‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 2)Chapitre 50 sur 160 · CHAPITRE CXCVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXCVII

Commcut mesure Charles de France passa en Sicile avec quatre mille cavaliers , prit terre à Terraens et assiégea Xacca , oOt de quatre mille hommes , tous , moins cinq cents , moururent de maladie.

Or la délivrance de Messine causa une grande joie à toute la Sicile et à toute la Calabre, aussibien au seigneur roi qu’à ses barons. Mais le roi Charles et le pape furent en grande inquiétude et en grande peur que le duc ne fût perdu et tous ceux qui étaient avec lui. Ils pensèrent donc à envoyer promptement desmessagesàmessireCharles, pour l’engager à venir.

Messire Charles arrivé à Naples , amena quatre mille cavaliers soldés par le pape. Dès qu’il fut à Naples } il monta sur les galères que le duc lui avait envoyées , et sur d’autres vaisseaux, navires et barques , que le roi Charles avait fait préparer à Naples , et vint prendre terre à Termens ( Termini). Là il se fit de grandes fêtes; et, pour bon commencement, il y eut de grandes rixes entre les Latins, les Provençaux et les Français , et si grandes qu’il périt en peu de temps plus de deux mille personnes. Ils partirent de Termens et al-

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lèreut assiéger la ville de Xacca ( Sciacca ) , au midi de la Sicile ; c’est assurément la plus faible ville de Sicile. Ils y restèrent long-temps à faire jouer leurs trébucbets; et je vous assure qu’il fut fort agréable au seigneur roi d’Arragon , qu’il ne pussent prendre de gré ou de force une telle ville, et qu’il n’y pussent rien faire en tout un mois.

Lorsque le siège était le plus resserré et par mer et par terre , il y entra de nuit par la plage, un chevalier de Peralada, nommé Simon de Vallguarnera , avec deux cents hommes à cheval armés, et beaucoup de gens de pied. Par suite de son entrée dans la place, les habitants ne craignirentplus le siège, et ils firent au contraire éprouver de grandes pertes aux assiégeants. Que vous dirai-je? Le siège du ra jusqu ’à ce que messire Charles de France et le duc eussent perdu par les maladies presque tous leurs cavaliers , et une grande partie de leurs gens de pied ; de telle sorte qu’ils n’eussent certainement pas pu réunir cinq ceuts hommes à cheval.-

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