Lettre de Henri VI à Charies VIL
A très hault et puissant prince nostre très chier oncle de France, Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et d'Angleterre, salut, avec affectueux désir à bonne paix, amour, union et concorde. Très hault . et puissant prince nostre très chier oncle, par Valois, herault d'armes, porteur de castes, avons nagaires reçeu voz lettres closes données à Champigny le xxi* jour d'aoust, et si avons entendu la credence que de par vous icellui herault nous a exposée. Par le contenu èsqueles voz lettres et par le rapport dlcellui Valois avons à plein esté acertenez de la prospérité et bon estât de vostre très noble personne, ensamble du cordial désir que avez au bien de paix, en quoy avons prins, et toutesfoiz que en bien en po* Tons oïr certaines nouvelles, nous y prendrons très flMdgulier plaisir et au cueur moult grant esjoïssement ; 81 vous prions très afTectueusement que pour nostre
^^consolacion souventes foiz vous plaise nous en signiùÉf le vray. Et pour ce que, par vosdites letti^ et
» ai|irement, plusieurs ibiz nous avez fait savoir que tous tempr estes désireux de pareillement estre acertené de nostre portement et estât, nous vous signifions que, à la Taisance de ces lettres, nous estions haitUez et en bonne santé corporelle, grâces à Dieu nostre benoît créateur, auquel prions dévotement que le samblable vous veuUe octroier ainsi que le vouldriez de-
sirer, et que pour nous mesmes mieulx le porionssouhailtier. Et comme tousjours avons esté desirans^ encores de plus en plust nous acroit naturel inclinacion et affectueux vouloir à bonne paix, amour, inseparable union et concorde, que Dieux, par son dcMilz plaisir, prochainement nous veuUe euvoier. Très hault e( puissant prince nostre très cliier onde, du bon vouloir que avez envers nostre personne, au bien de ladite paix et à Tentretenement des trêves et autres appointemens faiz en espérance de plus l^èrement parvenir icelle à paix, nous sommes très joyeux et contens et vous en savons grant gré, esperans que enicellui propos continuelment persévérez jusques à la perfection d'icelle paix; saichans pour certain que sans dissimulacion ou faintise, sommes semblablement disposez à tout bien envers vostre personne, comme autresfois nous avons fait savoir, et audit bien de paix et à Tentretenement des trêves et appointemens devant diz, noz vouloir, intencion et aflection sont du tout adonnez, disposez et afTectueusement enclins, et par tous bons, honnorables et raisonnables moiens nous nous y emploierons jusques à la fîn, si deuement^ pur telle manière ({ue raisonnablement auciul ne nous pora imputer se la chose ne vient à bonne et finie- . tueuse conclusion, que Dieu ne veulle! En tant q^p touche le fait de Saint-James de Buvron et aucunes V autres matières dont en vosdictes lettres et es instructions dudit Valois est faicte mencion, que ç/ai dit estre attemptas contre la teneur desdites trores , nous avons entendu par ledit Valois que nostre très chier et très amé cousin le duc de Somerset, nostre lieutenant gênerai en France et en Normendie, avoit pou^
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ces matières nagaires envoie devers vous nostre bien amé Osberne Montford, escuier, cuidant que noz ambassadeurs j le garde de notre privé seel et autres, eussent lors esté devers vous ; et sommes esmerveillez et nous desplaist que, selon vostre aviz et désir, ledit escuier ne ala tout d'une voie devers nos diz ambassadeurs, que pour celle cause et pour autres avons jà pieçà envoiez par delà. Neantmoins, nous espérons que de présent noz ambassadeurs et les vostres sont ensambles, pour pourveoir et finalement appointier sm* les matières devant dictes et sur autres semblables. Et afin que de nostre part n'y ait faulte, ainsi que autresfoiz avons escript à nostre dit cousin le duc de Somerset, encores à ceste foiz lui escripvons, et lui enchargeons que effectuellement il y vaque et entende, et que par noz ambassadeurs et commiz qu'il appartendra, y face vaquer, besoigner et entendre si deuement, que à nous ou aux nostres raisonnablement on n'en puist donner charge. Et avons ferme espérance que icellui nostre cousin et autres noz ambassadeurs et commiz se y emploieront telement que par raison en devrez estre contens. Au regard d'une marque dont . vos dites lettres font mencion, que on dit avoir esté obtenue soubz nostre signet par Ogerot de Saint Pierre, escuier, à Tencontre de touts les subgietz de vostre obéissance, nous n'en avons aucune congnoissance. Toutesvoies , se ainsi surrepticement avoit esté obtenue, afin que aucun inconvénient n'en ensuie, présentement nous mandons et commandons le plus estroictement que povons audit Ogerot, sur tant qu'il se puet mefTaire envers nous, que à cause ne soubz umbre de quelque tele lettre par lui, comment que ce soit.
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acquise ou obtenue, il ne face aucune entrepriie oa préjudice des trêves es tans entre nous et les nostres^ d'une part, et vous et les vostreS| d*autre part. Très hault et puissant prince nostre très chler oucle , se aucune cliose vous est agréable par deçà, veuilles la nous signiGer, et de bon cueur nous y emploierons. Ce scet le benoît filz de Dieu^ qui vous ait en sa sainte gardci et vous doint joyeux acomplissement de vos bous vouloirs. Donne à Beverley^ le neofy&me jour d'octobre.
Signé: Henrt.
Au dos : À très hault et puissant prince nostre très chîer oncle de France.
Receues k Montargb le penultiesme jour d*0€tobre oocc XLnn. (Original, Mb. fr. 405(i, f. 93.)
9 octobre*