‹ Chronique de J. de LalainChapitre 6 sur 133 · DIALOGUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE

Voulant amer là où pointée m* asseurc N'ose csloigner ce qu au cueur m'est contraire , Ainsi, sans tost vers nul lez me rctraire-. Front entre deux convient que je demeure.

XX in)TICE

Faikge.

Lyon, les bras n'as ims siaadesseuré Qa*à part loy seul puisses ung monde faii*e. Branle où tu veulx , mais pense à ton affaire. Cent ans, creu atout se paye en une heure.

AVGLETERBIS.

Peu de vous d'eux m'est-il qui rie ou pleure; Vers nul ne suis fort en grand de complaire ; Mais pour vous veoir ensemble entre defiFaire y Me joindre à Tun pour Tautre courre seure.

BOURGOGITE.

S'amour tenoit la voie de son eure, Là où bon sang lui monstre son repaire, Ung cueur, ung corps demourrpit l'une paire Auquel le tiers ne par roit une meure

Frange.

Boute où tu veulx feu, en paille ou en feure,^ Bien peu je crains ton fier bras sagittaire , Car je vivrai roy régnant solitaire •, S'il plait à Dieu qu*en vain je ne labeure.

Angleterre.

Secrette envie ensemble vous desveure; Grant gloire àVun» à Vautre est traversaire. Par quoy moy neutre» à tous deux adversaire, Toujours m'attends d'y ravoir ma demeuré.

(N*. 768S et MippUment soS*)

SUR GEOHGES CHASTELLAIN. xxi

Le même volume renferme un petit traité intitulé :Ze5 épitaphes de Hector fils dePriam roi de Troye et de Achilesfils de Peleus roi des Myrmjrdons. Et est contenu au procès de cestuf traicté les complaintes diceux chevaliers^ présent Alexandre le grand ^^\

PROLOGtE.

Après ce prologue, composé de loo vers de lo syllabes à rimes masculines et féminines qui ge suivent indistinctement, vient le poème. Je me contenterai de donner les titres des chapitres.

Omment Alexandre, le grand conquérant pasça par Troye la grant cité destruite où il visita les sépultures de Hector et Achiles. Comment il leut leurs épitaphes dont la teneur s'ensuyt.

Oimment Alexandre 9 soy émerveillant de la glorieuse épilaphe de Hector, vint à la tombe de Achiles et commença à lire son tiltre.

Exclamation d'Alexandre sur la gloire d'Hector et de Achiles désirant le demy tiltre du dit Achiles pour la victoire qu'il avoit obtenue sur le dit Hector. — ( Ce morceau est en prose. )

La glorification que Alexandre donne au vaillant Grégeois Achiles comme victorieux sur Hector.

Le complainte que fait Hector le fils ainsné de Troye, sa mort vilainement procurée par Achiles, et comment il Bémond les princes du monde à garder sou droit et honneur touchant sa mort glorieuse.

Comment Hector parlant à Alexandre Tincite de non donner si grand'faveur au titre de la tombe d'Achiles mais

(i) Cet ovTrage a été imprimé à Paris ea iSaS par Jean St. Denis.

ixii NOTICE

que souverainement il vueille avoir regard à raison et honneur.— (Ce moreeau est en prose.)

Comment Hector continuant son propos fait remontrance à Alexandre que Achiles le tua par aguet et non par Vaillance.

La forme de Phônneste excuse d'Alexandre envers Hector touchant l'honneur par luy exhibé à son intermineur Achiles.

Comment Hector content de l'excuse d'Alexandre l'ad- Vertit de la mode de son interminement précipité par son ennemy Achiles.

Gomment Hector , par exemple d'Antipater montre à Alexandre que Achiles ne doibt avoir gloire sur luy non plusqueicelluyAntipater sur Alexandre, et que^ si Antipater aestétraistreà Alexandre > Achiles a esté meurtrier d'Hector. — (Ce morceau est en prose.)

Comment Alexandre continuant son excuse vers Hector luy impétre que Achiles vieigne par devant elilx soy justifier de son crimerf*-(Eû prose.)

La complainte que fait Achiles pour âon reprochable exploit, priant aux roys et'aux princes qu'il leur plaise de le supporter.

Comment Alexandi*e incite Achiles à soy excuser vers Hector et comment Achiles aprèâ plusieurs difficultés s'y accorde. — (En prose.)

Comment Achiles devant le siège des preux, présent Alexandre, fait ses excuses à Hector en condamnant sa faute; et comment Hector réconciliant Achiles le ren- Toye à paix — (En prose.)

