‹ Chronique de J. de Lalain (volume 2)Chapitre 90 sur 109 · LANCES EX BELLES APERTISES D*ARMBS · texte numérisé non relu

LANCES EX BELLES APERTISES D*ARMBS

Oa ^OBvieDt parler de la vantise que firent le len* demain les dits Gantois en la ville de Gand: car ils dirent à ceux de la ville qu'ils a voient tué au village de Locre environ de deux à trois cents desgensda duc de Bourgogne, de quoi il n^étoit rien: car la vérité est qu'il n'en mourut, fors ce que dessus «st dit Sine demeura guères, après celle besogne &ite <?t accomplie, que le duc de Bourgogne tint couseilen sa bonne ville de Tenremonde, où furent à ce jour le comte de Saint-^Pol, le seigneur de Croy, le seigneur de Créquy, messire Jean de Crojr, le seigneur de Montagu, le seigneur de Lannoy , le seigneur de Humières, le seigneur de Teruant, et le seigneur de Pissy. Et là fut avisé» après plusieurs choses pourparlées et débatues, qu'on iroit assaillir un fort boulevard que les Gantois tenoient, environ le mi-hemin de Teuremonde et de Gand, assez près d'un village nommé OuremarcSi fut conclu et ordonné que le seigneur de Croj iroit, et auroit la garde de l'étendard du duc de Bourgogne et la charge de^s gens de sa cour» et k-

MtSSiRE JACQUES DE LAUllf. 3^3

roit Tayant-garde; et roessire Jacques de Lalain au*toit la charge des coureurs, acconipagaé de tnessire Antoine de Yaudré, et de messire Guillatnne son frère, du seigneur d*Aumont et de messire François rArragonnois; et avoit celui messire Jacques environ vingt-cinq lances et quatre-vingts archers. Un gentilhomme de Bourgogne nommé Antoine de TAviron avoit la charge des avant<onreurs atout (avec) sept ou huit lances. Si étoil celui Antoine de FAviron devant messire Jacques de Lalain. Et après messire Jacques alloit messife Daviot de Poix, gouverneur et maître de l'artillerie du duc de Bourgogne^ et mcuoit les manouvriers et gens de pied, lesquels portoient coignées, serpes, scies et louches (bêches), pour couper barrières, remplir fossés et refaire chemins par tout là où il étoit de besoin. Après messire Daviot de Poix,aUoient le seigneur deLannoyet le seigneur de Bausegnies, lesquels menoient et conduisoient environ cent combattants poBT soutenir et renforcer le dit messire Jacques, si affaire en avoit Après le seigneur de Lannojr, alloit le seigneur de Créquj, et avec lui le seigneur deContay et Morlet de Rentjr, lesquels conduisoient les archers de la garde du duc: et après le seigneur de Créqny , étoit le seigneur de Crojr, atout (avec) rétendard du duc de Bourgogne, et là étoient accompagnants icelui étendart Adolphe monseigneur de Clèves, monseigneur le bâtard de Bourgogne, monseigneur de Montagu ,ie seigneur d'Arcy «le seigneur de Ternant Je seigneur de Bersé, le seigneur 4iB Férues, Philippe de Bergues et grand nombrç

ai*

3a4 CHRONIQUE DU BON CHEVALIER

d'autres ôhevaliers et écuyers. Après celui seigneur de Croy venoit le comte de Saint-Pol, lesei* gneur de Fiennes et Jacques de Saint-Pd frère du dit comte de Saint-Pol, et autres grands seigneurs en grand nombre de chevaliers et d*écuyers. Et avoit le dit comte la charge de la bataille Après le comte de Saint-Pol»aUoit messtre Jean de Croy qui moult grandement étoit accompagné de chevaliers etécuyers et de gens de tndt^ et avcHt la charge de Parrière garde.Et est vérité que le mercredi qui fut le vingt-quatrième jour de Blai| se partirent de Tenremonde toutes les compagnies cy-dessus nommées pour aller assaillir le boulevard de Ouremare^et mêmement étoit ordonné de retourner du dit lieu de Ouremare, par le village de Locre, dont ci-dessus est parlé.

