Chapitre
Des divisions et soulèvements qui furent en Angleterre,
En ce temps ^ un légat de Rome , envoyé de par le pape, passa la mer et arriva en An-
I . Ici finit, dans la plupart des exemplaires, la chronioue de Jean Chartier. Le chapitre qui suit est donné par Goaefroy. Il existe une autre relation des cérémonies qui eurent lieu pour rendre à Charles Vil les honneurs funèbres. Celleci paroît avoir pour auteur le hérault Berry, et se trouve dans le ms. N.-D. 1 39, à la fin d'une chronique de ce prince. Elle diffère de la relation de Chartier et la complète. Voyez aussi ms. 10)19,3, Baluze, feuillets 234 à 337. On peut consulter également, sur le même sujet: i*> le compte au* thentique et original des obsèques du roi Charles VII, ms., suppl. françois, 1161 ; 2" D« obitu Caroli VU, régis Francorum, une page in-8^ dans le ms. Harléien du British Muséum à Londres, n» 4473, f^ 75. Voy. Cabinet historique^ 18 $8, p. 4 du Catalogue. Constatée par les documens, racontée dans les chroniques, la mort de Charles Vil a été aussi célébrée par les poètes. Les Regrets et complaintes de la mort du roi Charles VII ont été imprimés à la suite de l'opuscule intitulé : Nouvelles recherches sur H. Baude, Paris, Dumoulin, 1853, in-8, p. 17 et suiv. Le ms. françois du roi 9675,3, contient, vers le milieu du volume, un autre morceau analogue au précédent, mais qui, je crois, est inédit : c'est la Complainte des trois États et épitaphes pour la mort du roy Charles deffunt. Les Vigiles de Charles VU, par Martial d'Auvergne , ont été conçues dans une pensée de commémoration funéraire. Ce long poème, plusieurs fois imprimé, n'est guère autre chose que les chroniques de Berry et de Chartier mises en vers. Nous indiquerons enfin, comme source de renseignemens sur les chants ou poésies historiques relatifs au règne de Charles VII , un article inséré dans la Revue des sociétés savantes, iinS, décembre 1857, p. 704 à 716.
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gleterre, où il prescha le peuple dudit pays, spécUlement dans Londres, maîtresse ville et capitale dudit royaume , là où il fit plusieurs remonstrances aux habitans dudit lieu et autres des environs , le tout contre et au préjudice du roy Henry d'Angleterre. Lesquelles remonstrances le cardinal cr Yorc, qui accompagnoît ce légat, exposa au peuple en leur langaige. Or tost après ladite exposition ainsi faite, le susdit peuple, qui estoit assez muable et de légière croyance, s'esmeut aussi-tost pour faire guerre à l'encontre du dessus dit roy Henry de Lancastre, et de la reyne Marguerite sa femme, fille de René, roy de Sicile et de Jérusalem, et du prince de Galles leur fils. Etprint cette commune et populace le duc de Warwich pour leur chef 'et cappitaîne, lequel estoit gouverneur de Calais pour et au lieu de Richard, duc d'Yorck, qui vouloit et pré* tendoit estre roy dudit royaume d'Angleterre, qu'il soustenoit luy appartenir et compéter, comme prochain héritier de la lignée, et du coslé du roy Richard.
Et peu de temps après ce duc d'Yorck , qui avoit après luy et à sa suite moult grand nombre de populaire en armes , se mit aux champs, et vinrent en un parc où estoit ledit roy Henry avec plusieurs ducs , princes, et autres seigneurs tous en armes; pour parvenir auquel parc il y avoit huict entrées , lesquelles estoient gardées par huict barons dudit royaume, qui tous estoient traistres et infidèles à ce roy Henry. Lesquels huict barons, auand ils sceurent que le duc d'Yorck venoitaevers ce parc, ils le laissèrent entrer en iceluy, sans aucune résistance, avec le
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comte de Warwick et autres, qui vinrent tout droit où estoit le dessus dît roy Henry, dont ils se saisirent , le prenans et arrestant prisonnier. Incontinent après ce coup là fait, ils vinrent tuer plusieurs princes et autres grands seigneurs de son sang qui estoient autour de luy. Ces choses estans ainsi exécutées , ledit comte de Warwîck prit ledit Henry^ et l'emmena tout droit en la ville de Londres ; et portoit Tespée nue devant ledit Henry, comme son connestable.
Quand îccluy roy Henry de Lancastre fut arrivé audit lieu de Londres, ces rebelles le menèrent tout droit devant la tour dudit Londres , dedans laquelle tour s'estoient retraîz quatre ba» rons dudit pays, pour ce roy Henry, lesquels tenoient son party. Ausauels ledit Henry et Warwich parlèrent par belles paroles et semonces, et les attirèrent hors d'iceile tour, après qu'ils leur eurent bien promis qu'ils n'auroient ny ne recevroîent aucun mal sur leurs personnes, et qu'ils les en eurent beaucoup asseurez avec serment.
Lesquels quatre barons, sous ombre desdites promesses, et sous la bonne foy, sortirent hors de cette tour; mais ainsi qu'on les menoît et conduisoit après ledit roy Henry, et le comte de Warwich sus mentionné, plusieurs de la ville de Londres s'esmeurent et vinrent tuer l'un d'iceux quatre barons, nommé le seigneur de l'Escalles, et luy baillèrent plusieurs coups of bes et sourds, puis dès le lendemain ils firent escarteller lesdits trois autres barons devant icelle tour de Londres , nonobstant toutes les promesses sus-men-
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tionnées ainsi à eux faites. Et puis se fie qui voudra à semblables prometteurs ' !
Cy tinist la cromcque des blets et gestes de très victorieux et très excellent prince Charles Vile de ce nom, roy de France, composée par F. Jehan Cbartier, chroniqueur dudit roy.
[ . Ce chapitre , posiérieur, comme on voii , i la mort de Charles VII , parolt ïtre une continuation de la chronique de Fiance, faite par Jean Chartier, apris la mort de ce prince et avant te moment où Louis XI enleva au monastère de Saint-Denis ta charge de chroniqueur ou hisiQriographe de France , pour la conférer à un religieuï de Cluny, Voyei SMûthiiae de l'ÉcoU du charta, t. ],p. 470.