‹ Chronique de J. de LalainChapitre 52 sur 133 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Comment messihe Jacques de Lalaim fut amené faire hk révérence au roi de portugal, lequel le reçut , et lui fit honneur et bonne chere, et aussi firent tous les princes de sa cour.

Quand ce vint le leu demain matin , que messire Jacques de Lalain fut vêtu et paré de ses meilleures robes, lui et ses gens ouïrent la messe^ as^e^i tôt après, comme à heure de dix heures ou environ, plusieurs chevaliers et écuyers de l'hôtel du roi vinrent par devers lui, et saluèrent messire Jacques, lui disant qu'ils étoient coaimis pour l'amener et conduire devers le roi. Lors messire Jacques les prit par les mains leur disant moult courtoisement que tous fussent les bien venus: si leur dit qu'il étoit prêt d'aller par tout où il leur plairoit, puisque c'étoit le bon plaisir du roi. Ses mulçs et les chevaux furent tirés hors des étables. Si moi>tèrent lui et ses gens dessus, moult richement paré^ et vêtus de riches draps de soie et autres riche;si habillements, et ainsi se partirent de l'hôtel et vinrent chevauchant par la grand' rue en allant au palais royal, là où eux tous descendirent^ si montèrent amont les degrés, et entrèrent en la grand* sa^le, où ils trouvèrent dou Pedro et don James de Portugal, accoi9{>agnés de grand' foison do.

i4^ CHRONIQUE DU BON CHEVALIER

chevaliers, et écujers,qui reçurent et bien-vingèrent (accueillirent) messire Jacques de Laiain et tous ceux de sa compagnie

Lors messire Jacques de Laiain averti qui ils étoient, fit à chacun d'eux la révérence telle qu'a eux appartenoit, comme celui qui bien le sçavoit faire: car dès son enfance en avoit été introduit Puis après toutes révérences faites , iceux deux grands seigneurs prirent messire Jacques au milieu d'eux deux j si le conduirent et amenèrent jusques en la chambre du roi, qui alors étoit accompagné de don Pedro de Portugal duc de G>imbre, du comte d'Ângossance, don Fernando firère au roi. Lors messire Jacques de Laiain fit la révérence au roi et aux princes de sa compagnie, en présentant les lettres de par son très redouté et souverain seigneur le duc Philippe de Bourgc^e et de Brabant, et en disant au roi: « Très haut et excellent et très puissant prince, je crois assez bien être en votre noble mémoire, que j'ai eu congé et licence de mon très redouté et souverain seigneur monseigneur le duc de Bourgogne, votre bel oncle, de porter telle emprise par la plusgrand'partie des royaumes chrétiens , laquelle emprise a été présentée à votre royale majesté. Si suis venu pour faire et accomplir à l'aide de Dieu le contenu des dits chapitres. » Lors le roi, après ce que messire Jacques eut fini et proposé ce qu'il avoir voulu devant le roi^ le roi moult bénignement lui dit: « Messire Jacques de Laiain, vous soyez le bien venu en mon royaume de Portugal, lequel est petit: mais pour

MESSIRE JAGQUES DE LALAIN. i43

riionneur et révérence de notre cher et bien aimé bel oncle et belle tante de Bourgogne, nous vous \ oudrions faire tous les services et plaisirs que faire pourrons. Et quant au regard de votre requête, vous sçavez bien que la réponse en est légère, mais pour l'heure présente vous en irez reposer, et le prendrez en patience. »

Après la réponse faite au dit messire Jacques, de rechef fit une très grand'revérence en prenant congé du roi, et pareillement en soi retournant, le fit moult humblement à l'infant don Fernando frè* re du roi, et pareillement à l'infant dom Pedro duc de Coïmbre, et à plusieurs princes et seigneurs du sang royal, qui tous lui firent grand' honneur^ et après ce fait s'en retourna en son logis, lui et ses gens, accompagné comme dit est ci dessus.

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