‹ Chronique de Charles VII, roi de france (volume 5)Chapitre 190 sur 230 · On connoît l'ordre de la Cosse de genêt ou genette · texte numérisé non relu

On connoît l'ordre de la Cosse de genêt ou genette

?. Blanc, rouge, bleu et noir.

268 Extraits ['409-

sa pension de ladite année, 1409-10, 20 livres tournois.

Fol. ?6, v°. — Article semblable, 141 o-i.

Fol. 62. — Achat de chevaux fait pour la reine au Lendit de 1410. (Cette foire s'ouvroit le 12 juin.) ^

Fol. 64. — A Pierre Berthelot, dit le Paige, marchand de chevaulx, pour la vente et délivrance d'un roncin bay acheté de lui , lequel ladicte dame a donné et fait présenter de par elle à M. de Pontieu, 74 livres 5 sols tournois.

Le 29 janvier de l'année 141 5-4, la reine Isabelle avoit reçu, en son hôtel de la rue Barbette, la reine Yolande de Sicile (mère de Marie d'Anjou, depuis femme de Charles VII). Isabelle alloue une somme de 2,000 livres tournois pour le surcroît de dépenses que cause cette réception à la charge du compte de l'hôtel. Voici l'extrait :

Fol. 86, v^. — Ledit maistre Pierre Floriot, de la chambre aux deniers de la royne, auquel et à Jehan Martin, maistre des garnisons de vins de la dicte dame, icelle dame, par ses lettres données le vingt-huitième jour de janvier l'an mil quatre cent et treize (141 4, nouveau style), mande bailler et délivrer, par ledit trésorier, la somme de 2000 livres tournois, à lui nagaires lors ordonnée estre baillée pour la venue de la royne de Sécille, la somme de 540 livres tournois, pour la cause de la despense faicte pour sadicte venue en l'ostel de la dicte dame, au mois de décembre l'an dessus dit, etc.

Fol. 95, v°. — Dettes remontant de 1403 à 1406. Le comte de Ponthieu et les autres enfants sont toujours compris dans les dépenses

14»?] DES Comptes royaux. 269

communes, telles que fournitures de draperie et autres.

Fol. 127, v°. — Vers le 8 décembre 141 5, la reine de Sicile et sa suite viennent visiter la reine de France. Présents faits par Isabelle :

A la roine de Sicile, six hanaps d'or à pié, esmaillez de rouge clair ou fons (au fond) ; dont l'un est couvert .... valant . . . 1072 francs.

A Monseigneur de Guyse (René d'Anjou), un dyamant pointu en un annel ... 80 francs.

A la sœur de Messire Anthoine de Craon ' , qui accompagnoit la roine de Sicile, un autre diamant ... 66 livres 5 sols tournois,

A monsieur le comte de Pontieu, une esguière et un gobelet d'or . . . 208 livres.

A Messire Macé de Belval », chevalier, conseiller de la royne de Sicille, un hanap et une esguière d'argent doré .... 48 livres 1 j sous tournois.

Extraits des comptes royaux relatifs à Isabelle de Bavière et à ses enfants.

Isabelle de Bavière, morte en 143 5, appartient au règne de Charles VII aussi bien qu'à celui de Charles VI; elle y appartient comme mère du roi et comme son adversaire politique. L'i-

1 . « Marie de Craon étoit une fille très-belle, selon l'auteur anonyme de la vie de Charles VI » (Anselme, Généalogie des Craon). Elle étoit sœur d'Antoine, et fille de Pierre, le meurtrier de Ciisson.

2. Macé ou Mathieu de Beauvau, l'un des principaux conseillers de la reine de Sicile.

270 Extraits

mage qui nous est restée dans l'histoire de cette reine fameuse ne me paroît pas suffisamment exacte ou fidèle. Isabelle n'étoit point dénaturée, sanguinaire, ni perverse au degré hyperbolique oij elle a été souvent représentée. C'étoit une femme douce, molle, susceptible des vertus et des affections vulgaires; mais médiocre en tout, moralement; foible, superstitieuse, égoïste et capable de tomber dans tous les entrainemens. Son tort capital, et qui la perdit, se rattachoit en elle à un défaut secondaire : la cupidité. Avant de se livrer à des actions nuisibles et coupables, elle fut successivement dupe et victime de séductions, d'offenses et de rigueurs imméritées.

