CHAPITRE LXII
Comme un jeune écuyek du pats de Bourgogne nommé Pierre de Chàndio viNt le premier toucher a u targe blanche.
Oa avint après toutes choses faites et apprêtées, pour le premier gentilhomme qui fit toucher fut un jeune écuyer en Tâge de vingt-cinq ans ou environ, et étoitun des beaux jeunes hommes de la duché et comté de Bourgogne, et pour le temps tenu pour Pun des plu$ forts qui fût au dit pays; et fut nommé Pierre de Chandio fils du seigneur de Chau^ dio et neveu du comte de Charnj , lequel fit toucher le premier jour de Février Fan dessudit, par le poursuivant d^armes d'icelui seigneur de Charny nommé Montfort Si fut baillé jour au dit Chandio par Charrolois le héraut au septième jour du dit mois de Février, lequel fut en jour de samedi pour faire armes à l'encontre du dit chevalier; et fut signifié le touchement qu'icellui de Chandio a voit fait à la targe blanche, et les armes de la hache qu'il nomma en nombre de vingt et un coups. Puis quand ce vint le dit septième jour, environ une heure, le dit chevaUer gardantle pas, se partit d'une église nommée les Carmes: si s'en entra en un iMh teau et ses gens avec lui, et passa la rivière de
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3aône, et arriva en une petite île où étoit dressée et faite d^ par lui une très belle lice; et là avoit une bonne et notable maison ordonnée pour le juge; et après que ce le dit chevalier fut entré dedans les lices 9 tout désarmé et vêtu d'uu^ riche robe de drap d'or longue jusques au pieds, fourrée de martre, accompagné de ses gens et officiers allants devant lui, ci vint devant Toison-d'Or, conseiller et roi d'armes du duc, et juge de par lui commis des armes que le dit chevalier devoit faire, fut à pied ou à cheval.
Quand celui chevalier garde du pas fut venu devant Toison-d'Or ordonné juge, comme dit est, il dit ainsi: « Noble roi d^armes de la Toison*d'or, je me présentopar devant vous, comme au juge commis dci^^ar mon très redouté et souverain seigneur, pour faire, fournir et accomplir les armes contenues èsdiapitres par moi emprisj vous priant que me veuiltiitti^ tenir en droit et en justice. » Lors celui jilg« tiépondit et dit, qu'il fût bienvenu et qu'il le feroit vdoQ tiers. Après ces réponses faites, celui chevftlkr s'en retourna en son pavillon, auquel lieu etjb^l^acuiie fois qu'il fit armes à pied ^s'arm oit et désarmoit. Et ainsi et par forme la manière que dit est^ fit au long de l'an son entrée é dites lices et sa présentation devant Toison-d'Ôr le juge, excepté aux armes de cheval* Et toutes fois, quand il devoit Eaiire armes, étoit toujours partant de cette église des Carmes, si s'ei^ entr oit en son bateau et passoit la Saône, comme dessus est dit, et arrivoitàla dite lie, et là avoit une tente dehors les lices, où il s'ar-
moit et montoit à cheval et alloit ainsi devant îe juge faire sa présentation, en disant les paroles dessusdites.