La conclusion de l'auteur est en vers et me semble assez bien écrite pour mériter d'être citée: la voici.

Seigneurs royauïx, et vous tous nobles hommes A qui les loz et les gloires sont prosmes,

SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxiii

Par les records escripts en cestuy livre,

A ung chacun selon son estre et vivre.

Vous ^biallé en petite matière

Cas de hault pris et de très grant mistère;

LequeUqui veultlebienen soy comprendre,

Grant bien, grant fruh^. en peull tirer et prendre.

Si le doibt bien savourer et luy plaire.

C'est ung mirouer de nobles exemplaires.

Pour en honneur vivre et vert» tenir

Chascun de vous mette peine à retenir-

Gir plus sera rhommç de hault estage

Plus digjacen terre, de phis grant parentage,

Plus fortuné et plus noble en nature,

PRis enrichi de grâce ou d'aventure.

Tant plus luy peult seiTir en advertence

Et plus donner d'efibrt et de sentence.

Entendez bien 1^ chose si est telle

Que quand estât de nuble parentelle

Qui de ses droits devoirs, noblesse abuse^

Ce n'est pas cas dont se doibt prendre excuse^

Ains, d'autant plus se rabaisse en sa faulte

Quand plus appert sa gloire estre haulte.

Et n'est si hault glorieux nom ne tiltre

Que, par le ray d'un ^icieux écliptre,

Foullé ne soit et à terre abattu,

Et retiré du siège de vertu

Sur quoy honneur couronne les parfaifs.

Vueille ou non, il en sera cy faicts.

Seigneurs, pensez à ce quecy expose,

Car vrai' honneur est une digne rose

Qui si petit neprent de vitupère

Qu'incontinent la tache n'y appert-,

Par quoi plus est précieuse en couleur,

Quant ordc elle est plus doibt eslre douleur.

wif NOTICE

Vous en avez exemple de mémoire Pour à jamais en la présente histoire.

Si prie à Dieu qu'elle soit bien vou^e Prenez en gré, Georges (i) vous en salue.

On y trouve aussi une ballade assez médiocre qui coni" menée ainsi:

Lyon rampant en oroppe de montaigne ete«

La strophe suivante m'a paru assez hien^

Lyon, Lyon, veuille fortune ou daigne, Soùbz son effort mourrez resplendissant.

Mais il n est feu que par eau ne s'esteign^ Lors que plus est espois et flamboyant. Car Dieu ne fait homme nul si puissant ,1 Ne rpy ne duc^ qu'il ne soit transitoire Et soubs sa main en bail exécutoire A qui lui plaist*, ainsi le fault entendre. Mais par raison serez mis en hystoire Second Hector et derrain Alexandre

Le N* 8oo5, i3 est un hymne à la Vierge Mais comme je l'ai déjà dît, tous les ouvrages où G. Chastellain cherche à se montrer homme d'esprit plutôt qu'écrivain simple et naturel sont ceux où il réussit le moins.

Le N" 9887, i4 renferme un ouvrage jen prose et un autre ouvrage en vers de G. Chastellain, L'ouvrage en prose est intitulé:

La déclaration de tous les hauts faits et glo-^ rieuses adventures du duc Philippe de Bour^

(i) Georges ChasteUain a Thabitude de terminer ainsi presque tons ses ouvrages eu j plaçant sou nom.

SUR GEORGES CHASTELLÀIN. wt

le, celujr qui se nomme le grand duc et le id IjronparmessireGeorgesChasteîlainson claire. Je le donnerai à la tête de ses chroles de Bourgogne,

5 morceau en vers a pour titre : Le Lyon dé: œuvre poétique adressée à la perte de Philippe le bon, duc de Bourgogne. ont des louanges rimées en assez mauvais vers ngés en 6i octaves de 8 syllabes.

d N** 76552 ne contient qu'une seule pièce i. Ghastellain depuis le feuillet 3a i jusqu'au [let 358. C'est une espèce de poème en quatre les intitulé: Le nouveau chevalier délibéré y tenant la mort du duc Philippe de Bourgoqui trépassa devant Nancy en Lorraine.

es. premières strophes sont élégamment ver si-

Ainsi qu'à larrière saison Tant de nos jours que de Tannée, Je partis hors de ma maison Par une souldaine achoison^ Seul à part moy, plein de pensée Qui m acompaigna la journée^ Et me vint en remambrance Le premier temps de mon enfance.

Celle qui moult estoit m'amye Preist ung propos de vérité Et me dist; a Celui qui s*ob]ie Fuit honneur^ et si Tame mie, Je le tiens pour deshérité Soit d'avoir, ou soit de santé,

Page 1