Or advint ainsi que quand le seigneur de Croy eut passé le pont de la ville de Tenremonde «atout (avec) environ quatre ou cinq cents archers et six vingts hommes d'armes, le dit pont de Tenremonde rompit Si ne sembloit pas que il se pût refaire en moins de quatre à cinq heures. Pour laquelle cause le duc de Bourgogne dit au seigneur de Croy, que atout (a vec)ce qu'il avoit de gens passés outre le dit pooti qu'il chevauchât outre, et qu'il allât assaillir ledit fort boulevard. De laquelle chose faire fut content le seigneur de Croy ; si se mit à chemin. Mais la grand' diligence que fit le duc lui-même en sa personne, et par la grand' peine que ceux de la ville de Tenremonde y mirent, fut le dit pont de Tenremonde refait en moins d'une heure. Parquoi le comte de

Saint-Pol, messire Jean de Croy et tous tes autres qui y dévoient aller, passèrent outre et furent bien deux mille combattants. Ainsi comme dessus est écrit, s'en allèrent en ordonnance les dits seigneurs ei-dessns nommés; et tant s'exploitèrent les avantcoureurs qu'ils virent et aperçurent les dessus dits Gantois partir de leur fort boulevard^ lesquels venoient marchants à penons déployés, et sembloit qu'ils marchassent pour combattre; et les nombroiton de huit cents à mille combattants. Iceux Gantois venoient marchants tant seulement pour garder un grand fossé, lequel étoit environ un trait d'arc devant le boulevard. Lors, quand messire Jacques de Lalain, et les nobles chevaliers etécujers qui avec lui étoient les perçurent ainsi marcher, ils descendirent à pied et se mirent en très bonne ordonnance; en après suivoient et venoient les auties avec messire Daviot de Poix. Alors Toison-d^Or, roi d'armes de la Toison*d'Or, lequel* étoit à cette heure devant avec messire Jacques de Lalain, voyant venir les Gantois ainsi marchants en ordonnance. Et trompettes sonnants , montrants manière de combattre, vint à ceux qui avoient la conduite de l'avant-garde, de la bataille et de l'arrière garde, en disant de tous cotés: « S^il est nul écuyer ou autre qui veuille être chevalier, )e les mènerai bien en belle place, et droit devant les ennemis. » Et ce dit41 au seigneur de Croy. De ces nouvelles fat celui seigneur de Croy moult joyeux, et aussi forent toute la plupart des grands seigneurs et nobles hommes qui là étaient, lesquels désrroient

moult à être chevaliers. Et dit le seigneur de Cfoyr tf Toison-4'Or,aUe^devant,si nous-menezen la place que vous 4ite3, là où vous avez vu les Gantois no» ennemis, p Lors tous les seigneurs ayant qui nouvëies par Toison-d'Or de leurs ennemis, de gpand'volonté commencèreut à chevaucher, et tout par ordre;, et ainsi qu/e L^ordonnance le portoit, se mi^ cent en. toute diligence pour aller courre sus à leurs ennemi&. Mais ils ne .pouvoiisut ^Uer enbatailk, pour les rues, qui étoienjt si très étroites qu'ils ne pou voient aller que pac; compagnie* Et }ors que le seigneur de Croy fut là venu, pkisieurs graiwcUseîg^peurs vinrent vers lui, lesquels lui demandèrant l'ordre de chevalerie. Et là furent f?its chevaliers ceux qui s'ensuiveixt, tant pac la m^in du seigneur 4e Grojr conune par la main d'Aidolphe de Qèves, depui$ qu'il eut reçu l'ordre de chevaleiâe par b main du vaillant chevalier messire Cornille bâtard de Bourgogne. Et premièrement furents fait cbevar liers; Meosire Adolphe- de Clèves,^ Cornille bâtard de Bourgogne, le comte de Bouquaiuj messire Philippe de Waurin seigneur de Saint Yçnant, messire Charles deCbâlons, messire Philippe de Croj,me!h Are Charles de Ternant, le seigneur de Pernes, messire Philippe de Bergues^ le seigneur d'Arsjr» messire Aficquiel de Changy, messire Frédéric de Mengerut,. messire Baudoin d'Ognies, gouverneur de Lille, messire Claude de Rochebaron» messire Philibert de Jaucourt, messire Chrétien de Digoine, le seigneur de Humbercourt, messire Watie^ de Renolt, messire Collart Baillet, messire

