‹ Chronique de J. de Lalain (volume 3)Chapitre 41 sur 110 · CHAPITRE XXXVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVL

Comment messirb Jacques de Lalaih vint a la cour

DU ROI DE CasTILLE^ ET COMMENT MESSIRE DiÉGO DB GusmAN toucha a son EMPRISE.

OuAND messire Jacques de Lalain fut issu hors du royaume de Navarre et qu'il fut entré en Castille^ il enquit assez et demanda où pour lors il pourroit trouver le roi: il lui fut dit par gens croyables, qu'il étoit à séjour en la ville de Sorie, où il avoit mandé être par devers lui les trois états de son roj^auma Si avoit avec lui grand nombre de ducs, marquis et Comtes , et très grand nombte de cheTaliers et écuyers. Or advint que par aucuns nobles hommes le roi ^*^ fut averti de la venue de messire Jacques de Lalain : il envoya au devant de lui le comte de Gusman, le grand maître de Calatrave, messire Jean de Lune, et plusieurs autres chevaliers et écuyers, en très grand nombre, lesquels tous ensemble lui firent grand honneur et réception, et lui dirent que de sa venue le roi étoit très joyeux, et qu'en son royaume il fût le très bien venu. « Seigneur, dit messire Jacques de Lalain, je remercie humblement le roi ,etvous tous de l'honneur que vous me faites^ Dieu me doint (donne) par sa grâce faire chose qui lui soit agréable! » Alors tous, l'un après

. (0 Jean U fils d« Henry III. et de Catherine de Lancastre. J. A. B.

MES6IRE JACQUES DE LALAIN. i %0

Vautre le touchèreut en la main; et aussi firent il» taus ceux de sa compagnie. Puis tous ensemble 56 mireat à chemin vers la ville <le Sorie, et firent loger messire Jacques en un hôtel de la ville, qui pour lui étoit appareillé et ordonné et richement tendu de tapisseries: car deux jours auparavant il avoit envoyé ceux qui avoient la charge de sa dépense^ peur le pourvt>ir et ordonner selon ce que mestîer (besoin) étoit à eux tous: car il y pensoit faire long séjour.

Or advint ainsi ; comme messire Jacques et sa compagnie, et ceux qui au-devant de lui étoient venus, tiroient 4e chemin pour v^nir à Sorie, au logis, à eux ordonné, vint au-devant de lui un chevaKer nommé ^messire Diego de Gusman, frère du xrom^te qui étoit avec lui venu; et en soi approchant de messire Jacques de Lalain lui dit: « Monseigneur mon beau frère et chevalier, vous soyez lé très bien venu: de votre venue je loue Dieu mon créateur, quan^ de ^ |jrâce il lui à plu m'avoir £aàt trouver à moé huisv ce ijue j'avois intention d'aller querre en plusieurs royaumes, et provinces; de laqudle chose asses de fois ne pourroifs avoir k)ué notre 8ei|3ieur et vous. Toutefois, monbeau frêne et chevalier, j*ai été et iuis averti de votr^ venue et emprise, par ie héraut, lequel il vous à plu envoyer par deçà puJbU^* vos chapitres. Et pour ce que je sçais et loonnois que tout ce vous procède d'un très hautain courage d'honneur, j'ai tant fait pour vous ftlb^er votre quête, que j'ai trouvé moyen d'«voir congé de très excellent et puissant pd-ince, «mon

1 3o CHRONIQUE DU BON CHEVALIER

très redouté et souverain seigneur monseigneur le roi de Castille^ et aussi par votre congé et licence, et pour complaire à ma très aimée dame, je touche à votre emprise, pour faire fournir, et accomplir tous les aiticles, ainsi et par la manière que par votre héraut ont été prononcés et divulgués à la cour de mon souverain seigneur; et serai prêta mon pouvoir de les accomplir, tel jour qu'il me sera signifié de par mon très redouté et souverain seigneur le roi de Castille et de Léon.

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