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Clovis, faisait parlie du royaume de ]\îetz, où régnait Tlîéodebert, petit-fils de Clovis. Grégoire perdit son père , étant fort jeune encore , et fut élevé auprès de saint Gai, évcque de Clermont. Son éducation fut plus soignée qu'elle ne l'était communément dans ces temps de barbarie, oii l'on ne trouvait quelques vestiges des lettres qu'auprès des évêques, et parmi les ecclésiastiques encore bien peu nombreux à celte époque.
A trente-quatre ans, Grégoire, qui était déjh devenu célèbre dans les Gaules par sa piété et sa sagesse, fut élu évêque de Tours, sous l'autorité de Sigebert, roi d'Austrasie.
Sa vie offre le plus bel et le plus grand exemple de celte influence sainte et salutaire, exercée par les évêques au milieu d'un temps de barbarie , où il n'y aurait pas eu un seul élément d'ordre , de police et d'administration sans l'épiscopat, temps qu'il ûml soigneusement distinguer du régime féodal , non encore établi, et dont on entrevoyait à peine les premiers rudiments.
Grégoire mourut en ôgS , le 1 7 novembre , h l'âge de cinquante quatre ans. L'Eglise révère r évêque de Tours parmi les saints ; les lettres le comptent parmi nos historiens les plus capitaux. Sans Grégoire de Tours nous n'aurions aucune connaissance des premiers siècles de noire histoire. Grâce à ses écrits, il n'est point de peuple qui ait des notions plus délaillées et plus certaines de son origine. Son Histoire des Francs (llistoria
SUR GRÉGOIRE DE TOURS. vij
Francornm), divisée en dix livres, comprend un intervalle de cent soixante-quatorze ans, depuis l'époque de l'établissement des Francs dans les Gaules. C'est un vrai phénomène que de trouver, à la naissance d'une nation, un historien véridique, impartial, beaucoup plus éclairé qu'on ne l'est communément à de telles époques. Grégoire de Tours est un guide sur dans la connaissance de l'état des peuples et de l'Église de France , jusqu'au temps où il vivait.
Si l'on veut ensuite le considérer comme écrivain , on trouvera dans son langage un triste témoignage du poini où peuvent décheoir les lettres et l'esprit humain. Non-seulement le latin qu'il emploie est grammaticalement barbare; mais il est sans force , sans expression , sans couleur. Cette langue si éloquente autrefois , s'était usée et flétrie comme la civilisation elle-même. Il y avait plutôt dégradation que barbarie. Les nations gothiques n'avaient point encore, par un mélange intime, renouvelé les nations al3âtardies sous le joug brisé de l'empire romain. Los vainqueurs opprimaient les vaincus, sans être confondus avec eux.
L n homme, quelque distingué qu'il soit, ne peut triompher de son siècle. L'outil manque à l'ouvrier. Cependant Grégoire de Tours s'anime quelquefois par les efl*royables calamités dont il était témoin ; et son style prend alors de la force. Mais ce qu'on y remarque toujours, c'est un caractère
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de bonne foi , et un jugement libre et courageux des princes faibles ou féroces qui mêlaient leurs noms aux malheurs de la France.
« Grégoire de Tours est, sans contredit, le plus célèbre écrivain du sixième siècle. En blâmant les défauts de son style , toujours rampant et toujours barbare , la puérilité de ses observations , l'irrégularité de sa méthode etc. , on doit avouer que son histoire est presque l'unique source des lumières qui nous restent sur l'origine et les progrès de la monarchie française.
» A la tête de son ouvrage , l'auteur fait l'exposition des motifs qui l'engagèrent dans cette entreprise. Il promet une histoire ecclésiastique, militaire et civile , telle qu'elle est effectivement. Avant que d'entrer en matière , il donne sa pro fession de foi , qui est orthodoxe dans tous ses points. Son premier livre comprend l'histoire de 5546 ans, depuis Adam jusqu'à saint Martin. On y voit quelle fut l'origine du christianisme dans les Gaules , dont il fait honneur à saint Pothin , évêque de Lyon. {Biographie des hommes de lettres r pcir tes Bénédictins.)
L'auteur a écrit , ainsi qu'il l'annonce en commençant , sans suivre aucun ordre ; les événement s'y entassent pêle-mêle , mixte confusèque , selon ses expressions; le plus souvent un chapitre n'a aucun rapport avec celui qui précède ; l'histoire de quelques diocèses des Gaules , et la succession de leurs évêques, est mêlée à l'his-
toire de la conquête et de l'établissement des Francs. Quelquefois des événements d'une importance très-secondaire, et, dénués de tout intérêt , viennent interrompre le récit des événements importants et graves qui caractérisent cette époque.
Nous avons pensé qu'en faisant un choix au milieu de cette vaste collection , nous pourrions former une espèce de Selcctœ è Gregorio Historiœ , qui offrirait à la jeunesse un attrait d'autant plus vif, que les faits qui y sont racontés , intéressants déjà par eux-mêmes, le deviennent encore davantage par la manière simple et naïve du narrateur. Son récit a souvent le piquant de l'anecdote, et toujours cette couleur locale, qui n'appartient qu'à l'écrivain contemporain des événements qu'il raconte.
Les manuscrits de cet ouvrage de Grégoire de Tours portent différents titres. Les plus anciens sont intitulés : Historki ecclesiastica Fî^ancorum; d'autres hlstorla ou gesta Francorum ; quelquesuns simplement ckronicœ. Nous avons choisi ce dernier titre , parce qu'ayant retranché presque tout ce qui concerne l'histoire ecclésiastique, proprement dite , nous n'avons conservé que ce qui a rapport à l'Histoire des rois Francs.
Grégoire de Tours a composé un grand nombre d'autres ouvrages, dont la plupart sont parvenus jusqu'à nous, mais, malgré quelques faits ou quelques détails sur l'esprit et les mœurs du