CHAPITRE CCXCV
Commentle roi N’Anfos panil de Barcelonne , vint en la cité deLléyda , et visita une grand partie de ces contrées $ comment les rois de Trémesen et de Grenade loi offrirent des présents et riches joyaux; et comment toute la noblesse se disposa pour se rendre au couronnement à Sarragosse.
Après tout cela, il partit de Barcelonne et s’en alladanslacité de Lleyda. Il visita une grande partie de ces contrées , et chacun se disposa à se rendre à ladite et heureuse fête de son couronnement. Il faut vous dire que ce ne furent pas seulement, les barons de ses royaumes qui se proposèrent d’y venir; mais il s’y rendit de la Sardaigne le fils du juge d’ Arborée, l’archevêque d’ Arborée et deux ne-
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veux dudit juge ; il y vint aussi l’honorable En Boxa-d’or . amiral dudil seigneur roi d’Arragon et gouverneur de Sardaigne, avec trois galères armées , et aussi bien d’autres hommes considérables. Il s’y rendit aussi des envoyés du roide Trémésen avec de riches présents et joyaux; et des envoyés du roi de Grenade; on y vit aussi de très honorables hommes de Castille ; et il en serait venu bien davantage , si ce n’eût été la guerre qui existait entre le roi de Castille et le noble don Juan Manuel , fils de l’infant En Manuel île Castille. Il y vint aussi de très honorables personnages de Navarre,Gascogne , Provence et au 1res pays. Enfin la réunion fut si grande à Sarragosse, ledit jour de la sainte fête de Pâques, qu’on estima qu’il y avait plus de trente mille chevaucheurs. Ainsi le seigneur roi N’Anfos fut à Sarragosse la semaine des Hameaux ; et il y vint le seigneur archevêque de Tolède, son frère ; vint ensuite le seigneur infant En Pierre, sou frère, comte de Ribagorça et d’Ampuries , avec plus de hui t cents hommes à cheval ; et le seigneur infant En Ramon Béranger , son frère, comte de Prades, avec cinq cents hommes à cheval. Il y vint ensuite le nobledon Jacques de Xirica , avec cinq cents hommes à cheval , et son frère , don Pedro de Xirica, avec deux cents hommes à cheval ; et le noble En R. Folch, vicomte de Cardona, avec beaucoup de cavalerie ; et le noble A. Roger, comte de Pallars, avec une nombreuse troupe à pied et à cheval ; et le noble En Llop de Luna , avec
beaucoup de cavalerie; et Dalmau, vicomte de Castellnou, suivi aussi d’une bonne compagnie de cavaliers et autres bonnes troupes ; et le noble En Not de Moncada, avec une bonne suite de bons cavaliers ; et le noble En G. d’Anglesola , avec une nombreuse suite ; et le noble En Béranger d’Anglesola; et En R. de Cardona ; et le noble En G. deServelIo; et les nobles En Xiinen Corne jll, En Pierre Corneyll, En R. Corneyll; les nobles En Pedro de Luna, En Jean Ximénès d’Arocha, En Philippe de Castre , En Amoros de Ribelles , En G. d’Arill , le vicomte de Villamur , En Pons de Caramany , En Gilabert de Cruylles, En Alphonse-Ferdinand d’Ixer, En Ferdinand de Vergar, En Bertrand de Castellot , En P. d’Almenara, En Gomb. deTrameset, En Artalet de Fosses , En Ximen Perez d’Arenos, En Sandorta d’A renos , En Ferrand d’Abellya , En Jofroi , vicomte de Rocaberti , En Béranger de Cabrera , vicomte de Monsoriu. Et tous vinrent avec une brillante escorte de gens de pied et de cheval. Un messager apporta la nouvelle que la comtesse d’Ampuries , tante dudit noble En Béranger de Cabrera , était morte , et que sa maison ne pouvait se rendre à la cérémonie ; mais il s’y rendit un grand nombre de ses compagnies. Il y vint ^ussi le noble En Pierre d’Ai-egaill et beaucoup d’autres nobles d’Arragon, de Catalogne, du royaume de Valence , du royaume de Murcie et des autres provinces , tous avec une nombreuse cavalerie, qu’il serait trop
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long de dénombrer et de décrire. IL vint aussi,
avec beaucoup de cavalerie , le maître de Calatrava , le maître de l’ordre de Moutesa , le commandeur de Montalban , le noble frère Sanche d’Arragon , le châtelain d’Amposta de l’ordre de chevalerie de l’hôpital Saint-Jean. Là aussi se trouva le susdit archevêque de Tolède , le seigneur archevêque de Sarragosse, le susdit archevêque d’Arborée , le seigneur évêque de Valence , l’évêque de Lleyda, l’évêque d’Osca, l’évêque de Tarasona , et beaucoup d’autres évêques, abbés et prieurs. Et nous nous y rendîmes également , six personnes , députés par la cité de Valence , accompagnés d’une troupe nombreuse. Nous donnions chaque jour l’avoine à nos propres montures, qui étaient au nombre de cinquante-deux; nous avions bien cent douze personnes. Nous emmenâmes des trompettes, des joueurs de timballes, et des joueurs de flûte de toute espèce , vêtus d’habits royaux , avec des bannières royales, et tous bien montés. Et nous six nous amenions avec nous nos fils et nos neveux en costume de tournois ; et nous tînmes table ouverte, depuis notre départ de Valence jusqu’à notre retour, pour tous ceux qui voulaient manger avec nous. Nous donnâmes à chacun des jongleurs de la cour des habits de drap d’or et autres. Nous y apportâmes cent cinquante brandons de Valence } chacun de douze livres, et nous les fîmes tous colorer en vert avec l’écn roval.
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Il y eut aussi six prud’hommes pour la cité de Barcelonne, bien vêtus, bien arrangés, et avec de très beaux brandons. Il y en eut aussi quatre de la cité de Tortose , et également des autres cités et villes remarquables de toutes les provinces dudit seigneur roi. Et chacun s’efforcait d’y paraître honorablement. Que vous en dirai-je? Jamais, en Espagne, il n’y eut si belle fête ; et nulle part une réunion aussi brillante que celle-là.