‹ Chronique de J. de Lalain (volume 3)Chapitre 45 sur 110 · LUI FUT · texte numérisé non relu

LUI FUT

XUJis quand ce vint le lendemain après dîner, ainsi comme à heure de vêpres ou environ, plusieurs chevaliers et écuyers envoyés de par le roi, vinrent quérir içessire Jacques en son hôtel ^ si l'amenèrent au palais, où il trouva le roi accompagné des prin-

œs, clievaliers et écuyers en grand nombre, emsemble ceux de son conseil. Si fit la révérence au roi et à eux tous; et après toutes révérences faites, silence fut fait par le palais. Lors en la présence du roi, par un des plus notables de son conseil, lui fiit dit en cette manière: « Messire Jacques de Lalaio^ vous soyez le très bien venu. Le roi m'a commandé vous dire, quHl est pieça bien averti de votre venue par héraut, lequel lui a apporté et présentç certains chapitres d'armes^ contenants comunent^park congé et licence de monseigneur le duc de Bourgo* gne, vous pouvez porter emprise d'armes par la plos grand' partie des royaumes chrétiens. Toutesfois TOUS n'avez pas oublié le royaume de Portugal: mais il est vrai, <:omme vous sçavez , que Je roi de Portu^ gai et le duc de Bourgogne sont si bîeu «t tant agréablement ensemble alliés l'un à l'autre, qu'il n'est pas possible que jamais l'alliance et l'amour se puisse défaire^ pour laquelle chose, le roi m'a com^ mandé vous dire, qu'il ne voudroit souffrir que nul de sa maison ou royaume fit armes contre ceux de la maison de Bourgogne; et s'il étoit aucune chose que le roi et messeigneurs les princes de son sang^ chevaliers et écuyers pussent faire, qu'il fut agréa^ ble pour cette maison de Bourgogne, ils le toudroient faire et accomplir. » Et après plusieurs autres paroles et devises, qu'eurent les princes, Jm^ TOïtë ert die vâ^liers à celui messire Jacqœs , ^sur toutes «leurs devises et paroles il fit réponse, tsrst et si afttemppement(modestement), quedu*s6n8«t yakur qu'ils yéoient être en celui jeune chevalier, ««s'-es

MESSIRE JACQUES DE LALAW. i45

pouvoient assez émerveiller, disant Tun à Fautre, jque bien se dçvoient tenir pour heureux lepère et la. pière qui Pavoient engendré.

Tant le louèrent entre eux et le prisèrent, qu'ils jdisoient, qu'en leur temps n'ayoieut vu être, plus apparent en un jeune chevalier de parveiîir à Jar haute vertu de prouesse et bopne renommée, cç qist tous nobles cœurs d'homme dévoient désirer à atteindre et venir. Puis après que le dit messirç- Jacques eut là été assez bonne espace, vin et épices furçnt apportées^ et tôt après mes^rp Jacques dç Lalain prit congé du roi, et fut conduit et mené par grand' foison de chevaliers et écuyers jusques èa la chamlii'e de la reine, laquelle le reçut très, bénignement Et après c« (ju'il lui. eut fait la révérence, fut aMssi pareiUeip/3nt. de3 princesses, baron^ nesses, dames et damoiselles de sa compagnie grandénient bien vieixgnié (bien venu), et bénignement reçu. Ace jour que messire Jacques entra en la chambre de la i*eine de Portugal, toutes ses dames, c'est à sçavoir princesses et autres, étoient moult richement parées et atournées, selon la manière du pays, cL chacun selo» son endroit. Si pouvez croire et sçavoir que messire Jacques y fut volontiers vu; car pour vérité il étoit bien le chevalier qui en tels lieux devoit i.ien être venu, tant pour rhumilité et beauté de corps, comme pour le sens qui en lui .étoit. Et à parler proprement, je crois et puis bie^ dire, moi auteur de ce présent livre, que Dieu et pâture n'y g^voient rien oublié, ni de tout mon ^emps n'avois connu, sans blâmer ni amoindrir nul-

i46 CHRONIQUE DU BON CHEVALIER

lui, (personne) le pareil de cettuy jeune chevalier, duquel cette liistoire fait mention. Or doneques pour retourner et poursuivre notre matière «ncommencée, après toutes révérences et salutations quMcelui messire Jacques eut faites à la reine, aux princesses et dames, qui éloient en bien grand nombre, prit congé de la reine et de toutes les dames, et fut conduit par grand'foison de chevaliers et écuyen jusques en son hôtel; puis prirent congé de lui: si retournèrent à cour, et le dit messire Jacques et ses gens se tinrent en leur hôtel environ deux jours, avant ce qu'ils retournassent à cour. Durant lequel temps, chacun jour étoient visités, et toujours de rhôtel du roi lui étoient envoyés vins et viandes, et tout ce qu'ils pouvoient penser que mestier lui fût pour lui, et pour tous ceux de sa compagniCi

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