Les charriots
i)artout où ils avoient à besongner, tant à visiter es églises, le palais, la ville et la cité, comme aultrement. Et eulx partis de Paris, s'en tirèrent droit en leurs pays, et furent receuz par toutes les citez et bonnes villes en passant , pource que chacun savoit que c'estoit la vouUenté du roy que ainsi fiist fait.
Et mesmement, eulx, estans à Paris, vindrent veoir et visiter la noble et royalfe église de Monseigneur Saint-Denis , où ilz furent moult notablement receuz du couvent. Monseigneur l'abbé absent. Et estoit ledit couvent en chappes. Et furent receuz à la porte de ladite église et leur fut porté à baisier une croix d'ôr plaine et semée de pierreries et de perles , en laquelle y a une partie du fust de la vraye croix; aussi portèrent le texste de PÉvangille; aspergés d'eaue béniste et encenssiés. Et fut la récepcion telle qu'on eust peu et sceu faire au deffunct roy de Hongrie , c'il y fust venu de son vivant.
En icelle église leur fut monstre tout le trésor, les vestemens du sacre, les corps saints qui sont en ladite église en chacune chapelle, et aussi les sépultures des roys et roynes en icelle église inhumez. De quoy ilz furent bien joyeulx, et depuis leur fut présenté pain, vin et espices, dont les aucuns en prindrent et les autres non. Et y avoit un des poursuivans du roy, qui estoit leur trucheman et ordonné de la part le roy, pource qu'il savoit leur langaige. Puis s'en retournèrent audit lieu de Paris , et de là en leur pays».