Alias Loumel (l'Ormel?) à Lcstamcn (Sarthe
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Sillé. Auquel cas, ledit conte d'Arondel estoit tenu de rendre audit Aymery les hostaiges que de ce il lui bailloit. Et aussi se ledit conte d'Arondel avecques les Angloiz estoit plus fort que lesdits François audit Hommel Alestamen, ledit Aymery lui devoit rendre ledit chasteau de Sillé. Et ce venu à la congnoessance, par la bouche dudit Eymery, du duc d'Alençon, de Monseigneur Charles d'Anjou , le conte de Richeraont, connestable de France, lesquelz avoientfait ung grant mandement et assemblée de gens d'armes au pourchas de Messire Ambrois sire de Loré pour cuider lever le siège devant Saint-Célerin donc dessus est faicte mencion au précédent article.
Laquelle armée fut entretenue et vindrent eulx logier avequez leurdit ost, ledit duc d'Alençon, Messire Charles d'Anjou et le connestable de France, en ung village nommé Coullie (Conlie), et leur avant-garde , en laquelle estoient le sire de Raiz, Messire Pierre de Rocheffort , mareschal de France , ledit sire de Loré , Gaultier de Brussac, et se logèrent à demye lieue dudit Hommel, en ung village nommé la Haye Neufville; et en départant les logis , les logeurs du conte d'Arondel et du sire d'Escalles y arrivèrent pour semblablement y voulloir logier. Lesquelz Angloiz estoient à grant ost et puissance pour semblablement eulx trouver le landemain, qui estoit le jour assigné , audit Hommel Alestamen. Et en départant icellui logis, se commença une grant escarmouche entre lesdits François et Angloiz, et tellement que ledit logis demoura auxdits François , et furent reboutez lesdits Angloiz juc-
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aues oultre une petite rivière qui passe près udit village, nommé Villeneufve la Haye.
Et se loga ledit conte d'Arondel et son ost sur icelle rivière si près d'icellui village que , toute nuy t 1 , lesdits François et Angloiz ouyoient parler Pun l'autre et les menestrez 3 les ungz des autres. Et fut toute icelle nuyt tenue l'escarmouche sur ladite rivière par lesdits sire de Loré et de Brussac, avec autres, tandis comme les autres François reposoient. Et le lendemain au matin se deslogèrent lesdits duc d'Alençon, Charles d'Anjou et le connestable de France, avec leur ost, et se vindrent mettre en bataille •audit Hommel. Et lesdits mareschal , le sire de Loré, Brussac et autres se deslogèrent après en arrière garde, pource qu'ilz estoient plus près de Tost desdits Angloiz, et s'en allèrent audit Hommel eulx mettre en bataille auprès desdits seigneurs françois.
Et ledit conte d'Arondel , le sire d'Escalles et autres seigneurs angloiz avec leur ost se délogèrent et tirèrent semblablement audit Hommel tant que les batailles desdits Angloiz et des François s'entrepovoient veoir clèrement. Maiz . c'estoit entre lesdits deux ostz et compaignies ladite petite rivière dont dessus est faict'e mention. Et quant les Angloiz aperceurent que lesdits François estoient audit Hommel, ilz s'en retournèrent tout court au lieu où ilz avoient couché la nuyt devant, et là passèrent icelle rivière et se
1 . « Les deux osts s'entrepouvoient parler les uns aux autres. » ( Divers manuscrits. )
2. Ménétriers. On voit quç les deux corps ennemis avoient chacun leur musique.
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mirent en bataille le dos contre icelle rivière et au village d'icelle Villeneufve la Haye où lesdits François a voient couché.
Et ce venu à la congnoessance desdits François, s'approuchèrent d'iceulx Angloiz comme de demye lieue, et là commencèrent plusieurs grandes escarmouches, et souvent y en ot de prins et ruez par terre tant d'un costé que d'autre. Et fut rapporté aux François que les Angloiz estoient en place moult avantageuse. Parquoy lesdits François ne furent pas conseillez de les aller assaillir ne quérir en icelle place, et furent tout icellui jour en bataille les ungz vis-à-vis des autres. Et environ soleil couchant, fut envoyé unç hérault par les François aux Angloiz leur dire qu'ils venissent audit Hommel pour combatre, ou qu'ilz rendissent les ostages dudit chasteau de Sillé , ainsi qu'il avoit esté appoincté en faisant ladite composicion. Lesquelzilz rendirent et renvoyèrent comme quictes.
Et adonc les François, comme usans de bonne foy, s'en allèrent droit à Sablé, cuidant que les Angloiz s'en deussent retourner en leurs garnisons dont ilz estoient venuz. Maizilz faignirent d'un et firent d'autre. Car auant ilz virent leur point et que l'assemblée desdits François estoit rompue , ilz retournèrent tout court devant le chasteau de Sillé-Guillaume et y donnèrent ung très-ffort assault , ceulx dedens estans desporveuz de leur venue comme gens qui n'eussent jamais pensé à cela , et tellement qu'ilz emportèrent et saignèrent ledit chasteau de Sillé d'icellui assault.
Ung pou après, icellui conte d'Arondel angloiz fit une autre armée et vint courir en pays du Maine
et d'Anjou, et print le chasteau de Mellay et aussi cellui de Saint-Laurens-des-Mortiers, et courut le pays jucques au pont d'Espinaz près d'Angiers, et mist garnison ès dits chasteaulx dessusaits et s'en retourna enNormendie.