Lettre de Henri VI à Charles VII
A très hault et très puissant prince nostre très chier oncle de France, Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et d'Angleterre, cordial vouloir et continuele affection de bonne amour, avec entier désir de vraiye paixy inséparable union et parfaicte concorde. Très hault et puissant prince nostre très chier ODcle, par Valoiz le herault avons receu les lettres que escripCes nous avez, et par icelles et ledit Valois soeu de vottre bon estât et prospérité, qui nous a esté très ùngulier esjoissement , et seroit toutes les foiz que d*ioeuIx serions acertenez en bien. Et pour ce que desnortres
oir vous savons estre désirant , nous vous signifions que à rescripture de cestes estions en bonne disposicion de nostre personne, grâces au douli Jhesu Crist, qui le semblable par son plaisir vous vueille tout temps octroier, ainsi que de cueur entier le desirons et que pour la personne du monde que plus chierement aymons mieulx souhaiter le vouldrions. Très hault et puissant prince nostre très cliier oncle, par vosdictes lettres nous escrivez que de jour en jour vous viennent plaintes de plusieurs excez et attemptas commis par ceulx de nostre obéissance, et que, ja soit ce que par plusieurs foiz ayez envoie devers nostre beau cousin le duc de Somerset, nostre lieutenant en France et Normandie, pour le fait de ladicte matière, et mesme* ment touchant la reparacion n ou vêlement faicte à Saint-Jame de Bevron et à Mortaing , toutes voies par lui n'y a esté donnée aucune provision, et sur ce desirez par nous lui estre mandé pourveoir en ceste partie, telement que telz inconveniens ne adviengnent plus à ce que les trieves et autres appointemens faiz entre vous et nous se puissent fermement entretenir. Nous requérez aussi que, en ensuivant les appointemens autresfoiz faiz entre vous et nous touchans les fruiz des eglbes, vueulons consentir qu'elles joyssent d'une part et d'autre de leursdiz fruiz et revenues ainsi et par la manière que contenu est èsdiz appointemens. En oultre avons entendu par certaines lettres envolées par vostre commmandement, comme l'en dit, à nostre beau cousin le duc de Suflblk par le conte de Dunoiz, nostre cousin, et le sire de Pressigny , que combien que à l'assemblée nagaires tenue à Louviers et au Pont-de-l' Arche par les conmiis et depputez, tant de
Uk CHRONIQUE DE MATHIEU IVESOOUCHY. [1449]
vostre part que de la nostre, eust esié appoindé que pciur besongner en la matière principale de paii, TOt ambassadeurs vendront devers nous en œsUii nostre Royaume d'Angleterre dedens le x v*^ jour de may prouchainement venant, neantmoins nostre anié el fini chevalier et chancellier de France Thomas Hoo a de nouvel escript au seneschal de Poitou que, pour besongner sur le fait dcsdiz attemptas, nostre dit chan* cellier seroit prouchainement devers vous, et lui setnbloit que jusques à ce qu'il y feust n'estoit ja besoing que vostre ambassade deust partir pour venir par deçà, par quoy les dessusdiz de Dunoiz et de Pressigny désirent savoir se vosdiz ambaxeurs vendront par deçà ainsi qu'il a esté appointié à Louviers et au Pont-dfr> l'Arche, ou se l'en besongnera par delà. Car se nous advisions pour le bien des matières que la convencion feust plus convenable estre tenue par delà que deçà la mer, seriez content de ce qui pour le mieulx seroit appointié, en certifiant que tousjours estes enclin et disposé à tenir de vostre part tous moyens convenables au bien et abrègement de ladicte matière de paix. En quoy, très liault et puissant prince nostre très chier oncle, et en plusieurs autres matières, appercevons de plus en plus le bon vouloir que avez à nous et audit bien de paix, et que de entière afTectioD desirez que vraye et bonne concorde se puisse tout temps conduire et permaintenir entre nous deux; dont nous avons esté et sommes très parbictemcfil joyeux et vous en mercions de bon cuer, vous certifiant que en semblable désir sommes vers vous, et nous seroit chose très agréable et de singulière comalacion que bonne et fructueuse conclusion peust
briefment trouvée en ladicte matière de paix, à quoy lousjours nous trouverez^ moyennant la grâce divine, disposé et enclin, et y ferons tenir de nostre part tous termes honnourables et de raison. Et pour ce que singulièrement desirons le bien et avancement des matières encommencëes y considerans que lesdiz excez et attemptaz faiz, tant par ceulx de vostre parti, dont grans plaintes nous sont chascun jour faictes, que par ceulx du nostre, ont este par delà commis et perpétrez ; mesme que la vérité y pourra mieulx estre congneue et les matières que ja longuement y ont esté démenées plus clerement conduites et traictiées que par deçà, nous avons ordonné envoier audit lieu du Pont-de-F Arche, dedens ledit xv"""" jour de may prouchainement venant, notables ambaxeurs, bien à plain instruiz de nostre voulenté, et qui de par nous auront bon et ample povoir pour besongner avec les vostres, tantsurlefait desdiz attemptas et des fruiz desdictes églises, eurs circunstances et deppendances, que en ladicte matière principale de paix. Et vous certifions que au regart d'iceulx attemptas, nous seroit singulier plaisir que deue reparacion en feust faicte, tant d'une partie que d'autre, car de nostre part voulons que les crieves enconvenencées entre vous et nous et les appointemens îaâz pour la conservacion d'icelles soient entièrement observez et gardez, et si avant que faire le devrons y entendrons et ferons entendre par effect et en toute diligence, esperans que de vostre part semblablement le ferez faire. Très hault et puissant prince nostre très chier oncle, se chose vous est agréable que convenablement (aire puissions, en la nous signifiant, l'acompliroDs très voulentiers et de cordial vouloir, priant Nos-
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tre Seigneur qu'il vous ait en sa très digne et especiale
garde. Donné en nostrepataiz à Westmoustier, lexvm*
jour de mars.
Signé: Hbnrt.
Et plus bas : Paris.
Au dos : A très hault et puissant prince nostre très chier oncle de France.
Recepta xviii^ aprills 1449 par Valoyi.
(Original, Ms. fr. kObk, f. U5.)
23 mars.