Les extraits qui vont suivre pourront servir à présenter cette princesse sous un jour plus vrai que celui sous lequel elle est généralement connue et appréciée.

Le premier de ces extraits nous la montre essayant de gagner et de s'attacher personnellement les conseillers , hommes capables et influents, que la maison d'Anjou, par la main habile d'Yolande, avoit placés auprès du prince Charles, désormais héritier présomptif de la couronne. Le second morceau nous offre une peinture beaucoup plus étendue. On y verra la reine peinte d'après nature, et dans sa vie la plus intime. Le troisième extrait nous la représente à Troyes. La reine venoit de signer ce traité qui a fait, ajuste titre, de son nom, un des souvenirs odieux de nos annales. Mais la reine Isabelle, en commettant ce crime politique , le plus grave et le plus coupable que pût assumer une reine et une mère, Isabelle avoit-elle réellement conscience de

[1414] ^ES Comptes royaux. 2-ji

la portée et de la valeur de cet acte ? Nous en doutons, après une étude attentive de son histoire. A ce moment même, Isabelle, privée de sa volière, qu'elle n'avoit pu emmener si loin de Paris, achetoit à grands frais, pour son eshalement, trois douzaines de pinsons, tarins et autres oiselets chantants!

141 4- 14 16. — Comptes de l'hôtel de la reine, KK, 47.

Dépenses secrètes et particulières de la reine. Sommes reçues en main. Présens faits par Isabelle à Tanguy Duchâtel, Robert le Maçon, Jean Louvet et Guillaume Toreau.

Fol. I . — « Despence de ce présent compte. »

Fol. I à 3, V. — Deniers distribués pour payer des dettes arriérées.

Fol. 4. — Elle a acheté en 141 4 plusieurs balais et rubis à des marchands lombards.

Fol. 4 à 9. — « Deniers bailliez comptans à la royne. «

Somme totale, sans spécification : 85,707 livres 1 1 sous 9 deniers tournois.

Fol. 9, v°. — « Dons et recompensacions faiz par la royne.

Fol. 10. — «Messire Tanneguy du Chastel', chevalier, prévôt de Paris, auquel ladite dame , par ses lettres données le quatorziesme jour d'avril

I. Tanneguy ou Tanguy Duchâtel (à la mode bretonne), homme énergique, intelligent et dévoué à la cause armagnac. On sait, par la chronique de Jean Raoulet et par tous les autres historiens de l'époque, le rôle important que joua ce personnage pendant toute la régence ou minorité de Charles VII. Il disparut des premiers rangs de la scène politique en 1425, et mourut fort vieux, après une existence des plus remplies.

273 Extraits [141 5 av. 14-

l'an 141 5 après Pâques, mande délivrer et présenter par ledit trésorier de par elle, vaisselle d'argent jusques au pris et valeur de la somme de 400 livres tournois. Laquelle vaisselle, pour certaines causes et considérations à ce la mouvans, lui a donné et donne par ses dictes lettres ; et, par rapportant icellez lettres et quittance sur ce, des marchans de qui ladite vaisselle sera achetée, ladite dame vieult et lui plaist ladite somme de 400 livres tournois estre allouée es comptes dudit trésorier par nos seigneurs des comptes; pour ce, par vertu des dictes lettres, avec quittance dudit marchant, donnée le vingtiesme jour dudit mois d'avril, et certification dudit Monseigneur le prévost, donnée ledit jour, 400 livres tournois.

Fol. 12, v°. — « Messire Robert Le Maçon', chanceher de ladite dame, auquel icelle dame, par ses lettres données le septiesme jour de novembre l'an 1415, mande paier, bailler et délivrer par ledit trésorier, la somme de 500 livres, en récompensation de plusieurs frais et despens par luy euz et soustenuz en plusieurs voyages qu'il a faiz pour ladite dame en certains lieux , puis demi an en ça, sans avoiraucune restitution, etc., valent 500 livres tournois.