MESSIRE JACQUES DE LALAIIf. 327

fcouis de la Yiéville, messirt Yvain de Môty mesare Henry de Opem , messire Philippe Hinchart, messire Warniér de Lisunaux, Jean delà Trémouilie seignenr de Dours.

Après les chevaliers dessus nommée ainsi faits, lé seigneur de Croj et eux tous descendirent à pied*; etmarchèrent contre leurs ennemis, lesquels avoient un grand' fossé devant eux. Et à les voir montroient sembhint qu'ils eussent un grand courage et volonté d^eux bien défendîe^ et ta furent les dits Gantois assaillis très vaillamment, et commencèrent archers à tirer sur eux, et au commencer l'assaut firent nés gens un très grancTcri. Lors commencèrent le comte de Saint-Pol' et ses gens, lequel conduisoit la bataille, en toute diligence d'eux joindre avec Tavant-gardè, et aussi fit pareillement raessire Jean de Croy qui avoit la diarge de Târrière-garde, lequel avoit ordonnance de tenir ses gens ensemble, pour ta doute que fes Gantois n'eussent gens de côté ou d'arrière : car le pays étoitsi embûche, que d'Un demi trait d'arc on ne pou voit voîrl^n l'autre, pourquoi Ifes dits Gantois étoient plbs tôt rassemblés, et ralKés, qu'on n'eût pu être en ptain pays. Si ordonna icelui messire Jean de Croy, un gentil chevalier, à entretenir et conduire ses gens, et de sa personne fut achevai avec le» autres. Ainsi, comme par-dessus est dit, l'a&saut commença très fièrement sur les Gantois, où tout des premiers étoit messire Jacques de Lalain. Mais tantôt Gantois voyant eux être si vivement assaillis, se mirent en déconfiture et eu fuite, et les sei-

gtieursy hommes d'armes et arcliers ea bon aiToy et ordonnance, les chassèrent et fuirent après eux^ tout jusques à leur boulevard qui étoit fort et bon à tenir, et toutes fois ils l'abandonnèrent, sans y faire aucune défense : et si étoit si bien fossoyé qu'on ne le savoit comment passer; parquoi iceux Gantois te sauvèrent et s^enfuirent par les boîs^ marais, et aulnaies. Lors les seigneursqui cuidoient (crojroieoi) qu'ils se fussent retraits à Téglise de Ouremare, laquelle étoitbien une demie lieue françoise loi Q du dit bouletard, commencèrent à cheminer de pied et de cheval tout droit à cette église, pensants et cuidants trouver les dits Gantois; mais n^troufèreot personne, car ils étoient sauvés es bois ^maraist et aulnaies. Si s'arrêtèrentdevant l'église de Ouremare, messire Jean de Croji messire Jacques de Lalain, messire François l'Arragonnois et plusieurs autres^ Et ordonna celui messire Jean de Crojr ad bailli des bois du pays de Hainaut, qu'il prit gens avec lui, et allât outre celui village d'Ouremare en tirant vers la ville de Gand , là où on disoit qu'ily avoit deux boulevard garnis de Gantois, et qu'il allât voir que c' et oit, et s^il étoit vrai. Le bailli des bois alla cette part et n'y trouva personne. Et s'en retourna devers messire Jean de Croy et messire Jacques de Lalain qui devant l'église d'Ouremare l'attendoient.

IIESSIRE JACQUES DE LAUUlf. Bug

Page 1