CHAPITRE LVI
^MENT MESSIRE JacQUES DE LALÀII^ » MESSIRE SiMON LalAIN son ONCLE, ET HeRVÉ DeMéRIADECQ PRI- ÎNT CONGÉ DU ROI d'EcOSSE ET VINRENT EN AngLEiRRE DEVERS LE ROI HeNRY A LONDRES.
aAND leurs bagues furent ordonnées et appoint ^Sy après le congé pris au roi d'Ecosse, ils entrè- •ent en mer pour tirer vers Londres en Angleterre: mais Hervé de Mériadecq prit son chemin par le roj^aume d'Ecosse, et alla tout par terre traverser le royaume d'Angleterre jusques à Londres, auquel lieu messire Jacques de Lalain et son oncle le seigneur de Montigny arrivèrent^ et là eux trois se trouvèrent ensemble , jaçoit ce-que (quoique) longtemps paravant messire Jacques de Lalain avoit envoyé Charrolois le héraut par devers le roi Henry d'Angleterre, pour avoir sauf conduit pour lui et tousceux de sa compagnie, et aussi pouravoir congé pour porter sa dite emprise, tant à la cour du roi d'Angleterre comme en son royaume, et porta ceui Charrolois les chapitres, qui étoient tels que ix dont il fut parlé aux armes faites devant le roi bastille, par messire Jacques de Lalain, à l'encoA[e de messire Diego de Gusman, messire Jacques, messire Simon son oncle, et Hervé de Mériadecq furent en Angleterre etau dit lieu de Londres
îio6 qiRONIQUE DU BON CHEVALIER
gardes, quand le roi jeta son bâton, comme les autres dessus nommés. Mais vous devez sçavoir que le gentil écuyer Mériadecq, étoit un des bous corps et puissants qu'on sçut trouver. Et tout le surplus qu'ils combattirent, depuis que messire James fut relevé, fut au très grand honneur du dit Mériadecq, qui lui donna de très grands coups, en le reculant, et menant assez à sa volonté. Après toutes les armes ci dessus déclarées, faites et accomplies; et ainsi que messire James de Douglas et messire Jacques de Lalain se tenoieut Fun Tautre, comme dessus est dit^ et aussi pareillement messire Simon de Lalain et le seign ur de Haguet se combattoient bien et vaillamment de leurs haches, le roi d'Ecosse, qui étoit sur son liourt^échafiaud),sans rien arrêter, jeta le bâton.
Les gardes, qui à ce étoient ordonnéess, prirent les six champions, comme il leur avoit été ordoDDc de faire; et furent tous menés devant le roi d'Ecosse, lequel leur dit qu'ils avoient es tous bien et vaillamment besogné, et tenoit les armes pour toutes accomplies, et vouloit qu'ils fussent bons amis. Les armes accomplies^ chacun s'en retourna en son logis. Et depuis, aucuns jours après, le roi les festoya moult grandement et leur fît dons honorables, dont ils l'en remercièrent. Après tous fçstoiements, messire Jacques de Lalain et son oncle messire Simon, et le dit de Mériadecq, et ceux (juîavec eux étoient venus en Ecosse, prirent congé du roi et s'en partirent.
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