‹ Chronique de J. de Lalain (volume 2)Chapitre 30 sur 109 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

CoUMBllT LB CMBVALIBR SICILIEM VIHT A LA COÙK DU DUC;

00 Jacques de Lalaik, par son con^t et licence,

rOt'CUA A SON EMFHISE POUR FAIRE AHMES DE CHEVAL ET DE PIED.

AssEx tôt après, le duc de Bourgogne i*etouma dé ton pèlerinage et vint en la ville d^An vers. Jacques de I^lain sachant la venue du duc, lui alla au devant Si entra le duc dedans la ville d'Anvers où il tilt reçu à grand' joie et liesse des nobles et comtniui peuple de la ville. Puis quand ce vint le lendetein« Jacques de Lalain assembla grand' foison de teigneors ses parents et amis, pour l'accompagner

Cir devers le duc; où il vint, et lui fit sa requête^ quelle par le duc lui fut bénignement accordée, clt d'autre part, messire Jean de Boniface envoya guérir au duc que ce fut son bon plaisir qu'il lui illâtbire la révérence, ainsi comme il apparteuoii:

90 CHROMQLE DU BOJS CHEVALIER

le duc lui accorda, et bailla jour pour jr venir, ainsi comme requis Favoit Le jour venuje dit chevalier, en tel état comme il avoit accoutumé à aller au moûtier et par la ville, portant son emprise, vint devers le duc, duquel il fut reçu très honorablement. A cette heure Jacques de Lalain, sachant la venue du chevalier, vint en la présence du duc devant lequel il renouvela son congé; puis marcha avant et s'approcha de messire Jean de Boniface, et lui dit ainsi: « Messire Jean de BoniEaice, je vois que vous portez emprise pour faire armes; parquoi j'ai pris congé de mon très redouté seigneur et prince, que vous voyez ci présent, de touchera celle, s'il vous plaît; et de vous accomplir à l'aide de Dieu^ les armes, telles qu'en vos chapitres sont contenues; lesquelles je crois être telles que nobles hommes doivent faire, et de ce ne fais nulle doute.» Alors celui messire Jean de Boniface répondit : « Jacques de Lalain, je vous mercie de l'honneur par vous à moi fait, et suis très jojeux et content que vous j touchiez, par ainsi que vous m'accomplirez les armes contenues enmes chapitres, lesquels je vous offre bailler par écrit » Lors Jacques de Lalain à (avec) chère joyeuse répondit qu'il éloit content, et marcha avant, et toucha à l'emprise d'icelui chevaUer, en la présence du duc, qui alors accepta aux dessus dits de Boniface et de Lalain, d'être leur juge; et leur dit qu'il aviseroit le lieu, et leur feroit sçavoir le jour qu'ils pourroient faire leurs armes. I^ors, tantôt après ces choses dites et proférées , celui de Boniface prit congé du duc cl

MESSIBE JACQUES DE LALAW. 91

retourna en son hôtel , 011 il oe demeura guères qu'il envojât à celui Jacques de Lalain les chapitres de ses armes, qui sont tels que ci-dessus s^eusuiveut.

CHAPIRE XXVI.

Le» CHAriTAES DES ARMES i CHEVAL D£ AIESSIBE JeAH Df;

Bo«M>ACE.

A l'hoziiieur et louange de notre Seigneur JésHs- Christ et de sa très glorieuse Vierge nici*e,etde monsieur Sain t Georges , Je, Jean de Boniface, chevalier, natif du royaume de Sicile^ fais sçavoir à tous princes, barons, chevaliers et gentils-hommes sans reproche, que pour servir ma belle dame et pour parrenir au titre de prouesse , du bon congé et licence de très excellent, très puissant, et très victorieus: prince le roi d'Arragon et de Sicile, deçà et delà le Pbare, 'de Valence, de Jérusalem , deHongrie, de Maîorque, de Minon|ue, de Corsego (Corse) et de Sardaigne, comte de Barcolonne, duc d'Athènes, comte de Roussillon et de Pulsardin; je porte me emprise, sous laquelle se contient faire armes à dieval et à pied; par ainsi et par telle condition que cdoiqui premier touchera a ma dite emprise fera armes avec moi, selon le contenu de mes chapitres ci-dessous écrits.

Le premier, que nous ferons armes à cheval; et celui qui premier de nous deux aura roQipu six lau-

ces parle fîist (fois), de droite encontre sur Ion compagnon, acquerra un joyel tel et de tel prix que bon semblera à celui qui n'aura point rompu les dites six lances ^lequel jojel sera porté et présenté par celui même qui l'aura perdu, à une dame ou damoiselle, que celui qui l'aura acquiis lui ordonnera et nommera en la cour de très haute et très redoutée princesse la duchesse de Bourgogne et de Brabant: toutes fois, si aucunes des dites lances se rompoient par le fer, elles ne seroient point tenues pour rompues.

*Le second chapitre est, que s'il avenoit que l'un de nous deux fût porté par terre de coup de lance et de droite atteinte sur le harnas, celui à qui k cas en adviendra, sera tenu de soi rendre prisonnier à celui qui l'aura porto par terre; et pour son acquit et délivraticc, sera tenu de donnera la dame ou damoiselie, devers laquelle il sera envoyé, l'armure de tête qu^il portera à faire les dites armes.

Le troisième chapitre est, que nous serons arinés de tels harnas qu^il nous plaira, à faire armes à cheval, doubles ou saingles (seuls), et tout ^sans mal engin; et n'y aura avantage en Tarrêt, que ainsi le porte qu'on en la guerre.

Le quatrième chapitre est, que chacun de nous deux portera lances de telle grosseur qu'illui plaira; sauf qu'elles seront de mesure et de longueur, et à mesurer depuis l'arrêt jusques au bout de la pointe delà lance; desquelles lances je baillerai la mesure: et pourra chacun porter garnison de fer et de ron* deUes (écus) telles que bon lui semblera.

MESSIRE JACQUES DE LiULAIN- 93

Le cinquième chapitre est, que nous ferons les dites armes à la toile, laquelle sera de cinq pieds de hauteur et non plus.

Le sixième chapitre est, que s'il avenoit que les dites armes de cheval ne se pussent accomplir à la première journée, nous serons tenus de les parfaire au jour après ensuivant; au cas toutes fois que nous, ou Fun de nous deux, n'ait essoine (empêchement) de son corps par maladie ou blessure, tellement qu'il ne put chevauver ou porter harnas.

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