‹ Chronique de J. de Lalain (volume 3)Chapitre 78 sur 110 · CHAPITRE LXXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXL

XiES ARMES QVB FIT GaSPÀR DB DuRTAIIC A L'eACOATRE DU CHEVALIER QUI GARDOIT LE PAS DE LA KOHTAISE DES PLEURS.

•Le vendredi ensuivant, qui fut le neavième jour du mois, fit ses armes un écujer nommé Gasparde Dartain, lequel ctoit tenu par vraie espérance, et renommé pour l'un des plus puissants hommes de

toute la ^uché et comté de Bourgogne. Et à celui jour le chevalier gardant le pas de la fontaine des pleurs, coiQme autres fois avpit accoutumé^àPheure de onze, heures se partit des Carmes et entra en son bateau, ensemble sa compagnie; et lui venu es lices, alla tout droit devant le juge £air§ sa repré* sentatioQ. Et ce fait entra en squ pî^villon pouî soi armer ccrmme accoutumé ayoit. Ne demeura guèfe après d'espace^ qi^e le dit Gaspa^r arriva aux lices, oùà rentrée lui futprésenlée une verge (l'or , comme aux autres on avoit accoutumé de faire; et après ce entra en son pavillon, où il s'aroia. Ce temps durant, les ha^es furent apportées dçvçint le juge pour les visiter. Les cris furent faits et toutes les autres cérémonies, ft pujis issirent hors de leurs pavillons. liC chevalier du pas étoit armé et habillé en la manière qu'accoutumé avoit , excepté qu'à sa jambe dextre n'y avoit point de harnas: et celui Gaspar étoit armé de toutes pièces, le bassinet en la tête, sa cotte d'armes vêtue; et étoient ses armes, de gueulles à une face d'argent, et trois rondelles dç lances de même, et sur la dite face une étoile ^e gueuUes. Eux voyants Pun l'autre prêts, moult vivement se partirent et marchèrent l'un contre l'autre, tant qu'ils s'assemblèren^t devant le juge, où celui Gaspar requit et demanda soixante quatre coups de hache^ où ils se combattirent bien et vaillamment: mais avant ce qu'ils eussent assis dix coups de hache, la hache du chevalier au pas fut fendue, et tant que ]a dague, et la virole de dessous churent à terre, mais non-pourtant (néanmoins), si firent-ils et ac-

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complirent tout le nombre de soixante quatre coups bien et vaillamment. Le nombre accompli, le juge jeta le bâton et les fit venir devant lui, en leurdisant,que bien et vaillamment ils avoient accompli leurs armes, selon le contenu es chapitres, et qu'ils touchassent ensemble et fussent boii3 amis, lesquels ainsi le firent. Puis s'en allèrent chacun désarmer en leurs pavillons et retournèrent en leur logis, et ainsi se finèrent et passèrent les dites armes.

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