‹ Chronique de J. de Lalain (volume 2)Chapitre 34 sur 109 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

COXHBITT MESSIBB JACQUES DB LàLÀIB EU VOTA BR FbâIICB un HÉRAUT POUR FAlBB ARMES : MAIS POUR LORS LE ROI NE VOULUT SOUFFRIR QUE SUL OB SA COUR EB FIT RIEB.

JjIessiae Jacques de Lalain désirant de tout son cœur poursuivre les armes, et tant faire que par ses hautes et louables entreprises à toujours fut mémoire de ses hauts faits, et que sa renommée ne fut jamais éteinte mais augmentée, envoya en France, àinten* tion dy faire armes: et élut lieu et place en la ville de Fkris, emprès la grand' église de lïotre-Dame; et envoya en la cour du roi Charles, Charrolois le héraut, atout (avec) lettres et chapitres servants à cette manière: mais pour l'heure le roi ne voulut souffrir que Bill de sa cour s'avançât d*j répondre. Et par ainsi iodoi messire Jacques de Lalain voyantqu'en France ilnetrouvoit point de réception, ni homme qui lui ^oulsist (voulut) fournir, ni accomplir le contenu en

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ses chapitres» tels que par Charrolois il avoit en- Toyé,il ne voulut pourtant laisser de poursuivre les armes» afin que la gloire et renommée qu^i avoit acquise en son jeune âge ne prit fin. Si a vint qu'un jour, lui étant en la cour du duc, il se découvrît à deux nobles et vaillants chevaliers ses oncles, dont l'un étoit le seigneur de Créquy , et l'autre étoit messire Simon de Lalain: auxquels il dit ce qu'il avoit volonté de faire;et leur montra les chapitres, que lui même avoit fait écrire par un sien secret serviteur «

Les deux nobles chevaliers, oyants le haut et bon vouloir de leur neveu messire Jacques de Lalain, eurent en eux moult grand^ joie; pour ce que ils véoient que le jeupe chevalier leur neveu , mettoit grand' peine et sollicitude pour parvenir à la haute vertu de prouesse et bonne renommée; et qu'une fois s'il avoit longue durée, ses faits seroient moult recommandés; et lui louèrent son haut et bon vouloir, en lui disant que nullement il ne fit cette emprise sans le sçu et congé dû duc son seigneur; laquelle chose il fit. Et fut le duc moult joyeux, quand il ouït et vit par écrit les chapitres faisants mention des armes qu'il avoit intention et volonté de faire et accomplir: et eut le dit messire Jacques plusieurs secrettes devises avec le duc, qui lui fit de beaux dons pour faire et accomplir sa haute et noble emprise.

Après qu'à son plaisir il eut dit et raconté au duc

son seigneur tout son fait entièremient; il prit congé

de lui et de ses oncles, et vint en l'hôtel du se-

. gneur de Lalain son père, où il fut reçu moult bé-

nignement; en spécial de la dame de Lalain «^

MESSIRE JACQUES DE LâLAIN. i or>

mère, qui Paimoit moult chèrement Puis après qu'il eatlàélé aucuns jours^il raconta au seigneur deLalain son père l'emprise qu'il a voit faite, et lui montra tous les chapitres, tels comme il les a voit inteation de faire et accomplir.

Le seigneur de Lalain, oyant la volonté et haut courage de son fils, fut moult joyeux et lui* loua moult fort, et dit: « Mon fils, )e vous aiderai à mou pouvoir, jaçoit-ce-que (quoique) votre allée me fera assez d'ennui; et aussi fera-t-il à votre mère madame de Lalain: mais non-pourtant (néanmoins), jà à Dieu ne plaise que je vous destourbe (trouble) ni ote hors de votre noble et bon propos. » Alors le noble seigneur de Lalain lui fit de moult belles remontrances et beaux enseignements, tels qu'il appartenoit à dire et faire à un jeune chevalier, quand on le voit en volonté et courage de parvenir à la haute vertu de prouesse et bonne renommée.

Messire Jacques de Lalain, très jojreuxde tout son cœur de ce qu'il véoit son seigneur et père tant enclin en le louant de son emprise, le remercia moult humblement: puis après devisèrent ensemble sur le fait it son partement, et quels gens il meneroit avec loi. Si bien et si arrément (régulièrement) ordonna son fait, qu'il n'y avoit que répondre. Puis après (jnelout son fait fut ordonné pour partir, il prit congé du seigneur de Lalain son père, et de la dame de Lalain sa mère qui moult fort pleuroit pour k partement de son fils qu'elle aimoit chèrement; ■eis comme dame de grand' vertu, elle fut moult joyeuse du haut vouloir de son fils: si le baisa moult

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de fois à son partement, en pleurant moult tendrement, et en faisant ses regrets et complaintes. Le seigneur de Lalain, par douces et amiables paroles la r'apaisa au mieux qu'il put. Or lairai atant(naiDtenant) à parler du seigneur de Lalain et de madame de Lalain son épouse, et retournerai à messire Jacques leur fils.

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