TEXTE DU FRAGMENT
[Déposition de Baligaut, nourricier à Marchenoir , et de Tlioniasse , nourrice d'un enfant , fils de Richard le Vrai , receveur du duc d'Orléans. Le Roucin, capitaine -gouverneur du Dunois pour le duc d'Orléans , veut mettre la main sur la recette ducale. Le receveur s'enfuit de Châtcaadun à Marchenoir. Difficulté de communiquer entre Marchenoir et Orléans. Avilissement de la monnaie. Messager arrêté et rançonné. Richard meurt; ses biens sont mis sous scellé. Les Bourguignons s'emparent de Marchenoir; ils mettent à rançon l'enfant en nourrice et reçoivent de la mère , pour cette rançon, un muid d'avoine. Tous les biens de Marguerite et la recette de son mari sont pillés.]
L'an mil iiij<= vingt et six (1426), le ^ du moys d'avril 2, en la présence de moy 3, clerc tabellion juré en la ville et chastellenie de Baugency, vindrent et furent présens en leurs personnes Jehan Baligaut ^ et Thomasse sa femme, à présent demourans au dit lieu de Baugency, les quieuls jurèrent et affirmèrent par leurs serments, que , trois ans a ou environ , ils estoient demourans à Marchesnoir ^, appartenant à Monseigneur d'Orlieus et
' En blanc.
- La date de 14"26 doit être prise an style actuel et non pour 1427. Pâques, en 1426, était tombé le 31 mars. On va trouver tout à l'heure ces mots : trois ans ou environ , et il sera question plus loin de Noël 1422. Voyez ci-après p. 472, note 4. De Xoël ou 25 décembre 1422, au mois d'avril 1426, il n'y avait en effet que ti-ois ans ou environ; d'autant mieux que, même du temps où l'année commençait légalement à Pâques, le l^"" janvier était néanmoins regardé, par suite de la tradition romaine, comme étaut le premier jour de l'année. Voyez ci-dessus p. 375, note 4.
3 Probablement Michel de Berry.
* Ou Baligant.
' Chef-lieu de canton, arrondissement de Blois (Loir-et-Cher).
472 HOSTILITÉS [1422 déc. 25-
tout leur temps y avoient demouré et jusques^ le dit lieu fut pris par les Bourguignons, ennemis de ce royaulme, qui de présent l'occupent.
Dient ouitre que ou temps dessus dit, estoit demourant ou chastel de ]\Iarcliesnoir feu Richard le Vray, pour lors receveur du dit lieu et de toute la conté de Dunois pour Monseigneur le duc d'Orliens ; et lui ouyrent dire pour lors qu'il avoient lessiée la demourance de la ville de Ghasteaudun, où ils demouroient premièrement , pour les charges que le Roucin 2, pour lors capitaine du chastel du dit lieu de Ghasteaudun et gouverneur du païs, faisoit au dit receveur, en le pressant de vouloir avoir les deniers de la recepte des terres de la dicte conté, tant pour ses gaiges comme pour autres causes , à la desplaisance et contre la volenté de Monseigneur d'Orliens et de ses gens.
Dient ouitre les dits Baligaut et sa femme que il avoient grant accès et cognoissance au dit receveur et à sa dicte femme 3^ par le moyen d'un filz que la dicte Thomasse leur norry de lait ^ par l'espasse de deux ans ; et estoient le plus du temps en leur hostel à leurs besoignes et aussi y avoient leur retraict et à leurs biens, pour les gens d'armes et passans le païs.
Dient ouitre qu'il est vray que environ Noel^iiij<^ xxij (1422), que le dit receveur estoit au dit lieu, il lui véoient faire chascun jour sa recepte , tant des cens et festaiges du dit lieu, de la saint Remy [et du] premier jour de l'an, et aussi la Prévosté et autres fermes 6 du jour de
1 A ce que.
- En 1424 , ce capitaine commandait l'aile gauche des Français à la bataille de Verneuil. Voyez la Chronique de Jean Raoulet, à la suite de Chartier. 1858, in-16 , t. III, p. 192.
3 Marguerite , femme de Richard le Vrai. Voyez ci - après p. 474, note 4.
* Voyez ci-après p. 475, note 5.
^ Voyez ci-dessus p. 471, note 2. — ^ Ou termes?