Fol. 15. — « Lui 2, auquel icelle dame, par ses autres lettres données le septiesme jour d'aoust l'an 1416, mande semblablement paier, baillier et délivrer la somme 1 ,000 francs, pour considéracion des bons et agréables services que

I . Il devint ensuite seigneur de Trêves, en Anjou, vicomte de La Rochecavart, chancelier du Dauphin ,; membre du grand conseil, etc.; mort en 1443.

a. Le même Robert le Maçon.

1416 nov. 22] DES Comptes royaux. 2j\

ledit chancelier a faiz à ladite dame, tant à cause de son dit office comme autrement fait chacun jour et espère que face encore ou temps advenir, 1,000 livres. »

Fol. 10 et 12. — Gratifications aux receveurs diligens dans la remise des deniers assignés sur eux. Il est dit dans les comptes que les rentrées se font difficilemcHt, attendu les oppressions qui pèsent sur le peuple, tondu et pressuré de toute part.

Fol. 13. — « Messire Jehan Louvet ', président de Prouvance , conseiller du roi de Sécille, auquel ladite dame, par ses lettres données le pénultième jour de septembre audit an 1416, a donné la somme de 1,000 francs, à prendre et avoir pour une foiz par la main dudit trésorier des deniers de ses finances ; pour ce , par vertu desdites lettres, avec quittance dudit Messire Jehan Louvet, donnée le dixiesme jour d'octobre en suivant , valent 1,000 livres tournois.

)) Messire Guillaume Toireau ^, conseiller du roy nostre sire, et de ladite dame, pour don à lui fait par ladite dame , par ses lettres données le vingt-deuxiesme jour de novembre (1416), avec quittance dudit Messire Guillaume Toreau le quatriesme jour de décembre, $00 livres tournois.

1. Il fut également l'un des principaux ministres ou favoris jusqu'en 1425. Il conserva dans la retraite son ambitieuse et remuante activité. Louvet mourut vers 1458.

2. L'année suivante, en 1417, Guill. Toreau étoit un des satellites préposés à la garde d'isabeau de Bavière, reléguée à Tours par les conseillers du Dauphin. On peut voir dans Monstrelet quels furent, en cette occurrence, la conduite et le sort de Guillaume Toreau. Nous retrouverons plus loin ce personnage.

Jean Chartier. III. 18

274 Extraits [141 S av. 26-

Fol. 1 5, vo. — )> Pensions paiéespar l'ordonnance de la reine.

» Messire Robert le Maçon , chancelier de ladite dame, au quel ladite dame a ordonné 1 ,000 francs de pension par chacun an, par lettres d'icelle dame , rendue en semblable chapitre sur le compte précédent; pour ce, icy, pour sa dicte pension de l'année commençant le premier jour d'octobre l'an 1414 et finissant le dernier jour de septembre l'an 141 5; par deux quittances de lui, chacune de 500 livres, données l'une le vingt-sixiesme jour d'avril oudit an 1415, et l'autre le second jour de novembre ensuivant, 1 ,000 livres tournois. »

\/^\(J-\^,\^. — Menas plaisirs de la reine, KK, 49*.

La reine à Vincennes. Sa volière. Elle fait faire des neuvaines et des pèlerinages, tant pour sa santé que pour celle de ses enfans. Fermetures intérieures et verroux. Charriot «pour le tonnerre», c'est-à-dire contre le tonnerre. Goût de la reine pour les animaux. Détails d'intérieur. Elle retourne à Saint-Paul. Détails analogues. La reine à Senlis. Maître Jean Picart, premier secrétaire de la reine. Guillaume Toreau, son chancelier. Isabelle a un oratoire particulier dans l'église de Saint- Denis-en-France. La reine retourne à Vincennes. Elle écrit à Tanguy-Duchâtel. Le Dauphin lui confie une liéparde-. Singe de la reme. Son chat-huant, ses tourterelles, ses chardonnerets, etc. Actes de piété par procuration. Mort du Dauphin Jean. La reine écrit au père et à la mère de Marie d'Anjou, sa belle-fiUe.

Pol. 2. — « C'est le compte de Thévenin Le Bailli, clerc des offices de l'ostel de la royne, de

1. On trouvera d'autres extraits de ce même compte dans Le Roux de Lincy, Femmes célèbres, 1S4S, in-12, t. i, p. 628 à 64).

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