GRÈCE
« Très fors, très excellens, nobles et puissans lyons sur qui toute chrétienté s'appuie, sur qui tout le monde s escrie. Le tout fleuri^ qui ton odeur espan jusqaes en mes vergers orientaulx, vrai champion de la foi catbolicque, haulx Lyons que tant je désire. Quand orrai-je le tombissement de voz chevaulx devant nos portes. Quaut orrai-je le son de voz trompettes resvelllcr vostre noble chevallerie. Quant verrai-je votre bénigne chère de paix. Quant verrai-je vos haultes têtes et voz riches pavillons fichés devant mes ennemis. Quant verrai-je en estât bien ordonné nobles vassaulx hardis et vaillants champions d'armes richement dorés, noblement décorez, issant de tr s limites ponr chevallcreusement militer et mettre à
confusion ces chiens cerbéricques qui tant m'ont oppressée et foullëe par leur cruanlté qui oncques mais n'est rassasiée. Voyez-vous point ardant désir mon messagier monte en plus haulte tour d'espérance qui ne cesse de vous appeller? Ne voyez-vous point mes secrettes pensées eslendre les bras pour vous donner vostre bien venue. Ne voyez-vous en oullrc les mers paisibles tenir les vens oyseux qui n'attendent sinon à souQer voz voilles? A quoi tient-il donc prince bien heure, à quoi tient-il que vous ne venez? Les vivans vous obéissent, les cieulx vous favo • risent, les plantes fructifiantes vous nourrissent , toutes choses vous bénissent, et voz ouailles bien g;ardées sont de verg[e pestilencieuse, car j'entends que vous estes en trausquillité et que paix avez et accord ensemble.. 0 Seigneur bien heure en terre que vous fault-il plus? Vous avez la prouesse de Hector^ les armures de Polides, le conseil deUlixes, la force d'Achille, Tassistence de voz Picars, Venez donc a l'espoir de mon cueur, a la plaisance de mes yeulx, venez donc car il est heure et ne tardez plus. Ensuyvez la voye des pères anciens. Ouvrez la voie a voz enfans. Cueillez fruict de loz immortel pour parer voz sépultures^ et conquestez vostre glorieux diadème pour être béatifié es cieulx. Vous ferez honneur a Dieu, honte al'ennemi^ louange aux Chrétiens, esclandre aux infidellet santé pour vous, prouifit pour les miens, gloire a vous et salut aux miens,
L'ALCTEIJR.
Grèce que Turcs vont gastant,
Estoit tant
Regrettant.
La religion ou demeure
Le fort Lyon trespuissant,
Rugissant
Que cessant
Fut sa douleur sans demeuie
Vienne l'heure
Qu'il acquerre
Et demeure
Les tyrant
Qui ainsi vont detirant.
Pour la pitié que j'en prins
Au pourprins
Entreprins
De fabriquer ce langage
Si j ay comme mal apprliis
llien mesprins
Répairer vueil le dommage
Cest ouvrage
Lourd sauvage
Sans parage
Ou rien n'est net
Molu d'uog g^ros Molinet.