‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 2)Chapitre 135 sur 160 · CHAPITRE CCLXXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXXI

Comment le «eigneur roi d’Arragon remit au Saint-Père , Regol et le* autres châteaux que le seigneur roi de Sicile posse'dait dans la Calabre, pour les garder en dépôt; et comment, peu après, le pape les livra au roi Robert , ce dont lp seigneur roi de Sicile fut très mécontent.

Il, est vrai que le seigneur roi de Sicile avait en mains, dans la Calabre, la cité de Regol , le château de Sainte-Agathe , le château de Gaylano , et le château de la Motteet autres lieux. Ilfut convenu dans le traité de paix que le seigneur roi d’Arragon négocia entre le seigneur roi de Sicile et le roi Robert , qu’on ferait desdits châteaux et cités ce que le roi d’Arragon jugerait à propos; de sorte que lesdits châteaux et la cité de Regol furent mises au pouvoir du seigneur roi d’Arragon , qui y fit passer de ses troupes à cheval , qui les gardaient à sa disposition. Peu de temps après, il voulut les rendre, et désira que cette cité et les châteaux et lieux que le seigneur roi de Sicile avait dans la Calabre , fussent livrés au saint-père , et par lesaint-père à qui celui-ci voudrait ; et que le saintpère les tînt en séquestre, de telle manière que si jamais le roi Robert attaquait le roi de Sicile , il fût tenu de remettre les châteaux et la cité au seigneur roi de Sicile, pour s’en servir. Il y eut encore d’autres conventions qu’il ne m’appartient pas

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de raconter. Quand ceci fut fait, et que les châteaux furent aux mains du pape, il ne s’écoula pas beaucoup de temps jusqu’à ce que le saint-père, comme un seigneur plein de sainteté et de bonne foi, n imaginant pas que mal pût en provenir d’un ou d’autre côté, fit livrer la cité de Régol et autres lieux au roi Robert. Quand le roi Robert en fut maître, il s’en réjouit fort ; mais le seigneur roi de Sicile, en apprenant cela, fut très mécontent, li fut obligé de souffrir cela et pendant la paix qui exista entre eux , il furent peu en paix depuis que le roi Robert fut possesseur desdits lieux et biens.

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