CHAPITRE CLXVII
Comment le roi d’Angleterre traita de la liberté dn roi Charles • et , comment c'tant encore en prison , ledit roi Charles eut une vision qui lui indiquait le lieu où il devait chercher le corps de sainte Marie- Magdeleine, qu’il trouva en effet dans le lieu désigne parcelle vision.
A la fin de toutes ces fêtes, le roi d’Angleterre se réunit avec le roi d’Arragon , messire Boniface île Salamandrina , et messire Jean d’Agrilli. pour traiter de la liberté du roi Charles. On parla
i. Lléonorc, fille d’Édouard l'r. ( Voyez Ryiner Fardera , à l’année 1287. )
(i»87) de ramon muktaher. 4l *
beaucoup à ce sujet de part et d’autre, et pour et contre. Mais la conclusion fut qu’on donnerait sur le chauip au roid’Arragon mille marcs d’argent, que le roi d’Angleterre prêta au roi Charles ; il fut convenu que le roi Charles sortirait de prison , et qu’il jurerait, sur sa paroleroyale, qu’il aurait, dans jn terme fixé, arrangélapaix entre l’église et le roi Je France , qu’il négocierait pour la même raison avec le roi d’Arragon et le roi de Sicile , et que jusqu’à ce temps là le roi Charles donnerait trois de ses filsen otage, ainsi quevingtfilsde Riches-Hommes.
Le roi d’Angleterre se rendit garant de toutes ces conditions 1 . Leroi d’Arragon consentit àcela, par amitié pour son beau-père le roi d’Angleterre, et le roi Charles sortit aussitôt de prison 3. Bien des personnes prétendirent que leroi Charles , dès qu’il serait libre , ne se ferait remplacer par aucun de sesenfants; maisceux-làne disaient pas bien, carce roi Charles II , qui était prisonnier du roid’Arragon, fut un excellent prince et des plus loyaux. Il y parut même très bien par la faveur que lui fit Dieu <?e lui envoyer une vision par laquelle il lui indiquait le lieu de la Provence , où il devait chercher le corps de sainte Marie-Madeleine. Dans le lieu désigné par la vision , à plus de vingt lances sous
i. Voyez H y mer Fœdcra, à l’année i '287 .
■J. A la fin d’octobre rz88.
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terre, il trouva le corps de la sainte. On peut bien croire que, s’il D’eut été juste et bon , Dieu ne lui aurait point fait cette révélation.
Après avoir recouvré sa liberté, il alla avec le roi de Majorque, qui lui rendit de grands honneurs à Perpignan. Mais je laisse le roi Charles, et vais vous parler des rois d’ Arragon et d’ A ngleterre.