Bellaguet, p. 37j,chap
230 Abrégé François ['4'9
sur son chaperon la croix Saint André, qui estoit signe du duc de Bourgogne, ainsi que lui vivant ils faisoyent. Aussi fut défendu de par le roy que nul souldoyer ou adhérent du duc de Bourgogne ne fréquentast ne se transportast en manière qui fust ' avec les gens de Monseigneur le Daulphin, que l'on appeloit les Armignacz. Pourquoy aucuns furent punyz rigoreusement pour ce qu'ils avoient seulement parlé à eulx ^.
Non seulement 5 les Parisiens furent desplaisans de la mort du duc de Bourgogne , mais aussi pluseurs autres officiers parmy le royaume, qui pilloyent le peuple et gouvernoient à leur plaisir, parle port qu'ils avoyent de lui. Lesquelx, en signe de deuil, portèrent habiz et vestemens noirs, et es églises firent célébrer solempnellement les funérailles et obsèques , pource que les principaulx gouverneurs du roy estoient adhérents et fauteurs du duc de Bourgogne, tant du mort que de son fils qui luy succédoit. Ils craignoient la puyssance de Monseigneur le Daulphin, lequel ils cognoissoient bien, pour les injures, forces , violences et inhumanités qu'ilz avoyent faiz à ses adhérents , les avoir en hayne. Ils convindrent ensemble et conclurent, à l'instigacion du duc de Bourgogne , fils du mort, de faire paix avec les Anglois, anciens ennemys de France; car autrement il ne sembloit pas povoir résister à la puissance de Monseigneur le Daulphin ne venger la mort du duc de Bourgogne».