigneur le régent du royaulme, daulphin de Viennoys , des receptes et mises par lui faictes pour le fait de ladicte escurie, depuis le vingtiesme jour de septembre 141 9 jusqu'au dernier septembre 1420.»
Fol. 2, v«>. — Recette :
De Jacques Charrier, receveur général, 4,000 livres tournois. Autres mandemens financiers. Total général de la recette, 67,678 livres toum.
Le 28 juin 1419,1e Dauphin mande et ordonnance les dépenses suivantes pour son armement :
Deux paires de harnois (armure de corps), deux escaliennes, un Jacques, une jaquette; harnois pour armer un cheval ; une couverture de cheval, en drap de velours brodé; une couverture de cheval en drap de laine ; deux couvertures de cheval de bateure; douze bannières de guerre ; six cottes d'armes en satin et en tiercelin; six bannières de trompettes; trois étendards; dix mille pannonceaux; deux grands chevaux, Tun pour porter bannière, l'autre pour pannon; six chevaux sommiers; douze chevaux de charroi, etc.; total de cette dépense, 16,900 livres.
Fol. 4 à 17. — Achat de chevaux. Ce chapitre contient des renseignemens étendus et d'un grand intérêt.
Nombre total des chevaux achetés, 1^9.
Prix total, 46,617 livres tournois.
Noms des vendeurs et prix individuels :
Jean Louvet, conseiller et chambellan du Dau-* phin, lui vend le 14 janvier 1420, nouveau
1420 janv. 14] DES Comptes royaux. joi
style (fol. 5, v«>), deux chevaux, les deux, 750 livres tournois.
Fol. 6, v®. — Deux autres chevaux, 700 livres tournois.
Fol. 11. — Cinq coursiers, 5,500 livres.
Fol. \2, vo. — Un coursier, 400 livres.
Fol. 7, v«>. — Jehan Havart, écuyer du régent , lui vend un coursier 400 livres.
Fol. 7, v^. — Diego Martinus, marchand de chevaux, du pais d'Espagne, un coursier, 600 livres. Régnier de Bouligny, un coursier, 800 livres tournois.
Fol. 9, vo. — Guillaume Bataille, un cheval « bay brun, pié blanc derrière et marqué en la cuisse dextre », i , 500 livres tournois, pour l'écurie du Dauphin ' .
Un grand nombre de ces chevaux sont donnés par le Dauphin à des familiers et serviteurs. Noms de quelques-uns des donataires :
Guillaume d'Avaugour,
Vicomte de Narbonne ,
Tanguy Du Chatel , prévost de Paris.
«Le petit Pruscallet, escuyer d'honneur du dit seigneur» (le Dauphin).
Comte de Boucan (connétable).
Prégent de Coëtivy, pannetier de Monseigneur le régent.
M. de Rains (Regnauld de Chartres, archevêque de Reims).
Guillaume de Lucé , conseiller.
Jehan de Torsay, chevalier, maistre des arbalestriers de France.
t. Voyez ci-dessus 146, en note.
)ai Itxnurrs [1420 vept. tyf
Connétable d'Ecosse (Jeam Stuart Damley); Mes R. Thierry, chirurgien; J.Cadait, médecin; Robert le Maçon , chancelier.
Foi. 63. — Juillet 1420, à Chtnon. MikStamens pour les thevavx.
Une demi-livre de vert-de-gris,
— — hoilede Lorin»
— — tourmcntine ,
— — boulamenj,
— — brun d'Auxerre , Un quarteron de miel ,
Une Kvre de vieilx oint.
Une «demi-livre de cire et saing de ▼eire agripé, et autres choses pour les chevaubi; poar ce, 57 sols 6 deniers tournois.
Fol. 1 2, V». — Jehan , trésorier des gpeiTes.
Guillaume Thoreau, conseiller du roi et d»
Monseigneur le régent, le 17 septembre 1420.
Fol. 13, v«>. — Hervé Du Mesnii, premier pannetier du Dauphin.
Fol. 18. — Malles de cuir pour porter en poute Tarmure de corps et de main du négent.
Fol.^o, vo. — A Jacquet, de Lyon, orfèrre db Madame la Dauphine ^Marie d'Anjou), ta somme de 348 livres tournois, qui deuz lui estoient, pour avoir fait de son mestier et livré la garnison d'une tipée pour mon dit seigneur, et pour avoir fait et livré l'orfaverie d'argent doré p<s«r les découppeures des manches d'une robe à armer, pour ledit seigneur ; laquelle garnison de ladite espée poise 3 onces un gros d'or, et laditt orfaverie poise 1 marcs ; pour ce , par quittances dudit Jacquet faite it ▼ingt**qiiatriesnie jour
[1420 mars] des Comptes royaux. fo^
dadit mois de janvier cy rendue , 544 livres tournois.
Fol. 20, voj fol. 22, yo; fol. 89. — La devise du Dauphin est tricolore, rouge, Wanc «t bleu : « drap vermeil , blanc et pers. »
Acquisition de bacinets », salade', visièfe, bavière, harnois de jambes, Jacques, brigandinés, cottes de maille, bannières, fûts de lances : ces derniers objets, bannières et fûts, peints pw les peintres de Lyon, Avignon, Bourges.
Fol. 22. — Il porte une heuque de veluot vermeil , broché d'or, dorée et ouvragée de besans et de feuilles.
Fol. 22, v°. — Mars 1420. On lui brode « une heuque de velours vermeil brochée d'or; \ct^e couverte , par dessus , de drap de laine noire et découppée en manière de grans escailles pourfilées et nervées de fil d'or de Chippre ; sur icelles mis 6 marcs 3 onces d'argent doré. » Prix : 100 livres tournois.
Henry de Varlop, valet de chambre -et orfèvre lui brode d'or une huque italienne , de drap de laine noire , ladite broderie en forme ou manière d'auvent , et de rées Trayons) de soleil J passant par my, prix 323 livres 15 sols tour* nois.
Fol. 23. — Autre huque brodée de « grandes corbettes qui gectent manières de graines d'orfa vrerie. »
Fol. 31. — Régnier de Bou^ay, recareur des finances du Languedoc.