I. Odet
a. Cotentin.
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et souffisant nombre, et mandez pour y estre les pers et seigneurs de nostre san^ et lignage tetans en parrye et autres , et aussi y estre nostre amé et léal chancellier, et aucuns des maistres des requestes de nostre ostel , et autres gens de nostre conseil.
En ensuivant laquelle nostre ordonnance, nostre dit chancellier et noz amez et féaulx conseilliers, l'arcevesque et duc de Rains, les évesques et ducz de Laon et de Langres, les évesques et contes de Beauvoiz, Challons et Noyon, pers de France, et noz dits présidens et aucuns de nosdits maistres des requestes et de nosdits conseilliers de nostre dite court de parlement, et aussi de nostre dit conseil, se sont trouvez ausdits jours et lieu, et illec aient besongné aux préparations dudit procès par aucuns temps, et aux interrogatoires d'aucuns adhérens, facteurs et complices dudit d'Alencon , et jucques environ le quinziesme jour de juilfet desrenier passé, actendant l'allée de nous par de là et des seigneurs de nostre sangc et d'autres gens de nostre conseil estans par devers nous, en intencion de procéder à la fin dudit procès.
Laquelle allée nous eussions différée à cause de la mortallité qui , pendant ledit temps, survint en la ville d'Orléans , Sully et autres lieux circonvoisins dudit lieu de Montargis, èsquelr nous convenoit passer pour y aller, et tant à cause de ladite mortalité et pour obvier aux inconvéniens qui à cause de ce s'en eussent peu ensuir, et aussi que nouvelles nous survindrent de plussieurs pays que noz ennemys avoient fait certaine grosse armée sur la mer en intencion
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de faire descente en nostre royaulme et marches de noz pays de Xaintonge et de Poitou ou de la basse Normendie. Et attin que peussions estre en lieu de marche plus propice et convenable pour secourir aux lieux de rentreprinse denosdits ennemys, eussions, par l'adviz et délibéracion de nostredit conseil, voulu ordonner et establir nostre dite court de parlement estre continuée et estre tenue en ceste ville de Vendosme ; et aussi les ens de nostre dite court garnie des pers et ceulx e nostre sangc ef lignage et autres par nous mandez y estre et comparoir au douziesme jour du moys d'aoust desrenier passé; et semblablement , eussions mandé et ordonné y estre le sur* plus de noz présidens, maistres des requestes de nostre dit hostel et autres nos conseilliers en nostre dit parlement; lesquelz pour lorsestoient encores demourans en nostre bonne ville et cité de Paris, cour procéder oultre et besongner oudit procès jucques à la perfection d'icellui , ainssi qu'il appartiendroit par raison.
Et depuis soyons venus audit lieu de Vendosme, et aussi plussieurs des seigneurs de nostre sangc et lignage, pers de France et tenans en parrye, et les arcevesques et évesques dessus nommez aussi pers de France, et plussieurs autres prélatz, contes, barons et chevalliers, en grant nombre, de nostre dite cour de parlement «t autres de nostre conseil, et par devant nous scéans en nostre dite court garnie de pers et autres à ce appeliez , ait esté amené ledit d'Alençon;
Lequel, après le serment par lui fait de dire vérité, interrogé sur les cas et crismes dont il a esté
trouvé chargé par informacion, a dit et confessé ^c libéralle et franche vollenté ce qu'il s'en suyl : Que après que le sire de Talleboth ouït prins à Bordeaulx ung nommé Jacques Haye, Angloiz, serviteur d'un nommé Richard Wideville, chevallier, aussi Angloiz, vint à saufconduit à Alençon et parla audit d'Alençon en segret du fait du mariage de la fille du duc d'Alençon avec le filz du duc d'Iorck, et que tant pour le fait dudit mariage que aussi pour toutes autres choses qu'ilz vouldroient faire savoir les ungz aux autres , lui et ledit Jacques Haye eslirent ensaigne de prendre le poulce de la main d'icellui auquel le message de l'une des parties s'adressoit.
Et environ le moys d'aoust que on disoit mil quatre cent cinquante cinq, ledit d'Alençon envoya quérir ung nommé Thonmas Gillet, prestre, demourant à Dampfront, et lui fist faire (çser* ment d'estre segret, et après lui dist qu'il fe voulloit envoyer en Angleterre, et le tint par aucun temps à ceste cause. Et le mena avecques lui à La Flesche, en espérant le despescher illec. Et que lors survint audit lieu de La Flèsche un nommé Hotinton , Angloiz, hérault d'Angleterre, auquel il se descouvrit et lui bailla charge d'aller en Angleterre pour admonester et exorter de par lui nosdits ennemis à venir et dessen- <lre en nostre pays de Normendie, en leur mandant au'ilz fussent d'acord de par Dieu ou de par le diable, et qu'ilz pençassent en autre chose et qu'il seroit heure de soy bouter en avant et que oncçiues ilz n'avoient eu si beau faire comme 'Hz avoient iors et qu'il estoit temps ou jamaiz, et <\ue nous estions loingtz, et nostre armée en Ar-
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mignat, l'autre en Guyenne, et l'autre pour aller contre nostre très-chier et très-amé filz le daulphin de Viennoiz, et que les nobles, les bonnes villes et le peupple, en touz estatz, estoient si mal contens que plus ne povoient;
Et que ledit d'Alençon mesmement estoit mal content et que se noz ennemys se voulloient aider il leur aideroit de places, df'artillerie et de tout son po\oir, et qu'il avoit assez d'artillerie pour combatre dix mille hommes aux champs pour ung jour ; et nosdits ennemis amenassent le roy d'Angleterre et trente ouquarante mille hommes pour combatre, du moins », et qu'il n'y avoit en nostre dit pays de Normendîe que ung de noz chîefe de guerre et quatre cents lances, et qu'ilz auroient conquesté partie du pays avant que y peussions mettre remède , et qu'il conseilloit à nosdits ennemys que le roy d'Angleterre, après sa dessente, feist crier à son de trompe et sur paine de la hart, que nul ne fiist si hardi de prendre aucune chose sur les laboureurs et gens du plat pays sans payer, et que chacun peust demourer paisiblement en ses biens et héritaiges, et s'aucun faisoit le contraire que incontinent pugnicion en fiist faicte.
Aussi que le roy d'Angleterre révocast les dons faitz par son père et par lui , et pardonnas! à tout le monde tout le temps passé , et procédast comme en conquesté nouvelle ; aussi que nosdits ennemys feissent leur descente en plussieurs pays tout à la foiz , c'est assavoir le roy d'Angleterre et le duc d'Iorck en la basse Nor-