CHAPITRE Vlll
DU PÉCHii DE FiRKSSK.
tf EiT quant est au ciuquîème péché, qui est de paresseieertes^mon fils, oncqu.es vrai amoureux ne l'ut pareifeuzicarle&très douces et amoureuses pensées qa*il^ nuit et [our, pour acquérir la très désirée griee de sa très belle dame, ne le pourroient consentir: caK soit pour chanter, soit pour danser ,^ sur tone les autres il est le plus diligent et le plus joyeux à levef matin, dire ses heures, ouïr la messe Jérotement, aller à la chasse, ou au gibier; et les pouaçres d'amour sont à dormir. Et pour ce, beau fils,e8ckieyez(éifitcz)wiseufie (oisiveté)et superfluité de Tins et de Mandes, afin qu'en luxure vousnesoyex souillée car la personne oiseuse, et bien repue, à grand peine peut garder chasteté. Et encore de ce néchant péché de paresse, dit saint Bernard, mon iiai,)*ai yu aucuns fols s'excuser sc^* Cortune^à pane trouveras^tu qu'un diligent puisse être înfor- Umé: mais si tu es paresseux , d'infortune seras tonjoars aocompagné. Et à ce dit saint Bernard : Itevidtre qwuB sua sunt, summa prudentia est. C'est à dire, beau fils, de revoir ses choses, cominent et qedks elles sont, est souveraine prudence. Il n^ dit pas seulement voir ses choses, mais revoir: et ce revoir s'entend, que nul ne les peut Irop voir^car oisivetés sont très souvent le venin de la pensée dea
jeunes gens^ car le repos des jeunes est la spéciale cause des vices. Pour ce, mon fils, laissez paresse, laquelle donne à la vie mauvais ennui, et fuyez les ennemis des choses vertueuses. Eh, mon aiai,les vrais amoureux sont par telles vertus sauvés, pour ce qu'ils abandonnent ce très vil et malheareui péché de paresse, pour eux accompagner avec la très resplendissante vertu de diligence: Je veut, et vous commande, mon fils, que mettiez peine d^être du nombre d'iceux; et lors serez quitte de ce malheureux péché de paresse et serez sauvé si à vous ne tient.