Jamet (Jacquet) du Tillay
Jean Chartier.
[Mai
don. Et y ot plussieurs Angloiz et Bourguignons mors et prins , et plussieurs se retirèrent par dessus ung pont qu'ilz avoient fait à travers la rivière d'Aise.
Et par lesdits conte de Vendosme, le sire de Boussac , mareschal de France et autres de leur compaignie , y eult fait de plussieurs belles armes et grans vaillances. Et à celle heure qu'ilz se combatoient à gaigner iceulx fossez et fortifficacions, ceux de la ville saillirent dehors et assaillirent vaillamment une bastille gui estoit viz à viz de leur porte , en laquelle avoit , ainssi c'om disoit y de trois à quatre cens combatans picars de la compaignie dudit de Luxembourg, Iesquelz furent presque tous mors en la place. Et à celle heure nit desconfit tout le siège du costé devers la forest de ladite ville de Compiengne ; et s'aproucha fort la nuyt , parquoy convint que ledit conte de Vendosme , le mareschal de France et autres de leur campaignie entrassent en ladite ville. Et tantost commencèrent à passer de l'autre part devers la rivière plussieurs gens de
dessus le pont estoit rompue. Et toute nuyt se deslogèrent Angloiz et Bourgueignons et s'en allèrent sans ordonnance en Normendie les ungtz, et les autres en Picardie, en très grant désarroy.
Et disoit on que ce iceulx conte de Vendosme et mareschal de France avec leur compaignie eussent peu passer ladite rivière, ilz eussent tous desconfitz iceulx Angloiz et Bourgueignons. Et laissèrent iceulx Angloiz deux ou trois grosses bombardes et plussieurs canons et autres artillerie et moult grant quantité de vins et de
bateaulx, pour ce que la saillie de
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vivres. Et estoit dedens ladite ville Messire Philippe de Gamaches , abbé de Saint-Pharaon », lequel, ainssi c'om disoit, fut cause de tenir icelle ville de Compiengne contre iceulx Aneloiz et Bourguaignons si longuement; lequel s'i porta moult vaillamment et grandement au bien du roy de France. Et en estoit cappitaine Guillaume de Flavy, lequel semblablement s'i porta vaillanment. Et devant le siège fut prins certain appoinctement pour traicter de paix entre le roy ae France et le duc de Bourguongne , par lequel fut appoincté aue ledit duc de Bourguongne auroit ladite ville de Compiengne en sa main, pource que c'estoit passage de rivière, afïïn qu'il allast à Paris et ailleurs, pour besongner au fait d'icelui traicté. Et fut mandé audit Guillaume de Flavy, de par le roy de France, de bailler et délivrer icelle ville audit duc de Bourguongne, de laquelle chose il fut refusant, dont le roy fut d'abord très mal content, et touteffoiz plussieurs disoient que la désobéissance que icellui de Flavy avoit faicte avoit prouffité au roy, car par icelle ville furent les Angloiz et Bourgueignonstrèsfort endommagez, et fut cause d'entretenir les autres villes que ledit roy avoit conquises.