Lettre de Henri VI à Charies VII
A trèshaultet puissant prince nostre très cliier oncle de France, Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France* et d'Angleterre, salut, avecques entier amour et tout désir de vraye paix et bonne concorde. Très hault et puissant prince et nostre très cbier oncle, nous avons receu les lettres que par maistre Adam Moleyns, esleu conferme de Chichestre,. nostre conseillier et garde de nostre privé seel, escriptes nous avez; et pareillement celles que voz conseilliers et ambaxeurs maistre Guillaume Cousinot , maistre des requestes de vostre hostel, et Jehan Havart, vostre varlet trenchant^ présentement envoyez par devers nous, nous ont apportées. Et par icelles, et aussi par nost|je dit conseillier et vosdiz ambaxeurs, avons sceu du hm estât et prospérité de vostre très noble personne, qui nous a esté singulière lyesce et seroit tlbutes les foiz que en bien pourrions estre acertenez, vous prians que soumnt il vous plaise nous en faire savoir pour nostre très grant consolacion et resjoissement. Et se (JM nostres desirez semblablement oïr, à la façon de, ces présentes, nous estions en très bonne disposiciop^ nostre pefiibnne, grac^ à Nostre Seigneur^ <itii le semblable vous.vueille en touz temps ooiroyer, ainsi que de tout ^ nostre cuer le desirons, et ^ue pour nous mesmes nûeidi^ souheiter le pourrions. Nous avons aussi sceu,
J52 CHRONIQUE DE MATHIEU D'ESCOUCHY. [ikk\
tant par lesdictes lettres que par lesdiz nostre con* seillier et voz ambaxadeurs, la bonne amour et indinacion qui avez à nostre personne et au bien de paix^ et le grant désir que avez de nous veoir, dont nous vous mercions de si bon cuer que plus povons, vous exhortans en Cellui qui est aucteur de paix que audit bien de paix vueilliez tous dis incliner vostre bon vouloir et de bien en niieulx continuer et persévérer en ce ; et de nostre part soyez seur que nous somiiies entièrement disposez d'y entendre et faire labourer par touz moyens licites et raisonnables^ et que deâ» rons pour vous et nous estre bonnourables. Et quant à ladicte bonne amour et affection que avez à nostre personne et au désir de nous veoir, nous croyons fermement qu'il est ainsi; et aussi ne révoquez point en doubte que nous avons envers vous vraye amour et entière dilection, et nous seroit bien grant soulaz et entier reconfort de vous povoir veoir et familièrement communiquer avecques vous, comme avecques cellui à qui nature nous encline à toute bonne amour et que sur touz les autres plus desirons de veoir. Et au regart des autres matières pour lesquelles vosdiz ambaxadeurs estoyent venuz par deçà, tant sur le fait de nostre passaige delà la mer pour faire et tenir la convencion advisée entre vous et nous, que pour 11 prorogacion des trieves qui finiront le premier jour de novembre prochainement venant, et autrement, nous avons fait communiquer et b^ûgner avec^es eulz le mieulx que faire s'est peu, afib que par mis mesmes plus à plain pourrez savoir. Et se si inieT comme peut estre vous pensiez et que iceulx vos ambaxadeurs eussent bien voulu, ilz n^ont eu l^r espe*
dicioD^ ce n'a pas esté pour riens changer ne muer, ne faire difficultez nouvelles èsdictes matières, niaiz seulement pour la grant occupacion que avons de présent à cause de uoslre parlement , et pour mieulx et plus convenablement les conduire; vous prians que n'ayez autre ymaginacion , ainçois que tousjours vueillez persister ou bon vouloir que avez en icelles et à la désirée conclusion de bonne paix, car de nostre part nous trouverez tousjours enclins de ainsi le vouloir faire, en vous signifiant, très hault et puissant prince et nostre très chier oncle, s'il est chose par deçà à vous agréable que faire puissions, pour Tacomplir de très bon cuer, au plaisir de Nostre Seigneur, qui vous ait et teigne en sa sainte garde.
Donné à Wyndesore, le xxif jour de décembre.
Signé : Heivrt.
j4u dos : A très hault et puissant prince nostre très chier oncle de France.
(Original, Ms. fr. kObk, f. 96.)
22 décembre.