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3o8 CHROKIQDE DU BON CHEVAUER
très grande joie, car bien y étoieul tenus. Si Ihî fut conseillé qu'il se logeât dedans la Tille, en lui disant que les Gantois, qui étoient i l'autre coté, étoient merveilleusement grand nombre, et en fort k^ et bien garnis d'artillerie, et qu'en celai logis étmttoat l'orgueil des Gantois, et que là étaient les Hanptmans(doyens),et ceux de la loi dcGandjetqiielxm seroit de faire sçavoir au duc de Bourgogne les ùoa* Telles et en quel état les choses .étoient j afin que surceilen ordonnât à son bon plaisir; tstainûk conclut de faire le comte d'htampes, comme il Iii fut con seillé: mais comme j'ai ouï dire depuis, si le comte d'Étampes, et sa compagnie, après qoele l^emier siège fut déconfit et qu'il eût passé la tî- Tière, fût allé combattre le siège qui étoit de l'autre coté, la guerre d'iceux Gantois'eut pris fin, car jamais ne l'eussent osé attendre: mais la chose ne fbt pas ainsi conduite. Lors le comte d'Étampes fit loger toutes ses gens dedans la ville d'Audenarde.
Or advint, ainsi comme ils se vouloienl repaître, lui vinrent nouTdiles que les Gantois aToient levé leur autre siège, je grand temps aToit, et s'en tt loient enbelle ordonnance atout (avec^ leur artillerie, canons et autres bagues. Pourquoi le comte d'Étampes, par son poursuivant d'armes nommé Dotirdao, le fit sçavoir au duc de Bourgogne qui pour lors étoit en la ville de Grandmont. Ces nouvelles ouïes par le duc de Bourgogne^ il lit sonner ses trompettes, en commandant que chacun montât à cheval, en intention de poursuivre les Gantois. Or advint que lès nouvelles vinrent au comte d'Étampes que
MESSIBË JACQUES OK LALAIff. So^
les Gantois s'en alloient, plusieurs vaillants nobles hommes montèrent à cheval, et issirent hors de la ville d'Audenarde, pour poursuivre et aller après ceux Gantois, et furent les premiers montants à cheval messire Jacques de Lalain et ses gens; en après le seigneur de IMoreuil, le seigneur de Rochefort, le seigneur de Lannoy , Robert de Miraumont et grand nombre de gentils et nobles hommes, lesquels suivirent iceux Gantois, et par la vaillance dci messire Jacques de I<<alain et de ceux qui avec lui étoient^ leur firent perdre tout leur charrojjetà chacun détroit passage frappoient dedans; et là firent perdre à maints Gantois la vie. Cette chaise durant, Allard de Rabodenghes et Gujot de Bektun, accompagnés de vingt combattants, s'étoient partis du logis du duc de Bourgogne, et chevauchoient en pays, quérants leur aventure; ils ouïrent le bruit et virent Fallée des dits Gan tais ^^ si chevauchèrent après. Si trouvèrent messire Jacques de Lalain ce vaillant chevalier, qui étoit au plus près des Gantois; si se mirent avec lui, et à une reposée qi]|e firent les dits Gantois, où ils tinrent ordonnance àban« nière déployée, celui AUart de Rabodenghes et le dit de Bettun, requirent à messire Jacques de Lalain, qu'il leur donnât Tordre de chevalerie, laquelle chose il fit, et depuis se gouvernèrent moolt vaillamment et chassèrent les dits Gantois jusques à environ lieue et demie de la ville de Gand» et tant quéleurs chevaux furent recrus (fatigués) et plusieurs fois se mirent en grand'avenlure, vu le petit nombre qu^ils étoient; car en tout ils n^étoient pas cent combattants.
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