‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 4)Chapitre 98 sur 240 · Voyez ci-dessus, p. 74 et suiv · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 74 et suiv

3. Voyez mes Essais critiques sur Us historiens originaux de Charles VU, Paris, Dumoulin, 18 $7, in-8; premier essai : la Chronique de Cousinoty p. 18, et mon édition de cette chronique.

1)8 Henri Baude.

nominacion le rov leur en bailloit commission pour l'année seulement. Et quand ils estoient négHgens ou mauvais mesnagiers et tumbez en arréraiges, on y en commectoit d'autres l'année ensuivant. Les pensions estoient modérées ; car nul officier n'avoit aucune pension oultre ses gaiges, et estoit chacun bien content. Quand aucun avoit poursuyvy envers le roy aucune matière raisonnable et que telle avoit esté cogneue par son conseil, après l'expédicion du principal, il lui faisoit payer les despens qu'il povoit avoir faits à la poursuite de son expédicion. Il ne faisoit faire aucun pié nouveau ou changemens de monnoyes. Il n'estoit parmis à aucun de tirer or ou argent hors du royaume.

Tous estrangiers venant demourer ou royaume estoient affranchis pour neuf ans. Les nobles, en habillement d'hommes d'armes, avoient en expédicion de guerre lo liv. t. pour lance pour homme; le brigandinier, loo s. t., et le franc-archier quatre liv. t. pour moys ; et bien paiez, sans aucune diminucion. Et quelque guerre qu'il eust, oncques ne fit mectre sus creue de tailles, et n'emprunta que de ses officiers voluntairement. Nul prince ou seigneur en son royaume n'eust osé mectre sus ne lever argent en ses pais sans son congié, lequel il ne donnoit pas ligièrement et sans grans causes raisonnables, et du consentement des habitans. Il fit réparer les chasteaulx de Lézignien, Montargiz, Mehun sur Yevre; faire les chasteaulx de Bourdeaulx, de Dacqs, Saint-Sever et Rayonne ; le clochier de la Saincte Chapelle, à Paris, et autres places en Normendie, Guyenne et ailleurs, à ses despens. Il vivoît de

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son propre dommaine, sans prendre ne souffrir estre pris aucuns deniers des aides et tailles. Les princes du sang et grans seigneurs avoient Donnes et grandes pensions et bien paiées, comme le duc de Bretaigne, connestable de France, le roy de Sécille, le conte du Maine, les ducs d'Orléans et de Bourbon, les contes d'Angolesme, de Clermont, de Nevers, de Foix, de la Marche, de Dunoys et autres de telle qualité.

Il tenoit grant et honnorable maison, où continuellement toutes gens estoient receuz. Sa despense ordinaire de bouche, escuirie et argenterie, et le fait de sa chambre, montoit environ 1 00 mille francs. L'ordinaire de Tartillerie 4 mille liv. t., et espargna 250 mille escuz, qu'il avoità l'eure de son trespas, pour recouvrer les terres de Picardie engaigées^ Et tellement conduysy ses œuvres, et en si grant justice et police, qu'en bref temps et sans grant effusion de sang il recouvra tout son royaume. En quoy faisant les laboureurs ne laissoient point de labourer, ne à eubc tenir en leurs maisons. Car les gens d'armes ne leur faisoient aucunes exactions , ne cause n'en avoient. Et si n'eussent osé; car ils estoient bien paiez. Par quoy, vingt ans avant son trespas, lui et son peuple vesquirent en paix et transquillité, aymé tant de ses subjectz comme des nacions est ranges, qui venoient souvent devers lui à conseil pour le différent de leurs questions, et ce pour la grant justice qu'il tenoit >. Craint des bons et des mauvais ' ; des bons qui crai*-

1. Conformément à l'article 20 du traité d'Arras. Voy* d-dessus, t. 1, p. 200.

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